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19.2.10

Cercle Agricole

En 1878, j’ai été reçu au Cercle Agricole, présenté par le Président Boucaumont et mon oncle Jules du Verne, et j’en ai fait partie jusqu’à sa fin, c.a.d. après l’autre grande guerre. J’avais même l’honneur de faire partie de la commission, j’ai connu comme présidents après Boucaumont, Mr le général Robinot-Marcy, Edouard Pinet, Henri d’Assigny qui a écrit une notice très intéressante sur le cercle et ses membres. Auguste du Verne a été le dernier président. Je l’ai connu rue Lafayette, où a été ensuite l’étude Bouquillard et après, au rez de chaussée de la maison qui fait l’angle entre la rue Gambetta et la rue du rempart. Les officiers de la garnison en faisaient partie de droit. Personnellement, j’y ai présenté mes deux amis Pierre de Bourgoing et René de Lignac. Tous les soirs, de 8h ½ à presque minuit, il y avait d’une table de Wist, le colonel Morand, M.M. Quaisin et Moreau, ingénieur en chef et mon père, qui disait à Moreau, qui était un peu notre parent, joue donc, vieux républicain. C’était à cette époque une suprême injure, mais il faut bien reconnaître que les idées avancées nous venaient de l’école polytechnique. Quant à Monsieur Quaisin, qui jouait mal, il consentait bien à perdre cent francs par mois mais pas plus, aussi , quelquefois, il ne jouait plus après le 26 ou le 27. Avant dîner, on faisait de parties de piquet ou d’écarté, rarement de baccarat, ce qui était heureux.. Autour de la cheminée, un cercle de causeurs et je dois dire que toutes les histoires qu’on y entendait n’étaient pas toutes « ad usum puellarum » . Certains membres se faisaient remarquer par leur esprit. Le colonel Maillart ne manquait jamais une soirée. Il était à la tête de la fonderie de canons qui se trouvait sur la route de Guérigny. Elle a été ensuite le grand séminaire, et quand il a été désaffecté, elle est devenue la manutention. Maillart était toujours accompagné de son chien Fox, groënlandais dont un portrait qui est maintenant au château de Sermoise, a été peint par Moller. Le colonel avait aussi un cheval Arabe qu’il montait chaque jour après déjeuner et il allait de la fonderie au bout du pont de la Loire en passant par la rue du commerce. Ma cotisation ne m’a jamais coûté cher, mes gains au bridge où je savais me défendre en couvraient la dépense. Pendant qu’il était notre président, Monsieur d’Assigny a fait un très intéressant historique du cercle, je l’ai lu avec d’autant plus de plaisir qu’il contient un mot aimable pour mon père.

La Guerche

Il y a à la Guerche des réunions de courses très réputées, où l’on venait de tout le pays. J’ai connu comme présidents le Cte Charles de Montsauluin, ensuite le Marquis d’Aramon, mort depuis peu, comme vice-président, le Baron de Neuflize, un des hommes les plus chics de Paris. C’est sur cet hippodrome que mon neveu Bernard la Brosse a fait ses premières armes. Comme je lui demandais de me montrer la jument qu’il faisait courir, il hésitait à la reconnaitre : j’ai su plus tard qu’il cherchait les quelques poils blancs qui étaient poussés à la place d’une cicatrice. Il a fait bien des progrès depuis et il a su acheter de bons chevaux, tout particulièrement, Renard Argenté, qui lui a gagné trois handicaps de suite, ce qui est très rare. Une année, mon ami Camille Dugas est venu coucher à Tâches la veille des courses avec son grand break et ses beaux chevaux et le lendemain, il nous a menés à la réunion en compagnie de la Ctese Charles de Bouillé, qui nous a gardé à dîner le soir.
Des courses qui étaient également très suivies étaint celles de Cercy-La-Tour, on y venait de 1o lieues à la ronde avec ses chevaux et beaucoup de gens y arrivaient à l’heure d’un déjeûner qui était servi sous une tente par maître Gastorf qui avec la tête de veau légendaire vous présentait toujours le buisson d’écrevisses. Sur la piste, les chevaux n’étaient pas tous de grandes classe et les casaques pas toujours en soie. Pour les invités, j’ai vu des fermiers rentrer leurs blouses dans leurs pantalons. Le Cte de Rochetaillé venait tous les ans prendre part à une course ou deux et les disputer au Mis de St Vallier. Le pari mutuel n’existait pas, on formait des poules entre soi. Les fidèles qui n’auraient pas manqué ces réunions pour rien au monde étaient les Pracomtal, les Veyny, les du Bourg, les Soultrait de Lurcy, les Massin, de la Brèche, Dugas, Boignes, Pinet des Ecots, de Gaillon, de Noury, de Damas, Benoit d’ Azy, de Brézé, d’Espeuilles, d’Assigny, de la Planche, de la Brosse, de Vauban, d’Armaillé, Petit de Tonteuil, qui venait de bâtir le château de Tintury. Madame Decray qui habitait à Maumigny, tout près du champ de courses avait toujours sa table pleine de monde ces jours-là. La veille ou le Lendemain, il y avait généralement un concours hippique pour chevaux du pays. Une année, on m’a demandé d’être membre du jury. Je suis resté coucher chez mes amis Massin à la Brèche qui était la maison la plus accueillante du pays .