Il y a 8o ans, on trouvait sur les cours à Moulins, un petit cercle qu’on nommait Caboulot. Ses membres étaient gais et jeunes ; leur tendant à augmenter, un groupe d’intéressés dont faisait partie mon beau-frère Clayeux décida d’en fonder un plus important, et pour ce faire, acheta sur le cours dans l’angle face à la préfecture un vaste terrain et y jeta les fondations d’un splendide hôtel ; au rez -de -chaussée surélevé, une importante terasse sur laquelle donnaient de plein pied les salons et la salle de lecture ; au premier, plusieurs chambres à coucher destinées à recevoir les membres de passage. Le moment le plus brillant du cercle était l’époque des courses auxquelles tous les châtelains des environs ne manquaient de venir en grand nombre. Le duc de Castries avait son écurie d’entraînement dans le voisinage, et pendant plusieurs années, il vint voir ses chevaux sur le champ de courses, accompagné de son beau-frère le Maréchal de Mac Mahon. Ces jours-là, le cercle avait table ouverte, et après les bons dîners où chacun payait écot, la terrasse se remplissait , et une foule de Moulinois l’entourait pour entendre la musique et les fanfares de trompes des gentlemen et des piqueux. Dans les salons, le Baccarat faisait rage, on dit même qu’une belle nuit, le Maeréchal qui logeait au cercle s’étant levé de bonne heure pour assister à la messe de 7 heures, en traversant le salon de jeu, il y avait vu son fils avec trois autres jeunes gens taquinant encore la dame de pique. Quant le Comte de Bourbon Busset était président du cercle, les membres de la commission décidèrent de donner un bal où ils invitèrent leurs parents et amis. Cette fête eut un plein succès. J’eus le plaisir d’y assister et de faire danser ma belle-sœur Aline, dont la toilette fut très remarquée.
Plus tard, quand le Comte de Durat devint Président, les chasseurs du pays et lui-même résolurent de donner un dîner en l’honneur du vieux disciple de St Hubert qu’était René Clayeux. A la date fixée, un bon nombre d’amis se trouva réunis dans la salle à manger du cercle, leur benjamin de l’époque, Armand de Montlivault prit la parole au dessert et dans un discours plein de finesse se fit l’interprète de tous les veneurs pour dire à leur doyen, tout le plaisir qu’ils avaient de le voir au milieu d’eux aussi gai, aussi jeune, et toujours aussi accueillant. Un officier du régiment de cavalerie en garnison à Moulins prit ensuite la parole pour remercier le maître d’ équipage de la façon très aimable dont il avait vu arriver aux rendez-vous ses nombreux camarades. Le colonel Rey quand il commandait le régiment, encourageait beaucoup ses officiers à se rendre aux laisser courres , trouvant que c’était pour eux un excellent exercice. Aussi, on les voyait nombreux ainsi que lui-même rallier souvent à la voix Blamord et de Fanfars. C’est avec émotion que MR Clayeux leva son verre pour remercier de tous les compliments qu’on venait de lui adresser.
Le cercle reverra-t-il les belles journées de jadis ? car pour le moment, 21 Avril 1946, il est entre les mains de la préfecture qui l’a réquisitionné pour y installer ses bureaux. .
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19.2.10
Cercle Bourbonnais
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Le comte d'Osmont
Était vers 186o un Mécène Nivernais, auquel on doit beaucoup de créations agréables et sportives, notamment celle des courses de Nevers. C’est lui qui de sa bourse a créé l’hippodrome et les tribunes du Clos Ry dans les prés toujours verdoyant de Monsieur Signoret, face à la cathédrale qui leur fait un fond de tableau des plus réussis. Les propriétaires des grandes écuries s’ y donnaient rendez-vous et j’ai vu sur la piste les casaques du Prince d’Aremberg, de Mr Aumont, du Duc de Castries, du Baron Finot, cette dernière portée par mon contemporain Gaspard de Chavagnac, du Comte de Béague , qui mettait en passant ses chevaux au Colombier, ce dont mon cousin Alphonse Tiersonnier n’était pas peu fier. Colb-Bernard qui était directeur de la sucrerie de Plagny qui était tout proche, il y a 6o ans, a gagné une course au trot. Vers 188o, aux épreuves classiques, on a joint les Cross et les Rallyes, les jeunes gens du pays venaient courir en tenue de chasse, habit rouge et culotte blanche ; des officiers de la garnison de Moulins venaient quelques fois y prendre part. En 1883, j’ai eu l’honneur de gagner un cross devant Raoul de Fontanges, Albert de Marcy, Raoul de Bouillé et 4 ou 5 officiers. Je montais ma parfaite jument Dame de Pique provenant de l’élevage du Berry. Les prix n’étaient pas payés en argent, on vous donnait un objet d’art. J’ai touché une très jolie paire de boutons de manchette finement ciselés d’or et de platine et comme second, Fontanges a eu une épingle de cravate. Le soir, Charles du Verne, René de Lignac et deux ou trois autres amis, nous avons offert à dîner aux officiers au buffet de la gare, où le chef était réputé et la cave connue. Naturellement, le premier Président a été d’Osmont, à tout seigneur tout honneur. Il lui manquait la main gauche, elle était remplacée par un poignet en argent muni d’un crochet, ce qui ne l’empêchait d’arriver sur l’hippodrome en conduisant son coache attelé de quatre beaux chevaux. Après lui, c’est le compte Charles de Bouillé qui a été nommé président ; je suis heureux de l’occasion de faire l’éloge de ce grand homme qui a été un des plus marquants que la Nièvre ait connu, comme Député puis Sénateur. Il a marqué son passage dans ces deux assemblées, mais où il a laissé la trace dont on se souvient le mieux de son passage, c’est comme président de la Société d’agriculture. Aussi, après sa mort, les membres de la société ont chargé un sculpteur de faire un buste qui a été moulé en bronze. Il est d’une extrême ressemblance et il orne maintenant la salle d’honneur de l’hôtel d’agriculture.
Le Marquis A. de Bourg de Bozas l’a remplacé ; on ne pouvait pas trouver un homme de cheval plus accompli pour accepter la présidence, aussi l’empereur Napoléon III l’avait choisi comme écuyer en même temps qu’un autre Nivernais, le Baron Philippe de Bourgoing. Avec ses relations du jockey club et de toutes ses connaissances parisiennes, du Bourg a pu obtenir de grosses subventions pour Nevers, ce qui a bien contribué à amener de bons chevaux au clos Ry. Les jours de courses, la très aimable et jolie Marquise invitait ses intimes à goûter au buffet, j’avais la chance d’être de ce nombre. Mon beau-père qui n’était pas mondain, mais qui aimait bien voir des chevaux et qui en élevait beaucoup venait de Sully à pied jusqu’à la route nationale pour voir la sortie des nombreux équipages. La musique du 13ème de ligne venait jouer devant les tribunes et lorsque le préfet faisait son entrée, elle entonnait la Marseillaise , et au lieu de se découvrir comme on le fait maintenant, les gens de mon espèce enfonçaient leurs chapeaux jusque sur leurs oreilles, qui étaient choquées par cet hymne révolutionnaire.
Généralement, il y avait concours au Clos Ry le lendemain, y prenaient part les éleveurs des environs comme moi, il y avait des épreuves attelées et montées ; une année, je présentais un joli cob de 4 ans que j’avais acheté poulain à Magny cours pour 5oo frs, c’est mon ami G. de Cadignan qui l’a fait défiler devant le jury et qui lui a fait remporter un deuxième prix. Peu de temps après, j’ai vendu le dit cheval pour 1 8oo frs à un marchand de Paris ce qui était un gros prix pour cette époque, mais j’aimais à changer de monture et ensuite, cela garnissait un peu ma bourse de jeune homme qui trop souvent était bien plate. L’année suivante, j’ai eu un 3ème prix dans une épreuve attelée avec un beau cheval gris appelé le Tsar que j’avais acheté à mon cousin Léon de Barreau, je l’avais appareillé avec un bai brun né chez mon voisin Dory à Langeron, ce qui formait un attelage dont il n’y avait pas à rougir et dont mon si cher Duran était très fier.
Le Marquis A. de Bourg de Bozas l’a remplacé ; on ne pouvait pas trouver un homme de cheval plus accompli pour accepter la présidence, aussi l’empereur Napoléon III l’avait choisi comme écuyer en même temps qu’un autre Nivernais, le Baron Philippe de Bourgoing. Avec ses relations du jockey club et de toutes ses connaissances parisiennes, du Bourg a pu obtenir de grosses subventions pour Nevers, ce qui a bien contribué à amener de bons chevaux au clos Ry. Les jours de courses, la très aimable et jolie Marquise invitait ses intimes à goûter au buffet, j’avais la chance d’être de ce nombre. Mon beau-père qui n’était pas mondain, mais qui aimait bien voir des chevaux et qui en élevait beaucoup venait de Sully à pied jusqu’à la route nationale pour voir la sortie des nombreux équipages. La musique du 13ème de ligne venait jouer devant les tribunes et lorsque le préfet faisait son entrée, elle entonnait la Marseillaise , et au lieu de se découvrir comme on le fait maintenant, les gens de mon espèce enfonçaient leurs chapeaux jusque sur leurs oreilles, qui étaient choquées par cet hymne révolutionnaire.
Généralement, il y avait concours au Clos Ry le lendemain, y prenaient part les éleveurs des environs comme moi, il y avait des épreuves attelées et montées ; une année, je présentais un joli cob de 4 ans que j’avais acheté poulain à Magny cours pour 5oo frs, c’est mon ami G. de Cadignan qui l’a fait défiler devant le jury et qui lui a fait remporter un deuxième prix. Peu de temps après, j’ai vendu le dit cheval pour 1 8oo frs à un marchand de Paris ce qui était un gros prix pour cette époque, mais j’aimais à changer de monture et ensuite, cela garnissait un peu ma bourse de jeune homme qui trop souvent était bien plate. L’année suivante, j’ai eu un 3ème prix dans une épreuve attelée avec un beau cheval gris appelé le Tsar que j’avais acheté à mon cousin Léon de Barreau, je l’avais appareillé avec un bai brun né chez mon voisin Dory à Langeron, ce qui formait un attelage dont il n’y avait pas à rougir et dont mon si cher Duran était très fier.
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