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19.2.10

Millereau

Roger de La Brosse me donne les notes que je transcris ci-dessous.

Le premier Millereau dont ait connaissance s’appelle :
1. Vincent. Il a épousé Jeanne Ravet, il était contemporain d’ Emery Le Prestre. Il
vivait vers 155o0 Chalvron et à Lormes.
2. Vincent . Son fils, épouse Pierrette Marion.
3. Jacques son fils, fut notaire royal à Lormes de 1665 à 1674. Il épouse Madeleine Le
Prestre de Vauban, fille de Jacques Le Prestre. Elle était sœur d’Urbain et tante du
Maréchal.
4. Philibert épouse Gabrielle Ragon. Il est né vers 1624, fut régisseur des biens du Maréchal et
demeura au château de Bazoches.
5. Jacques 1681-1751, fut notaire à Chalvron, il est enterré à St Aubin des Chaumes. Il a
épousé Geneviève Flandin.
6.Charles-Christophe, 1718-1793 épouse Claude Compagnat d’Époisses. Notaire à Lormes, il mit
en valeur la terre de Vauban achetée par son père aux héritiers du Maréchal en
1748.
7.François-Charles, né en 1768 épouse à Chougny en 1789 Marie Jeanne Leroy de Cuy, dont la
Mère née Courvol nous apparente à presque toute la Nièvre. Elle compte des
alliances les Leduz d’Augny, Beaucaire de Chezy. Il fut le premier maire de
Bazoches. Tenant de ses grand’ parents les principes du Maréchal, il fit son pré
carré. C’est lui qui a fait de la propriété de Vauban par ses achats et échanges, ce
qu’elle est aujourd’hui
8. Alphonse 1797-188o, continue l’œuvre de son père. Il fut maire de Bazoches pendant 54 ans
et Conseiller Général de Lormes. Dans le pays, on l’appelait le maire éternel. Il
épousa à Paris Claire Le Franc, descendante des Leduc de La Jonchère. Sa sœur
devint Madame Fouret ? celle-ci eut un petit-fils Edmond, personnalité connue à
Paris et fort galant homme..

De l’an II jusqu’à nos jours, il n’y eut que 4 maires à Bazoches : François-Charles Millereau, le premier, Alphonse le second, Gaston de La Brosse son gendre, le troisième et enfin Roger son fils, encore au pouvoir en 1946. Souhaitons-lui d’y rester encore longtemps, bien qu’il ait 8o ans.
Alphonse est né en 1797, au moment où la révolution était encore bien terrible et où le culte catholique n’était plus exercé que par des prêtres réfractaires, aussi, ce n’est qu’en 1811 qu’un curé resté fidèle à sa foi étant revenu dans le pays, il put être baptisé et faire sa première communion. Son oncle de Cuy décida que ces cérémonies auraient lieu dans son château, et pour la circonstance, il invita beaucoup de parents et d’amis. Il y eut un grand déjeuner après la messe . Comme on restait longtemps à table, Alphons éprouva le besoin de prendre l’air, laissant les grandes personnes à table. Il traverse la cuisine, voit un fusil tout chargé au-dessus de la cheminée, s’en empare, sort et se dirige vers la forêt. Arrivé au bord du ruisseau, il entend une chasse dans le lointain, elle vient dans direction, et tout à coup, il voit un sanglier sz souiller devant lui dans le ruisseau. Tout tremblant, il vise, tire en fermant les yeux et quand il les rouvre, il voit la bête noire gisant à ses pieds. Il revient au château où son oncle est toujours à table et il lui dit : j’ai tué un sanglier. L’oncle ne veut pas le croire ; mais fallut bien se rendre à l’évidence. Ce qui n’empêche qu’à l’âge de 14 ans, Alphonse a été baptisé, fait sa première communion et a tué son premier sanglier le même jour.

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J’ai toujours entretenu avec mon cousin Roger de La Brosse une correspondance très suivie, ce qui n’a rien d’étonnant car en tant qu’hommes du monde, de veneurs et d’agriculteurs, nous avons absolument les mêmes goûts. Il m’écrit le 4 Juillet 1946 :


Mon pauvre vieux ! Je ferais bien mieux de ne pas t’écrire pour t’attrister encore plus que tu peux l’être, mais le temps passe si vite qu’il faut en profiter pendant que nous sommes encore là ! J’ai bien reçu tes lettres et je suis en retard avec toi. Excuses moi, car je suis plus occupé, plus distrait, plus pris de droite , de gauche, avec premières communions, mairie, fauchaisons et brochant sur le tout, persécuté par mon notaire, mon receveur de l’enregistrement pour ce satané impôt de solidarité !. Plus d’auto. Ma petite-fille Anne-Marie, qui a 18 ans, 1m7o de taille pèse 34 kilos, elle est retournée à l’hôpital de Nevers suivre un traitement à la Péniciline, mais c’est sans espoir de guérison. C’est affreux pour elle et pour nous de la voir souffrir sans espoir. Pour moi, mon pauvre vieux, ça me tue et me désole ! Je ne fais qu’y penser. C’était ma préférée de beaucoup ! Mon pauvre fils est écrasé, il est découragé de tout.
Pour ne pas être plus gais, parlons prix et fortunes. Je me demande vraiment ce qui va arriver de nous ! Il n’y a pas d’erreur, personne de nous ne pourra y tenir !!! Je reçois mes feuilles d’impôts. Je payais en 19oo pour toute la terre de Vauban, 6oo ha environ, 4 8oo frs. Aujourd’hui, avec assurances sociales, impôt sur le revenu 6o ooo. Mon notaire me dit que je vais avoir près de 297 ooo frs à payer pour l’impôt de solidarité. Ajouter à ces chiffres la diminution de mon portefeuille qui avait 3oo actions des mines de V…. qui valaient 3 2oo en 1945 et qui aujourd’hui, nationalisées valent 63o frs. Mes St Gobain autant. Et pendant ce temps-là, les gages des domestiques augmentent en flèche tous les trimestres !! un ménage 6o ooo !!! Alors s s . Pour comble d’empoisonnement, je n’ai pleau ni potable, ni pas potable ! Plus d’eau du tout !! Nous allons être obligés de quitter Vauban !!! Pour aller où ? avec ma belle-fille qui va accoucher ! ! ! Ici l’eau n’a pas fait regonder les sources depuis 3 ans ! tous les puits sont bas ! Depuis 1856, jamais on n’avait manqué d’eau à Vauban. Grand’père Millereau avait capté une source et réuni des drainages de la butte de Montois qui amenait l’eau sous pression dans la cave dans un grand réservoir. S’il faut réviser tous ces travaux et les refaire, c’est à se suicider !!! Juges-tu de mon embêtement à près de 8o ans de se voir obligé de quitter son chez soi !!!

Toutes ces idioties de bombes à Bikini et autres vont finir par déchaîner des catastrophes mondiales et rendre les hommes fous. Figures-toi qu’un des mes meilleurs chasseurs de sangliers s’est bien suicidé par crainte de la bombe de bikini, il s’est empoisonné avec de la strychnine !!!

Les nouvelles lois sur les fermages et les métayages vont être notre ruine. Notre ministre de l’agriculture est un être malfaisant qui cherche à brouiller des gens qui s’entendaient bien. Quand je pense que pendant 1o4 ans pour mes fermes dee Vassy et d’Armance avec les familles Picard et Guyard, il y avait des baux qui continuaient par tacite reconduction sans que rien n’accroche, mais c’était de 1815 à 1895. Je t’embrasse de tout cœur.

ROGER

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Il y avait à Vauban le buste d’une grand’mère Le Duc de La Jonchère, exécuté par Houdon. Edmond Fouret l’a fait reproduire en plusieurs exemplaires et il a eu l’amabilité de m’en donner un et un autre à Edmond Clayeux

Mouron

Je garde un autre agréable souvenir de Mouron ; une année où étant officier de réserve au 26 ème dragon à Dijon, je faisais de grandes manœuvres et que le régiment passait par la Charité, le Baron Philippe de Bourgoing était venu nous attendre sur la route et avait demandé au colonel la permission d’emmener le Commandant Abonneau et moi-même déjeuner avec lui, ce qui fut accordé. Quel n’a pas été mon étonnement en arrivant au château, d’y trouver le Maréchal Canrobert qui tous les ans faisait une saison à Pougues et ne manquait pas de rendre visite au Baron qu’il avait connu aux Tuileries quand il était écuyer de l’empereur Napoléon III. Pierre était le bon camarade du Prince impérial qu’il a profondément pleuré. Je me suis souvent demandé quel aurait été le sort de la France s’il ne s’était pas fait tuer bravement.

En 187o, Bourgoing avait été nommé député de la Nièvre, et invalidé grâce à une canaillerie inventée par Isaïe Levaillant, un sale Juif qui était préfet à Nevers à cette époque. Si on se rappelle que la République à une voix de majorité, on peut en conclure que Isaïe a été fêté par ses semblables. On sait qu’en 187o, chaque département Français avait formé un régiment de Mobiles. La Nièvre avait en plus un régiment à cheval, dont Bourgoing était le colonel. Il avait sous ses ordres Jules d’Anchald, Michel de Rasilly, René de Savigny, et autres. Le Marquis de Veguy commandait l’autre régiment : il sortait de St Cyr et avait démissionné au bout de peu de temps de service ; beaucoup d’officiers qui étaient sous ses ordres étaient pour la plupart des châtelains du pays ayant servi plus ou moins longtemps, comme mes oncles Paul et Ludovic Tiersonnier, R de Pracomtal, G de La Brosse, Amédée de Noury, Frédéric et Henri d’Assigny. Ce régiments de moblots s’est bravement battu et a souffert atrocement du froid terrible qu’on a eu à supporter cet hiver-là. J’ai oui dire que le sous-lieutenant Samuel de Thé avait une paire de sabots reliés par une ficelle, qu’il mettait à cheval sur son cou et qu’il était bien content le soir, en arrivant au cantonnement pour remplacer ses souliers mouillés.

Le département de l’Allier a eu plus de chance que le nôtre, car son régiment de mobiles ayant à sa tête Monsieur de Chavigny a passé le temps de la guerre en Algérie et mon beau-frère Clayeux, qui était S .Lt , m’a souvent dit que dans sa garnison de Tlemcen, il avait été heureux comme un roi avec des chefs charmants, un cheval de selle arabe, un bon chien d’arrêt, du gibier devant lui et de l’argent dans sa poche.


Une année après la guerre, la pauvre France vaincue, après avoir cru qu’elle ne pourrait pas payer les cinq milliards d’indemnité qu’elle devait à l’Allemagne, s’était acquittée très facilement. Que peut-on en penser aujourd’hui où la dette de notre malheureux pays monte à plus de 3oo milliards. Il y avait une portée de loups aux Bois Boulots. René en profita pour faire une politesse à ses camarades de la mobile en les invitant à cette fête qui est une réjouissance pour tous les veneurs du pays qui sont convoqués pour venir les chasser. Au jour désigné, il semble me rappeler qu’il y avait 112 chiens hardés, sous le chêne Marotte, ils appartenaient aux équipages des Gouttes et de Coulon, de René de Chavagnac, des Comtes Auguste et Hector de Barral. Fernand de La Boutresse couplait avec ce dernier. Plusieurs officiers de la Mobile étaient au rendez-vous, dont le commandant de Chavigny, Gaston de Froment, Ernest Olivier et autres.. La chasse fut très brillante, trois louvarts furent pris successivement et le retour aux Gouttes un tromphe. Pour le dîner, la salle à manger était trop petite, le couvert avait été mis au premier étage dans la grande salle. Au dessert, pendant qu’on sablait le champagne et que sur la pelouze les piqueux sonnaient joyeusement les honneurs et les fanfares des équipages Baquelot offraient aux Messieurs les plus dignes, les pieds des louvarts posés sur un plat d’argent. La soirée se termina assez tard dans la nuit. J’y ai vu danser par le colonel Dupressoir et le Vicomte de Vautier un Kan Kan aussi brillant que celui de Mabille où en 1876 St Cristophe a gagné le grand prix de Paris, et où la jeunesse élégante se donnait rendez-vous dans ce lieu de plaisir ce jour-là. On se réunissait aussi à Bullier, mais le milieu y était moins chic. Ce sont pour moi des souvenirs qui remontent à 7o ans, et je pense que ces deux établissements sont maintenant remplacés par ce qu’on appelle des dancings.

Dupressoir

La ville de Moulins a eu de tout temps dans sa garnison un régiment de cavalerie qui détachait avant 1870 un de ses escadrons à Nevers. Il y vint un jour parmi eux le Capitaine Dupressoir, un colosse de deux mètres de taille qui se lia d’une étroite amitié avec mon père et tous les miens, si bien qu’étant célibataire et n'ayant que peu ou point de famille, il avait adopté la mienne comme si elle était la sienne, aussi quand il avait une permission, il venait la passer soit à Tâches, à Buy, à Coulon ou aux Gouttes. Il était tellement de la maison qu’étant encore bambins, nous nous permettions de le tutoyer, ce dont les étrangers ne revenaient pas. Grâce à sa grande taille, il fut un jour nommé colonel des Cuirassiers de la garde, et pour qu’il ait un cheval digne de lui, Napoléon III lui paya sur sa cassette particulière, un magnifique cheval noir en Angleterre. Un jour, ma mère, ayant manifesté le désir de voir les grandes eaux à Versailles, il lui avait donné deux beaux cuirassiers comme coupe-file pour lui aider à traverser la foule. Il servait de correspondant à mon cousin Henri, quand à 8 ans, il était au collège à Paris. On le mettait au chemin de fer à St Pierre avec une étiquette sur le bras, et l’ordonnance du Colonel allait le chercher à la gare de Lyon.
Dupressoir a fait partie des troupes françaises qui unies aux troupes pontificales sont allées défendre les biens de Pie IX. Je pense que c’est à cause de sa grande taille qu’on l’avait envoyé pour faire peur à Garibaldi et le barre à Mentana en 1867. Il nous a fait bien des cadeaux quand nou étions jeunes, à moi tout particulièrement mon premier fusil de chasse, une selle anglaise, une culotte blanche de la garde que j’ai étrennée avec mon premier habit rouge à une chasse de louvarts à la Foret chez le regretté Comte Ignace de Sampigny. Dupressoir avait pris sa retraite à Anger, la dernière fois qu’il est venu à Tâches, c’est en 1875 pour le mariage de ma sœur avec le capitaine de la Brosse, il y a retrouvé son Verre.

Decize

Des courses plus modestes étaient celles de Decize, c’est le comte Etienne de Dreux-Brézé qui en était le créateur et qui faisait bien les choses. Les tribunes éraient bâties sur son terrain proche du château de Germancy, qui appartient aujourd’hui à sa fille la Comtesse de Jamilhac, les réunions y étaient très suivies, et les steeples fournis de bons obstacles, la rivière devant les tribunes bien pleine d’eau, quoique creusée dans le terrain sablonneux de la Loire, mais on avait le soin d’en damer le fond avec de la terre glaise et de la remplir ensuite. Mon neveu Louis de la Brosse est venu une année de Sézanne où il était en garnison, courir un steeple et sauter cette rivière. La présidente, née de Gourcuff, offrait toujours d’excellents goûters à ses amis.

La Guerche

Il y a à la Guerche des réunions de courses très réputées, où l’on venait de tout le pays. J’ai connu comme présidents le Cte Charles de Montsauluin, ensuite le Marquis d’Aramon, mort depuis peu, comme vice-président, le Baron de Neuflize, un des hommes les plus chics de Paris. C’est sur cet hippodrome que mon neveu Bernard la Brosse a fait ses premières armes. Comme je lui demandais de me montrer la jument qu’il faisait courir, il hésitait à la reconnaitre : j’ai su plus tard qu’il cherchait les quelques poils blancs qui étaient poussés à la place d’une cicatrice. Il a fait bien des progrès depuis et il a su acheter de bons chevaux, tout particulièrement, Renard Argenté, qui lui a gagné trois handicaps de suite, ce qui est très rare. Une année, mon ami Camille Dugas est venu coucher à Tâches la veille des courses avec son grand break et ses beaux chevaux et le lendemain, il nous a menés à la réunion en compagnie de la Ctese Charles de Bouillé, qui nous a gardé à dîner le soir.
Des courses qui étaient également très suivies étaint celles de Cercy-La-Tour, on y venait de 1o lieues à la ronde avec ses chevaux et beaucoup de gens y arrivaient à l’heure d’un déjeûner qui était servi sous une tente par maître Gastorf qui avec la tête de veau légendaire vous présentait toujours le buisson d’écrevisses. Sur la piste, les chevaux n’étaient pas tous de grandes classe et les casaques pas toujours en soie. Pour les invités, j’ai vu des fermiers rentrer leurs blouses dans leurs pantalons. Le Cte de Rochetaillé venait tous les ans prendre part à une course ou deux et les disputer au Mis de St Vallier. Le pari mutuel n’existait pas, on formait des poules entre soi. Les fidèles qui n’auraient pas manqué ces réunions pour rien au monde étaient les Pracomtal, les Veyny, les du Bourg, les Soultrait de Lurcy, les Massin, de la Brèche, Dugas, Boignes, Pinet des Ecots, de Gaillon, de Noury, de Damas, Benoit d’ Azy, de Brézé, d’Espeuilles, d’Assigny, de la Planche, de la Brosse, de Vauban, d’Armaillé, Petit de Tonteuil, qui venait de bâtir le château de Tintury. Madame Decray qui habitait à Maumigny, tout près du champ de courses avait toujours sa table pleine de monde ces jours-là. La veille ou le Lendemain, il y avait généralement un concours hippique pour chevaux du pays. Une année, on m’a demandé d’être membre du jury. Je suis resté coucher chez mes amis Massin à la Brèche qui était la maison la plus accueillante du pays .