J’ai eu la chance de porter sa superficie à 35o hectares en achetant le domaine des Petites Granges qui dépendait de la terre de Villars, après la mort du Comte Charles de Bouillé, et ensuit celui du Vieux Château qui appartenait à mes cousins Dombey . Il a 32 hectares, ils le tenaient de leur tante Mlle Guinet qui n’avait jamais voulu le vendre à mon Père. Enfin, j’ai pu me rendre acquéreur du bois des Queudres pour une bouchée de pain, s’il n’y a pas de beaux arbres, il est parfait pour le gibier, aussi le garde Billoué que j’avais à ce moment-là, m’a dit : « maintenant que nous avons les Queudres, nous sommes les maîtres du pays. »
Il appartenait à la Marquise de Chargères née de Bouillé, une amie de 9o ans avec laquelle j’entretiens une correspondance assez suivie. Je lui ai écrit hier, 2o Juillet 1946,pour lui annoncer les fiançailles de ma petite fille Bernadette de Riberolles avec Xavier Carteron
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19.2.10
Tâches
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Xavier Carteron
Chasse
J’ai pu avoir à Tâches un assez bon territoire de chasse grâce à mon acquisition du domaine des Petites Granges, venant de la terre de Villars, qui m’a coûté moins cher que le prix d’une jument aujourd’hui et plus tard des 12 hectares du bois des Queudres acquis à ma très bonne et fidèle amie la Marquise de Chargères, ce qui m’a permis de faire de belles battues et de rendre des politesses aux amis qui m’invitaient chez eux. J’en cite quelques uns par ordre de mérite Gabriel Tiersonnier au Colombier, il a été mon professeur dans l’art de conduire une battue de perdreaux, André Grincour, à Fontailler, Madame Meynier à Neuftable, Lafond au Nozel, Henri de La Roche à la Barre, Edme de Certaines à Lamenay, Clayeux aux Gouttes et aux Fougis, Charles de Charrette à Villeneuve, Madame Rambourg à Châteauvert, René de Chavagnac à Chazeuil, Tiersonnier à Mortier, Antoine de Champs à Châteauvert, Antoine du Part à Chevenon, Léon Talabot au Chaumont, Roger de Soultrait à Dornes, Joseph Reignaud aux Guérauds, Joseph du Verne au Veuillin. Le comte de Barral m’a aussi invité une fois dans son parc de Jaligny et le Vicomte de Chabrol dans celui du Vernay. Tous les ans, j’allais faire l’ouverture chez mon bon ami Camille Dugas tant qu’il a vécu, le premier jour, nous chassions à Beauvoir où le vieux Padre de sa grand’mère nous disait la messe à 9 heures du matin, avant déjeuner, on découplait les chiens courants pour tirer un lièvre ou un chevreuil, dans l’après midi, c’était le chien d’arrêt. Madame Dugas a été enterrée le mois dernier à l’âge de 1o1 ans. Mr Boignes, son premier mari avat 25 ans de plus qu’elle et Dugas, 2o printemps de moins.
Le 14 Juillet, j’étais reçu aux Maremberts chez mon cousin de Balloy, pour y tirer des halbrants sur les étangs de Sologne. Vers le 1o Octobre c’est à Louau, également en Sologne chez mon vieux contemporain Raoul d’Anchald que j’allais passer deux ou trois bons jours. On l’a enterré le surlendemain de la fête de Noël 1945, il avait pu assisteer à la messe. Le Marquis Antonin du Bourg n’a jamais donné une battue dans son beau Parc de Prye sans m’inviter et c’est dans sa chasse du Chamont que j’ai tué mon premier perdreau devant des rabatteurs, mais il m’a fallu en tirer plusieurs pour arriver à ce résultat. Je n’oublie pas de citer les jolies chasses au chien d’arrêt à Fleury et à Charpeigne en Berry, chez Edouard de Fontenay où l’on retrouvait tous ses camarades des environs. En se mettant à table pour déjeuner, on savait combien on aurait de plats à manger en comptant le nombre d’assiettes empilées devant chaque chaise, car comme il n’y avait pas de maître d’hôtel pour les changer, quand un plat était mangé, on la passait sous les autres. On verra par ce que je viens d’écrire que j’ai eu une belle existence de chasseur, surtout si l’on apprend que je tirai environ 3 ooo cartouches par an pour tuer mille pièces à peu près. C’est aussi à mille pièces qu’il faut évaluer les tableaux des victimes tuées à Tâches par mes amis Avant les battues, quand il y avait peu de gibier, car celui-ci n’est arrivé en abondance que quand on a connu les piégeages, c’est-à-dire vers 1891, je pratiquai un sport très amusant et pas cher : chaque mois d’Octobre, nous avions sur le plateau des craies, des passages d’alouettes à en obscurcir le ciel. J’invitais des amateurs à les tirer, chacun devait apporter cent cartouches qu’on mettait dans la voiture à âne qui les montait sur le plateau pour les rapprocher de leurs maîtres qui faisaient un match entre eux . Une année , c’est Gaspard de Bizy qui a fait le plus beau tableau avec ses cent cartouches qui coûtaient 2o francs à cette époque. Je me demande pourquoi les passages de ces alouettes ont presque disparu , de même que ceux des cailles.
Par le récit que je viens d’en faire, on verra que j’ai eu une belle existence de chasseur surtout si l’on y ajoute toutes les belles journées passées à galoper derrière de nombreux équipages à courre depuis l’âge de 6 ans à commencer par celui de Monsieur Grincour qui venait découpler dans les bois de St Parize avec le piqueur Minot. J’ai fait un tableau avec dessin à la plume, sur lequel on voit de des têtes ou des pieds de cerfs, de sangliers, de chevreuil et de lièvres, et sous chaque bête, le nom de chaque équipage où l’on m’a fait les honneurs. Pour le cerf, Marquis de Lestrade, de Balorre, pour le sanglier de La Roche, d’Anchal de Bastard pour le chevreuil de Certaines, de Montsaulnin, de Bréon, de Rolland, pour le lièvre de Bizy, Albert Clayeux.
J’ai suivi aussi de modestes équipages où l’on tâchait de dépasser, le fusil à la botte, pour essayer de tirer le sanglier qu’il poursuivait. Je citerai tout particulièrement celui de mon voisin et très bon ami Samuel de Thé. En 19o2, il avait la permission de chasser dans les bois d’Apremont et les 3 premiers Lundis d’Avril, j’ai tué un sanglier devant ses chiens qu’il conduisait lui-même avec sa voix de stentor, aussi, Gabriel Jourdan du Mazot disait : on croyait voir sortir du bois un homme de 6 pieds et il en avait à peine 5. J’ai beaucoup pratiqué ce sport avec André Grincour dans les bois de Grossouvre, avec les Jourdan à Montmien. Un jour, Athanase en tirant un cochon, a placé sa balle dans le genou de son cheval, qu’on a été obligé d’abattre. Dernièrement, Michel Beauchamp en a fait autant.
Le 14 Juillet, j’étais reçu aux Maremberts chez mon cousin de Balloy, pour y tirer des halbrants sur les étangs de Sologne. Vers le 1o Octobre c’est à Louau, également en Sologne chez mon vieux contemporain Raoul d’Anchald que j’allais passer deux ou trois bons jours. On l’a enterré le surlendemain de la fête de Noël 1945, il avait pu assisteer à la messe. Le Marquis Antonin du Bourg n’a jamais donné une battue dans son beau Parc de Prye sans m’inviter et c’est dans sa chasse du Chamont que j’ai tué mon premier perdreau devant des rabatteurs, mais il m’a fallu en tirer plusieurs pour arriver à ce résultat. Je n’oublie pas de citer les jolies chasses au chien d’arrêt à Fleury et à Charpeigne en Berry, chez Edouard de Fontenay où l’on retrouvait tous ses camarades des environs. En se mettant à table pour déjeuner, on savait combien on aurait de plats à manger en comptant le nombre d’assiettes empilées devant chaque chaise, car comme il n’y avait pas de maître d’hôtel pour les changer, quand un plat était mangé, on la passait sous les autres. On verra par ce que je viens d’écrire que j’ai eu une belle existence de chasseur, surtout si l’on apprend que je tirai environ 3 ooo cartouches par an pour tuer mille pièces à peu près. C’est aussi à mille pièces qu’il faut évaluer les tableaux des victimes tuées à Tâches par mes amis Avant les battues, quand il y avait peu de gibier, car celui-ci n’est arrivé en abondance que quand on a connu les piégeages, c’est-à-dire vers 1891, je pratiquai un sport très amusant et pas cher : chaque mois d’Octobre, nous avions sur le plateau des craies, des passages d’alouettes à en obscurcir le ciel. J’invitais des amateurs à les tirer, chacun devait apporter cent cartouches qu’on mettait dans la voiture à âne qui les montait sur le plateau pour les rapprocher de leurs maîtres qui faisaient un match entre eux . Une année , c’est Gaspard de Bizy qui a fait le plus beau tableau avec ses cent cartouches qui coûtaient 2o francs à cette époque. Je me demande pourquoi les passages de ces alouettes ont presque disparu , de même que ceux des cailles.
Par le récit que je viens d’en faire, on verra que j’ai eu une belle existence de chasseur surtout si l’on y ajoute toutes les belles journées passées à galoper derrière de nombreux équipages à courre depuis l’âge de 6 ans à commencer par celui de Monsieur Grincour qui venait découpler dans les bois de St Parize avec le piqueur Minot. J’ai fait un tableau avec dessin à la plume, sur lequel on voit de des têtes ou des pieds de cerfs, de sangliers, de chevreuil et de lièvres, et sous chaque bête, le nom de chaque équipage où l’on m’a fait les honneurs. Pour le cerf, Marquis de Lestrade, de Balorre, pour le sanglier de La Roche, d’Anchal de Bastard pour le chevreuil de Certaines, de Montsaulnin, de Bréon, de Rolland, pour le lièvre de Bizy, Albert Clayeux.
J’ai suivi aussi de modestes équipages où l’on tâchait de dépasser, le fusil à la botte, pour essayer de tirer le sanglier qu’il poursuivait. Je citerai tout particulièrement celui de mon voisin et très bon ami Samuel de Thé. En 19o2, il avait la permission de chasser dans les bois d’Apremont et les 3 premiers Lundis d’Avril, j’ai tué un sanglier devant ses chiens qu’il conduisait lui-même avec sa voix de stentor, aussi, Gabriel Jourdan du Mazot disait : on croyait voir sortir du bois un homme de 6 pieds et il en avait à peine 5. J’ai beaucoup pratiqué ce sport avec André Grincour dans les bois de Grossouvre, avec les Jourdan à Montmien. Un jour, Athanase en tirant un cochon, a placé sa balle dans le genou de son cheval, qu’on a été obligé d’abattre. Dernièrement, Michel Beauchamp en a fait autant.
Notes
Il est bien épais, ce 16 Mars 1946, et mes facultés bien diminuées. Je n’aurai probablement pas le temps de griffonner toutes les pages car ma vue s’en va vite, à la grâce de Dieu ! Que Sa volonté soit fait faite.
Reculons de 86 ans, car c’est en 186o que Tom Pouce fit son entrée à Tâches, c’était un ravissant petit poney Corse noir comme de l’ébène, il arrivait des Gouttes où il avait fait l’éducation de mon cousin René Clayeux qui me le donnait quand ses jambes de cavalier devenues trop longues pour cette première monture, son père lui en offrit une plus grande et mon père à moi commença mon éducation de cavalier à laquelle je m’appliquais plus qu’à celle de la grammaire. Mon père montait à cheval e moi à coté de lui. Pour que Pomponne ne m’emballe pas, mon père le tenait à sa gauche par un cordeau et me donnait les premiers principes de l’équitation. Quand j’eus assez pris d’assurance, on me permit de partir tout seul, mais à ma honte, je dois dire que c’était le poney et non pas moi qui choisissais le but de promenade. Après mon éducation, il fit celle de mon cousin Henri plus jeune que moi de 4 ans. Que de courses folles nous avons faites ensembles avec mes camarades Raoul et Albert de Bouillé autour de la pelouse de Villars ou de celle de Tâches. Au dîner que j’ai donné à mes amis pour fêter mes 8o ans, Albert de Marcy le rappelait dans le discours qu’il m’a fait l’honneur de prononcer pour célébrer mon octogénat. Tom Pouce a finit ses jours dans un grand château, celui de Grossouvre au Baron de Bastard, un père de 8 enfants auquel mon père l’a donné pour mettre à cheval sa nombreuse postérité sous un éducateur de premier ordre, le père Misen un anglais qui était le chef de son importante écurie. Le Baron avait appareillé Tom Pouce avec un poney de la même taille et aussi noir que lui et pour le mariage de ma sœur c’est-à-dire le 26 Octobre 1875, il est venu à Tâches avec cet attelage qui a eu beaucoup de succès. Tom Pouce est mort à 27 ans. Mlles de Bastard lui ont levé le pied gauche de devant et me l’ont envoyé, orné d’une jolie tapisserie, on peut encore le voir sur mon bureau. Chaque fois que je le regarde, c’est avec émotion.
Reculons de 86 ans, car c’est en 186o que Tom Pouce fit son entrée à Tâches, c’était un ravissant petit poney Corse noir comme de l’ébène, il arrivait des Gouttes où il avait fait l’éducation de mon cousin René Clayeux qui me le donnait quand ses jambes de cavalier devenues trop longues pour cette première monture, son père lui en offrit une plus grande et mon père à moi commença mon éducation de cavalier à laquelle je m’appliquais plus qu’à celle de la grammaire. Mon père montait à cheval e moi à coté de lui. Pour que Pomponne ne m’emballe pas, mon père le tenait à sa gauche par un cordeau et me donnait les premiers principes de l’équitation. Quand j’eus assez pris d’assurance, on me permit de partir tout seul, mais à ma honte, je dois dire que c’était le poney et non pas moi qui choisissais le but de promenade. Après mon éducation, il fit celle de mon cousin Henri plus jeune que moi de 4 ans. Que de courses folles nous avons faites ensembles avec mes camarades Raoul et Albert de Bouillé autour de la pelouse de Villars ou de celle de Tâches. Au dîner que j’ai donné à mes amis pour fêter mes 8o ans, Albert de Marcy le rappelait dans le discours qu’il m’a fait l’honneur de prononcer pour célébrer mon octogénat. Tom Pouce a finit ses jours dans un grand château, celui de Grossouvre au Baron de Bastard, un père de 8 enfants auquel mon père l’a donné pour mettre à cheval sa nombreuse postérité sous un éducateur de premier ordre, le père Misen un anglais qui était le chef de son importante écurie. Le Baron avait appareillé Tom Pouce avec un poney de la même taille et aussi noir que lui et pour le mariage de ma sœur c’est-à-dire le 26 Octobre 1875, il est venu à Tâches avec cet attelage qui a eu beaucoup de succès. Tom Pouce est mort à 27 ans. Mlles de Bastard lui ont levé le pied gauche de devant et me l’ont envoyé, orné d’une jolie tapisserie, on peut encore le voir sur mon bureau. Chaque fois que je le regarde, c’est avec émotion.
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