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19.2.10

Genève

Si mon neveu Edmond me fait l’honneur de lire ces notes, il y verra que j’ai conservé un bon souvenir d’un agréable voyage qu’il m’a fait faire en compagnie de son père le 17 Août 19o4 au guidon de son auto. Passons par Dompierre, Cluny, déjeunons à Bourg. Visitons l’église de Brou, côtoyons le lac de Nantua et arrivons à 7 h du soir à Genève où nous descendons à l’hôtel Beau Rivage.
Le lendemain matin, visite de la ville, après déjeuner, tour du lac Léman, dînons et couchons à Lausanne que nous visitons le lendemain dans la matinée et que nous quittons pour gagner Lons-le-Saunier en passant par le col de St Cergue. Nous dînons à la banque de France chez Louis d’Assigny, qui est directeur et qui a ses parents pour quelques jours. Le lendemain, déjeuner à Chalons/Saône, passons devant la statue de Nicéphore Nièpce, l’inventeur de la photographie, coucher à Autun après une charmante promenade dans le parc de Montjou, dîner chez Auguste Vernin qui est conservateur des eaux et forêts et qui habite un ravissant hôtel où il est locataire de l’évêché. Le 21 est un dimanche, et nous assistons à la messe de la cathédrale et nous rentrons à Tâches par Fours et Decize, où il y a ce jour là une exposition canine, tous les trois ravis de ce court, mais intéressant voyage.

Decray

Au moment de la Révolution, Monsieur Decray qui était le plus important citoyen de la petite ville de Decize avait épousé la sœur de mon arrière grand’père, il avait un fils et trois filles. Un conventionnel, St Just, né dans le pays d’une bonne famille et mort sur l’échafaud en 1794, demanda l’aînée en mariage. Elle est fiancée, répondit son père, alors la seconde, elle l’est aussi, et la troisième, de même. Or aucune ne l’était. Il fallait se dépêcher pour trouver des gendres afin de conserver sa tête. Ce fut fait. L’aînée épousa Mr Blandat des Pierres et donna naissance à Madame Sautereau du Part, pour en arriver à nos jours à Chantal du Part, devenue Comtesse de Martimprey. La seconde épouse Monsieur Cabaille de l’Isle, et devient la mère de Madame Tiersonnier, du Colombier, mère d’Alphonse, d’où Madame de Balloy, elle-même mère de la Comtesse de Martimprey, dont le fils aîné Guy, se marie avec sa cousine Chantal. La troisième fille Decray trouve elle aussi, et en temps voulu, un preneur, en la personne de Monsieur Trochereau, dont le dernier Henri, est mort célibataire. Je l’ai bien connu, c’était un fort beau vieillard, qui habitait le plus bel hôtel de Nevers, qu’il a laissé à ses héritiers et qui appartient maintenant à Madame de Balloy

Decize

Des courses plus modestes étaient celles de Decize, c’est le comte Etienne de Dreux-Brézé qui en était le créateur et qui faisait bien les choses. Les tribunes éraient bâties sur son terrain proche du château de Germancy, qui appartient aujourd’hui à sa fille la Comtesse de Jamilhac, les réunions y étaient très suivies, et les steeples fournis de bons obstacles, la rivière devant les tribunes bien pleine d’eau, quoique creusée dans le terrain sablonneux de la Loire, mais on avait le soin d’en damer le fond avec de la terre glaise et de la remplir ensuite. Mon neveu Louis de la Brosse est venu une année de Sézanne où il était en garnison, courir un steeple et sauter cette rivière. La présidente, née de Gourcuff, offrait toujours d’excellents goûters à ses amis.