1 Toussaint. Je m’approche de la sainte Table. Goûter intime à Planchevienne.
2 A 9 h à St Pierre, nous assistons au service de la Marquise de Veyny décédée à 70 ans. A 10 h, à l’office des morts à St Parize, beaucoup de monde. A 3 h, orage, torrents d’eau, les portes de la basse cour sont comme une écluse qu’on vient d’ouvrir. Le pré des Petites Granges ressemble à un étang.
3 Pluie. Je communie pour le premier vendredi. A 11 h, mon rosaire. Après midi à Nevers où je loue notre maison à Mme de Lescure. Rencontré Mme Duval qui me dit que Paul T. a vendu il y a 3 mois ses domaines de Mortiere et d’Apilly, il ne lui restera plus rien au soleil.
4 Pluie. Fulgenu vient pour m’acheter un veau et il m’amène Geneviève et Guiguite Clayeux qui passeront quelques jours avec nous.
5 Pluie. Renaud du lieu Maslin m’apporte un peu d’argent et m’achète un veau de Callot. Nous allons en visite à Buy et à Fontallier. Longue lettre d’Hervé qui est au repos dans une maison très confortable après 15 jours très durs en première ligne. Il a écrit au Colonel de Sansal pour lui demander s’il pourrait se marier à sa première permission.
6 Les Château m’achètent 15 châtrons de 18 mois que j’avais bien peur de ne pas pouvoir vendre.
7 Gabriel Mathieu nous amène de Decize pour 48 h, le maréchal des logis Gaby de Villeneuve qui tient garnison dans cette ville.
8 Marcelle va à Nevers pour installer Madame de Lescure dans notre maison. J’ai la visite des Petites sœurs des pauvres. Je leur fais emporter dix doubles d’avoine, deux poulets et du fromage.
9 Pluie. Mathieu ramène Gaby à Decize. Yvette de Noblet vient déjeuner avec ses enfants. Dans l’après midi, ils emmènent Marcelle faire une visite à Limont chez les Féligonde.
10 Geneviève Clayeux retourne aux Fougis et Guiguite va passer 8 jours à Trinay. On rationne beaucoup les consommations d’essence et on ne vous en donne dans les dépôts que sur un bon délivré par les mairies.
11 Pluie. St Martin. Le Cdt Bouchacourt nous amène les Pierre de Rouville pour faire un bridge. Ils jouent aussi mal les uns que les autres.
12 St René priez pour nous. Je vais avec Marcelle au taillis d’Orgeat où 14 hommes de Moiry m’attendent. Je leur partage un carré d’1/2 hectare qu’ils me payent 140 F. A Maret Gilbert et à un manchot, j’abandonne 10 ormes et un noyer. Ils les abattront, les fendront et s’ils en font 6 cordes, ils m’en donneront 2 en garderont 4. Visite à Chevenon.
13 Les Guillaume du Verne nous ramènent Guiguite en venant dîner.
14 On bat de la graine de trèfle dans mes domaines par un temps radieux. Visite de Paul du Verne qui nous amène sa mère et Marie Antoinette, mais naturellement pas sa femme qui ne veut pas voyager avec sa belle mère.
15 Pluie. Roy de Callot semait dans le Clou son premier double de blé quand à 11 h une pluie d’orage le met hors du champ, il ne peut donner qu’un coup de herse. Simone de Sansal vient dîner et coucher.
16 Pluie. Nous l’emmenons à Bulhon. A Moulins nous laissons Guiguite, déjeunons aux Gouttes avec les vieux toujours jeunes et avec Antoine qui a été démobilisé comme père de 7 enfants. Arrivons à 5 h à Bulhon, tous en bon état, Yvonne très auvergnate et Jacqueline très embellie.
17 Vendredi, jour d’Edith. Viennent les d’Anchald conduits par Perrette, la Comtesse de La Roche, Madame Voillaume, Madame Lanternier.
18 Nous allons à Murol faire une visite à Madame Theilhard de Chardin (née Jeannerot), c’est une maîtresse femme qui en l’absence de son mari, mène la mairie, l’agriculture et le reste.
19 Dimanche. Conférence de la Ligue féminine à Lezoux. Mes filles y conduisent tout ce qu’elles peuvent de ligueuses.
20 Pluie. Nous goûtons à Entraygues chez la charmante Madame lanternier (née Chavane) qui a loué l’habitation des Maison Rouge pour la durée de la guerre. Elle fait 50 km tous les jours pour mener ses garçons au collège à Riom. Il y a encore beaucoup de betteraves dans les champs de Limagne.
21 Goûter à La Terrasse. Ce n’est pas par un maître d’hôtel ganté de blanc qu’on est reçu, mais par le baron lui-même qui vous ouvre la porte aidée par Perette qui assure le service de toute la maison, fait le jardinier, le chauffeur, monte le bois qui doit être vert car on gèle dans la maison.
22 -2°. Nous quittons Bulhon en en rapportant beaucoup de pommes et en emmenant Dédette. Déjeunons aux Gouttes en passant. J’ai la joie d’y voir Edmond qui est en permission de dix jours. A Bulhon, la nouvelle auto est la chose de Miette qui la mène du reste avec beaucoup d’assurance.
23 -3°. Foire de St Pierre, très peu de bêtes à cornes, les petits cochons se vendent mal, les gros un peu mieux. Bringant me paye son terme, je lui fais cadeau de 400 F. Somptueux goûter à Chevenon, rien de la guerre. Assistance : Vicomte d’Anchald, les Massias, Les Mollins, Mesdames de Marcy, de Villaines, de Dreuzy, de Bellescize. Je fais compliment à Misette de ses fiançailles avec le Lnt de Torquat.
24 -3°. Yvonne reçoit son mobilier de Colmar et le met sur le grenier de Bulhon qui est au dessus des écuries, où il attendra une autre destination. Nous allons à Nevers faire des commissions. Simone a des nouvelles toutes fraîches d’Hervé.
25 L’agent voyer fait tirer de la pierre dans la carrière des chétives vignes. Je finis de régler avec mes métayers.
26 Dimanche. Madame de Sansal nous amène pour goûter Mesdemoiselles de Lécluze, Talabot, Simone. Les Gabriel Mathieu se joignent à elles.
27 Cécile débarque à Saincaize à 22 h ½. Marcelle et Dédette l’attendent en servant les soldats à la cantine de gare. Roy sème du blé dans la Varenne, c’est bien tard.
28 Pluie. Je fais mettre du blé en sac pour la coopérative et je vends deux veaux des Petites Granges à des Vendéens qui font une rafle heureuse dans notre pays.
29 Pluie 30 mm. Cécile et Dédette prennent le train à St Pierre pour se rendre à Bulhon.
30 Goby fait sa vente annuelle aux enchères. 17 veaux sont adjugés pour 121 000 F +10% de décimes. Barle en paye un 14 000 et un autre 12 000. Il fallait la guerre pour voir cela.
19.2.11
17.2.11
OCTOBRE 1939
1 Pluie. Le caporal Comte de Chabanne curé de Planchez est infirmier à Pougues avec Antoine Chérut. Comme il a son auto, il amène ce dernier déjeuner chez la Nanne qui est bien surprise de recevoir à sa table un aussi grand Seigneur, qui du reste sait se mettre à la portée de tous et se laisse taper sur le ventre. Les deux militaires me font une longue visite pendant que Marcelle prend une mauvaise tasse de thé à la Chasseigne. Edmond Clayeux 1er Bataillon, Régiment de pionniers SP 122 m’écrit une longue lettre. Il a peu d’agréments et pas d’officier partageant ses idées mondaines, mais des braves gens, tous Auvergnats.
2 La Ctesse Albret de Bouillé meurt dans son château de Coulonges. Je garde d’elle le souvenir d’une femme charmante. Je fais curer par Jeanty le conduit de la laiterie qui est obstrué. 5 h de travail.
3 Pluie. Mon rosaire. Comme il pleut, je fais saboter mon avoine qui a été rentrée humide, ce qui lui fait grand bien.
4 Eclairs, tonnerre, déluge. Les fossés débordent. Je fais un tour dans les Craies avec le garde, son cocker et son furet, nous levons seulement deux lapins. Tant mieux ! Les Mollins nous amènent Marguerite Pinet pour déjeuner.
5 Je fais un tour dans les Craies, les betteraves de Gonin sont magnifiques, grâce à la quantité de pluie tombée cette année, mais beaucoup de pommes de terre pourries dans les fonds.
6 Lettre d’Hervé qui est cantonné près de la ligne Maginot dans un village d’Alsace évacué. Les officiers sont logés dans une maison confortable. Dans la basse cour, il y a des poules qu’ils mangent et deux truies avec leurs petits que les cuisiniers engraissent. Je plains de tout mon cœur les pauvres propriétaires qui ont dû abandonner tout cela.
7 Encore la pluie, c’est désespérant, on ne peut rien faire dans les champs où tout est en retard.
8 Dimanche. Temps radieux, je vais en promenade dans la coupe exploitée aux Valencins. Elle n’est pas fameuse. Celle de l’année prochaine située entre le chemin ferré et la route qui va au Rond est encore plus mauvaise.
9 Véritable déluge, ce qui ne m’empêche pas d’aller à la foire aux Mesles du Veurdre. Autant de poulains que l’année dernière se vendant 600 à 700 F plus cher. J’en ramène 3 fermiers de la vallée de Germigny MM Voyer, Breton et Derimay pour voir les poulains de callot. Voyer m’en offre un prix raisonnable. Roy trouve que ce n’est pas suffisant.
10 Marcelle emmène à Nevers ses femmes de service. Elle porte des framboises à la marquise de Veyny, toujours bien fatiguée. Visite à Berthe Tiersonnier qui lui apprend la 8ème grossesse de Jeanne Lesage, qui vient de quitter M….gny pour retourner à Boulogne. Rencontré Marie Jeo du Verne installée à Nevers depuis 3 jours. Elle est la locataire des François de Thé dans l’ancien hôtel de leurs grands parents, rue de Nièvre. Je vais à la gare voir s’il est arrivé du charbon, il n’y en a pas. Michel sème du blé. La pluie vient l’empêcher de l’herser.
11 Pluie. La source du pré de la Joie qui ne se remplit habituellement qu’en février ou mars, se met à couler.
12 Pluie. Longue lettre d’Edith qui a plus de moral que moi. Kiki de Valence fait la joie de la maison. Miette sert de chauffeur aux Montgont et aux Larouzière.
13 Pluie. Lettre d’Hervé. Il parle beaucoup nourriture. Ils ont invité à diner, les officiers du bataillon voisin pour manger un chevreuil pris au collet par un de ses hommes dans une forêt proche où l’on fait des abatis contre les tanks Boches. Visite de Mesdames de Lavayssière et R Le Sueur.
14 Pluie. Foire de Nevers. 3 poulains, 5 bêtes à corne, débâcle sur les cochons, tel est le bilan. Dans l’après midi, je vends avantageusement deux poulains de Callot à Château.
15 Pluie. Dimanche. Nous allons de 4 à 7 à Planchevienne. Dans une écurie qui peut contenir 20 bêtes à corne nous voyons des meubles entassés appartenant à Bernard et à Jacques de La Brosse. Il y a des lits, armoires, canapés, fauteuils, billards etc. tout cela acheté par leur mère il y a longtemps.
16 Déjeunons à Dornes avec Mesdames d’Orcet et de Champeaux, rien n’est changé dans l’ordinaire et si l’on ne voyait pas une quinzaine de réfugiés dans l’orangerie, on ne se douterait pas qu’on est en guerre.
18 Temps horrible, vent, tonnerre. Mon domestique a une assez forte fièvre, je fais venir Robet qui lui trouve de l’angine pulmonaire. 8 jours de repos. Lettre d’Edmond Clayeux qui à défaut de bridge apprend à jouer à la belote. Ses officiers manquent de distinction.
19 Le Paris Centre fait des abonnements de 3 mois pour les poilus. J’en envoie à Louis Roy et à Fernand Léger.
20 Comme il y a quelqu’un enrhumé dans la maison, il faut naturellement que je suive son exemple.
21 Pluie. Nous allons déjeuner à Buy, pour consoler un peu cette pauvre Marie Thérèse qui se morfond toute seule. Tous les jours Marthe lui téléphone des nouvelles d’Antoine.
22 Dimanche. On enterre à l’église mon voisin Pioton, ancien communiste repenti. Son fils a une grosse situation à Paris. Deux baptêmes aux Petites Granges, celui du jeune Michel et celui d’un domestique Chassain âgé de 15 ans dont les parents qui habitent Moiry avaient négligé d’en faire un chrétien. Visite des H. de Rouville.
23 Madame de Sansal nous amène pour goûter Mesdames de Marcy et de Villaines. Suzanne Le Sueur vient les rejoindre. Lettre d’Edith qui a aussi beaucoup de visites pour son vendredi.
24 Nous mangeons des framboises tous les jours. Nous en avons même portées aux Rouville et à la marquise de Veyny qui est toujours souffrante.
25 Pluie. Visite de Gabrielle de Rouville. Je reçois par l’intermédiaire de Glanet à la gare de Mars 3 100 k de charbon du Nord.
26 Pluie gelée blanche. Foire à St Pierre.3 châtrons de 18 mois en tout appartenant à Bringaut mon fermier, vendus 2 500 pièces. Il veut me payer la location de la chasse. Je refuse puisqu’elle n’est pas ouverte.
27 Au réveil, la terre est blanche de neige, on gèle, les fossés débordent partout, la cave du garde a 25 cm d’eau, celle du vieux château 40, les pommes de terre baignent. Il y a aujourd’hui 60 ans que ma sœur se mariait à Tâches par un soleil radieux et que le repas de noce avait lieu dans le grenier à grain. Quantum mutatus.
28 La neige tombe en fondant. Par un joli temps nous allons à Nevers. La Loire déborde. Je fais une visite à Mesdames du Gardin et de Noblet.
29 Pluie. Dimanche. Yvette de Noblet et ses enfants viennent goûter. C’est Guy qui est au volant.
30 Pluie. J’écris à Edmond dont la seule distraction au milieu de ses pionniers est de jouer à la belote.
31 Par extraordinaire, il fait une belle journée. La Pouge, aux du Villatte brûle entièrement, le feu a pris dans la chambre d’une mansarde.
2 La Ctesse Albret de Bouillé meurt dans son château de Coulonges. Je garde d’elle le souvenir d’une femme charmante. Je fais curer par Jeanty le conduit de la laiterie qui est obstrué. 5 h de travail.
3 Pluie. Mon rosaire. Comme il pleut, je fais saboter mon avoine qui a été rentrée humide, ce qui lui fait grand bien.
4 Eclairs, tonnerre, déluge. Les fossés débordent. Je fais un tour dans les Craies avec le garde, son cocker et son furet, nous levons seulement deux lapins. Tant mieux ! Les Mollins nous amènent Marguerite Pinet pour déjeuner.
5 Je fais un tour dans les Craies, les betteraves de Gonin sont magnifiques, grâce à la quantité de pluie tombée cette année, mais beaucoup de pommes de terre pourries dans les fonds.
6 Lettre d’Hervé qui est cantonné près de la ligne Maginot dans un village d’Alsace évacué. Les officiers sont logés dans une maison confortable. Dans la basse cour, il y a des poules qu’ils mangent et deux truies avec leurs petits que les cuisiniers engraissent. Je plains de tout mon cœur les pauvres propriétaires qui ont dû abandonner tout cela.
7 Encore la pluie, c’est désespérant, on ne peut rien faire dans les champs où tout est en retard.
8 Dimanche. Temps radieux, je vais en promenade dans la coupe exploitée aux Valencins. Elle n’est pas fameuse. Celle de l’année prochaine située entre le chemin ferré et la route qui va au Rond est encore plus mauvaise.
9 Véritable déluge, ce qui ne m’empêche pas d’aller à la foire aux Mesles du Veurdre. Autant de poulains que l’année dernière se vendant 600 à 700 F plus cher. J’en ramène 3 fermiers de la vallée de Germigny MM Voyer, Breton et Derimay pour voir les poulains de callot. Voyer m’en offre un prix raisonnable. Roy trouve que ce n’est pas suffisant.
10 Marcelle emmène à Nevers ses femmes de service. Elle porte des framboises à la marquise de Veyny, toujours bien fatiguée. Visite à Berthe Tiersonnier qui lui apprend la 8ème grossesse de Jeanne Lesage, qui vient de quitter M….gny pour retourner à Boulogne. Rencontré Marie Jeo du Verne installée à Nevers depuis 3 jours. Elle est la locataire des François de Thé dans l’ancien hôtel de leurs grands parents, rue de Nièvre. Je vais à la gare voir s’il est arrivé du charbon, il n’y en a pas. Michel sème du blé. La pluie vient l’empêcher de l’herser.
11 Pluie. La source du pré de la Joie qui ne se remplit habituellement qu’en février ou mars, se met à couler.
12 Pluie. Longue lettre d’Edith qui a plus de moral que moi. Kiki de Valence fait la joie de la maison. Miette sert de chauffeur aux Montgont et aux Larouzière.
13 Pluie. Lettre d’Hervé. Il parle beaucoup nourriture. Ils ont invité à diner, les officiers du bataillon voisin pour manger un chevreuil pris au collet par un de ses hommes dans une forêt proche où l’on fait des abatis contre les tanks Boches. Visite de Mesdames de Lavayssière et R Le Sueur.
14 Pluie. Foire de Nevers. 3 poulains, 5 bêtes à corne, débâcle sur les cochons, tel est le bilan. Dans l’après midi, je vends avantageusement deux poulains de Callot à Château.
15 Pluie. Dimanche. Nous allons de 4 à 7 à Planchevienne. Dans une écurie qui peut contenir 20 bêtes à corne nous voyons des meubles entassés appartenant à Bernard et à Jacques de La Brosse. Il y a des lits, armoires, canapés, fauteuils, billards etc. tout cela acheté par leur mère il y a longtemps.
16 Déjeunons à Dornes avec Mesdames d’Orcet et de Champeaux, rien n’est changé dans l’ordinaire et si l’on ne voyait pas une quinzaine de réfugiés dans l’orangerie, on ne se douterait pas qu’on est en guerre.
18 Temps horrible, vent, tonnerre. Mon domestique a une assez forte fièvre, je fais venir Robet qui lui trouve de l’angine pulmonaire. 8 jours de repos. Lettre d’Edmond Clayeux qui à défaut de bridge apprend à jouer à la belote. Ses officiers manquent de distinction.
19 Le Paris Centre fait des abonnements de 3 mois pour les poilus. J’en envoie à Louis Roy et à Fernand Léger.
20 Comme il y a quelqu’un enrhumé dans la maison, il faut naturellement que je suive son exemple.
21 Pluie. Nous allons déjeuner à Buy, pour consoler un peu cette pauvre Marie Thérèse qui se morfond toute seule. Tous les jours Marthe lui téléphone des nouvelles d’Antoine.
22 Dimanche. On enterre à l’église mon voisin Pioton, ancien communiste repenti. Son fils a une grosse situation à Paris. Deux baptêmes aux Petites Granges, celui du jeune Michel et celui d’un domestique Chassain âgé de 15 ans dont les parents qui habitent Moiry avaient négligé d’en faire un chrétien. Visite des H. de Rouville.
23 Madame de Sansal nous amène pour goûter Mesdames de Marcy et de Villaines. Suzanne Le Sueur vient les rejoindre. Lettre d’Edith qui a aussi beaucoup de visites pour son vendredi.
24 Nous mangeons des framboises tous les jours. Nous en avons même portées aux Rouville et à la marquise de Veyny qui est toujours souffrante.
25 Pluie. Visite de Gabrielle de Rouville. Je reçois par l’intermédiaire de Glanet à la gare de Mars 3 100 k de charbon du Nord.
26 Pluie gelée blanche. Foire à St Pierre.3 châtrons de 18 mois en tout appartenant à Bringaut mon fermier, vendus 2 500 pièces. Il veut me payer la location de la chasse. Je refuse puisqu’elle n’est pas ouverte.
27 Au réveil, la terre est blanche de neige, on gèle, les fossés débordent partout, la cave du garde a 25 cm d’eau, celle du vieux château 40, les pommes de terre baignent. Il y a aujourd’hui 60 ans que ma sœur se mariait à Tâches par un soleil radieux et que le repas de noce avait lieu dans le grenier à grain. Quantum mutatus.
28 La neige tombe en fondant. Par un joli temps nous allons à Nevers. La Loire déborde. Je fais une visite à Mesdames du Gardin et de Noblet.
29 Pluie. Dimanche. Yvette de Noblet et ses enfants viennent goûter. C’est Guy qui est au volant.
30 Pluie. J’écris à Edmond dont la seule distraction au milieu de ses pionniers est de jouer à la belote.
31 Par extraordinaire, il fait une belle journée. La Pouge, aux du Villatte brûle entièrement, le feu a pris dans la chambre d’une mansarde.
16.2.11
SEPTEMBRE 1939
1 Premier vendredi du mois. Marcelle fait dire la messe pour la paix ; il y vient pas mal de monde, beaucoup de communion, mais il faut croire que ce n’est pas suffisant, car à midi ½, Le Sueur m’envoie Paulette me dire que la radio annonce que la mobilisation générale est décrétée. Cécile part pour Rennes, sa chère Bretagne lui manque, il faut aussi qu’elle remplisse ses fonctions de trésorier de la LPPAF.
2 Nous allons à Nevers faire des commissions et acheter du sucre qu’on ne donne qu’à la livre. Vue Isabelle Devenne installée chez Geneviève Tiersonnier avec son superbe héritier de 9 mois. M.A. du Verne passe son temps à la gare à une permanence de la Ligue qui s’occupe des réfugiés. A 3 h coup de téléphone des Petites sœurs de l’Assomption auxquelles j’avais offert ma maison préférant les loger que d’avoir n’importe qui. Elles m’annoncent qu’elles m’envoient cinq des leurs pour coucher. Je préviens Balleret de faire le nécessaire.
3 Pluie 15 mm. Dimanche. Bien peu de monde à la messe, par ces temps troublés, l’église devrait cependant être pleine. Que devient la foi ? A midi on annonce que la guerre est déclarée. Hitler a fait bombarder la Pologne par ses avions. La consternation est générale. Edmond Clayeux a pris son service à Clermont Fd. Nous faisons une visite à Planchevienne où nous ne trouvons que Madame Braive, son fils unique vient d’être mobilisé ainsi que Jacques de La Brosse. Mon jardinier qui garde les ponts du Guétin a une permission de 24 h. Depuis 8 jours il ne s’est pas déchaussé, il a aux pieds de bien mauvais souliers et de vieux habits. Les pauvres territoriaux ne sont pas gâtés sous le rapport des vêtements, mais ils sont bien nourris à la gare de Saincaize.
4 Pluie. Balleret me téléphone que 3 sœurs de l’Assomption ont couché à la maison. Le courrier ne nous arrive qu’à midi. Pas grand-chose dans Paris Centre, seul journal arrivé. A Nevers réquisition des chevaux. On prend bourres et balles à des prix beaucoup trop élevés à mon sens. Le gouvernement a voté un crédit de 69 milliards pour la guerre, aussi on jongle avec les millions. On a payé une jument de trait à Arbant fermier de Tassain à Moiry 9 000 F. En 1916 j’en avais vendu à la réquisition 2 400, je trouvais cela trop cher. Que dire aujourd’hui !
5 Lavergne remet quelques ardoises sur la maison. La couverture remonte à 1871, ce n’est cependant pas un âge très avancé. Les journaux de Paris arrivent avec 3 jours de retard et je vois avec peine que les conservateurs se dévorent entre eux.
6 Allons à Nevers après midi. Il y a eu alerte la nuit dernière à 2 h du matin. La sirène n’a pas dû faire beaucoup de bruit car nos voisins Delamalle n’ont rien entendu, en revanche les sœurs de l’Assomption qui couchaient à la maison ont eu si peur qu’elles ne veulent plus revenir. Hervé est venu hier soir en auto dîner avec sa fiancée. Il quittera Bourges demain avec le 85ème auquel il est affecté avec le capitaine de Goy. On fait des tranchées sur la place ducale. Je préférerais rester dans mon lit que de descendre dans ces abris peu confortables.
7 A 6 h pendant que je jouais au bridge avec Marielle d’Arcy et deux de ses amies réfugiées à Vernuche, Hervé entre au salon venant de Bourges dans sa voiture où il a entassé tout ce qu’il avait dans sa chambre afin que nous le gardions ici. De suite nous téléphonons à Madame de Sansal et à Simone pour qu’elles viennent dîner avec lui, elles ne se font pas attendre. Lorsqu’elles veulent repartir à 10 h, leur éclairage ne fonctionnant pas, Marcelle les reconduit à Nevers. Hervé me dit : A Dieu Grand père, à revoir au Paradis. Etant chef de section, j’ai peu de chances d’en revenir, mais croyez le, je suis bien préparé. Je n’en doute pas, car c’est un grand chrétien, une âme d’élite. J’ai été si ému que moi qui dors habituellement comme un enfant, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Hervé partira demain avec le 85ème, régiment de formation nouvelle. Son capitaine est un réserviste, les sergents aussi, mais il est dans le bataillon de Maurice de Goy et son ami d’Aligny est dans la compagnie d’à côté. A 4 h ½ Marcelle a emmené son neveu à Bourges et a fait pour lui plusieurs achats dont une cuvette en caoutchouc et une gamelle, recousu à sa capote des boutons non métalliques etc. Au retour, elle a trouvé dans un cantonnement le Maréchal des Logis Roger de Lépinière en train de faire boire les chevaux, elle était de retour ici à 1 h.
8 Fête de la Ste Vierge, je vais à la messe avec mon âne. Beaucoup de communions. A 11h, Madame de Sansal vient chercher son auto avec un taxi. Lettre de Cécile datée du 1er septembre. Elle a fait un bon retour.
9 Edmond Clayeux qui commandait un bataillon à Clermont est envoyé avec des pionniers à X. Sa belle mère meurt chez son fils Louis Monnier dans le Jura. Lettre d’Edith qui a six jours de date.
10 Beaucoup de monde à la messe du dimanche. Visite des deux ménages Rouville. Jacques est versé dans un escadron motorisé.
11 Marcelle a oublié d’ôter le contact en rentrant de Bourges aussi les accus sont complètement déchargés, je les envoie à Moine. Lettre d’Edith du 9. Elle a pris comme cuisinière la femme de son jardinier qui est mobilisé. Miette est allée à Clermont chercher l’auto qu’Edmond Clayeux y a laissée en partant et qui l’attendra à Bulhon. Je rencontre Gabriel Mathieu sur la route. Il va tous les jours à Decize assurer le service du Crédit Lyonnais et sa femme va à la gare de Saincaize pour le bon accueil aux soldats de passage. Elle est aidée par sa cousine Thonier.
12 A Tâches et à Callot on laboure. Inertie aux Petites Granges. On n’emblavera rien.
13 Visite des du Part. Antoine 68 ans voit très en noir.
14 Pluie. Temps bas, triste comme tout le reste. Lettre d’Edith qui a cinq jours de date et qui n’est pas autrement réconfortante. Jacqueline leur apporte un peu de distraction. Yvonne ne parle pas de nous revenir.
15 Pluie Il y 12°, j’ai les pieds gelés selon mon habitude, aussi j’allume du feu.
16 Adresse d’Edmond Clayeux : 1er Bataillon, 613ème Régiment de pionniers, Secteur Postal 122. Je commence de battre aux Petites Granges avec un personnel réduit. Un Polonais et un Espagnol m’apportent du blé très humide. Les plongeons ont été très mal faits et les pluies continuelles. Le conduit de la laiterie est obstrué et le petit lait remonte dans la cave aux légumes, cela sent très mauvais. Je vais voir le maçon. Marcelle emmène le ménage Chérut à Pougues où leur fils Antoine est cantonné. Elle pousse jusqu’à Clamour dire un petit bonjour aux Lavesvre. Marie Antoinette du Verne fait très bon ménage au comité d’accueil de la gare avec les gens de la préfecture et de la municipalité. Il y a un Juif qui la promène dans son auto.
17 Dimanche. Après Vêpres, prière pour la guerre. Il y a en tout dans l’église 15 femmes et moi. La masse n’éprouve pas le besoin d’implorer le ciel, nous en avons cependant besoin. Allons faire une visite aux à Chevenon où Marie-Louise ne nous remonte guère le moral. A la poste on nous apprend que les Russes marchent avec les Boches et que de leur côté, ils ont envahi la malheureuse Pologne pour prendre part à la curée. Depuis plusieurs années, je redoutais cette alliance qui va donner une puissance énorme à la Prusse.
18 Jean Billot, servant d’artillerie a été tué dans une collision de caissons d’artillerie, il est mort dans une ambulance à Vendôme, on l’enterre à Azy. L’église est pleine à craquer et l’émotion de tous est grande. Je vois mes deux fermiers. Renaud se plaint toujours de son estomac. Bringaut va bien. La réquisition lui a donné un bon de neuf mille francs pour une jument. Lettre d’Hervé. Son régiment a mis 48 h pour aller de Bourges à un village d’Alsace. Il a couché deux nuits à la paille, il espère avoir un lit pour la troisième. Madame de Sansal venu chercher sa voiture n’a pas pu l’emmener les accus étant déchargés.
19 Les battages continuent aux Petites Granges. Cette fois c’est un Polonais et un Tchécoslovaque manchot qui montent mes sacs. On finit à nuit noire. Battage à Callot, en plus des Polonais, Espagnol, Tchécoslovaque, il y a un Serbe. Je mets la Polonaise à arracher mes pommes de terre. Marcelle après une visite à Planchevienne vient à Moiry dans la masure de Tassain où elle a organisé un semblant de chapelle pour y dire la prière. 12 femmes et 15 enfants sont réunis là pour y réciter ensembles le chapelet pour la France qui en a grand besoin. Madame Le Sueur mère a donné une statue de la Sainte Vierge.
20 Marcelle va à Limont voir ses amies de Féligonde Maumigny. Le village est envahi par des juifs Polonais.
21 Montrichard m’emmène à St Pierre et laisse sa femme ici. Yvonne qui devait amener Miette à Nevers, celle-ci voulant s’entretenir avec sœur Léontine pour son service d’infirmière, déjeune aux Gouttes en passant et nous arrive à 6 h. Quelle n’est pas mon agréable surprise en voyant ma chère fille Edith descendre de l’auto.
22 Edith, Yvonne et Miette vont à Nevers. Cette dernière pour prendre contact avec son hôpital de St Gildard où elle viendra comme infirmière quand le besoin s’en fera sentir. Lettre d’Hervé à Simone, il est à côté de Saverne.
23 Edith, Yvonne et Miette retournent à Bulhon et déjeunent aux Gouttes en passant. Je termine mes battages par beau temps, rendements bons. Les grains sont humides à Callot et aux Petites Granges à cause de la grande quantité de pluie qui est tombée et des plongeons mal faits.
24 Dimanche. M. le Curé offre à déjeuner aux membres du conseil paroissial dont je suis le Président. Le repas est excellent car la mère encaustique est très bonne cuisinière, les vins généreux. Assistance : Comte de Montrichard, Moreau, Le Sueur, Goulet, Morizot.
25 Je vais chez Glanet à la gare pour chercher du charbon, il n’en a plus, le dernier coûtait 440 F la tonne soit 14 fois plus cher qu’en 1913. Marcelle envoie à Hervé un de mes chasles américains et un pain d’épices.
26 Nous allons à Fricot faire une visite aux deux sœurs qui naturellement ne nous reçoivent pas, ensuite à Fontallier et terminons par Buy. A St Pierre je parle au Lnt chargé d’envoyer des soldats dans les fermes pour aider à la culture, il n’en a pas de disponible pour le moment.
27 Les Rouville et les du Part viennent goûter chacun avec leurs filles qui ont l’air de bien s’entendre.
28 Foire à St Pierre. 4 bêtes Charollaises en tout. Je ne sais même pas si elles se sont vendues. Baisse sur les cochons. Les réquisitions vous donnent des bons, mais pas d’argent liquide. Le Baron de Chillaz meurt en Haute Savoie.
29 Visite de Mesdames Grincour, Marcelle reste dans l’auto avec Marie et moi au salon avec sa mère. Cela manque de charme. Téléphone de Guiguite qui s’installe aux Gouttes, pendant que Gaby tient garnison à Decize.
30 Pluie. Nous allons à Nevers, les rues sont pleines de troupiers et de médecins militaires qui attendent des blessés. Nous conduisons Roger Jeanty au Petit séminaire. A 6 h du soir au retour j’assiste à la prière dans la chapelle de Moiry. Ma métayère des Petites Granges met un garçon au monde.
2 Nous allons à Nevers faire des commissions et acheter du sucre qu’on ne donne qu’à la livre. Vue Isabelle Devenne installée chez Geneviève Tiersonnier avec son superbe héritier de 9 mois. M.A. du Verne passe son temps à la gare à une permanence de la Ligue qui s’occupe des réfugiés. A 3 h coup de téléphone des Petites sœurs de l’Assomption auxquelles j’avais offert ma maison préférant les loger que d’avoir n’importe qui. Elles m’annoncent qu’elles m’envoient cinq des leurs pour coucher. Je préviens Balleret de faire le nécessaire.
3 Pluie 15 mm. Dimanche. Bien peu de monde à la messe, par ces temps troublés, l’église devrait cependant être pleine. Que devient la foi ? A midi on annonce que la guerre est déclarée. Hitler a fait bombarder la Pologne par ses avions. La consternation est générale. Edmond Clayeux a pris son service à Clermont Fd. Nous faisons une visite à Planchevienne où nous ne trouvons que Madame Braive, son fils unique vient d’être mobilisé ainsi que Jacques de La Brosse. Mon jardinier qui garde les ponts du Guétin a une permission de 24 h. Depuis 8 jours il ne s’est pas déchaussé, il a aux pieds de bien mauvais souliers et de vieux habits. Les pauvres territoriaux ne sont pas gâtés sous le rapport des vêtements, mais ils sont bien nourris à la gare de Saincaize.
4 Pluie. Balleret me téléphone que 3 sœurs de l’Assomption ont couché à la maison. Le courrier ne nous arrive qu’à midi. Pas grand-chose dans Paris Centre, seul journal arrivé. A Nevers réquisition des chevaux. On prend bourres et balles à des prix beaucoup trop élevés à mon sens. Le gouvernement a voté un crédit de 69 milliards pour la guerre, aussi on jongle avec les millions. On a payé une jument de trait à Arbant fermier de Tassain à Moiry 9 000 F. En 1916 j’en avais vendu à la réquisition 2 400, je trouvais cela trop cher. Que dire aujourd’hui !
5 Lavergne remet quelques ardoises sur la maison. La couverture remonte à 1871, ce n’est cependant pas un âge très avancé. Les journaux de Paris arrivent avec 3 jours de retard et je vois avec peine que les conservateurs se dévorent entre eux.
6 Allons à Nevers après midi. Il y a eu alerte la nuit dernière à 2 h du matin. La sirène n’a pas dû faire beaucoup de bruit car nos voisins Delamalle n’ont rien entendu, en revanche les sœurs de l’Assomption qui couchaient à la maison ont eu si peur qu’elles ne veulent plus revenir. Hervé est venu hier soir en auto dîner avec sa fiancée. Il quittera Bourges demain avec le 85ème auquel il est affecté avec le capitaine de Goy. On fait des tranchées sur la place ducale. Je préférerais rester dans mon lit que de descendre dans ces abris peu confortables.
7 A 6 h pendant que je jouais au bridge avec Marielle d’Arcy et deux de ses amies réfugiées à Vernuche, Hervé entre au salon venant de Bourges dans sa voiture où il a entassé tout ce qu’il avait dans sa chambre afin que nous le gardions ici. De suite nous téléphonons à Madame de Sansal et à Simone pour qu’elles viennent dîner avec lui, elles ne se font pas attendre. Lorsqu’elles veulent repartir à 10 h, leur éclairage ne fonctionnant pas, Marcelle les reconduit à Nevers. Hervé me dit : A Dieu Grand père, à revoir au Paradis. Etant chef de section, j’ai peu de chances d’en revenir, mais croyez le, je suis bien préparé. Je n’en doute pas, car c’est un grand chrétien, une âme d’élite. J’ai été si ému que moi qui dors habituellement comme un enfant, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Hervé partira demain avec le 85ème, régiment de formation nouvelle. Son capitaine est un réserviste, les sergents aussi, mais il est dans le bataillon de Maurice de Goy et son ami d’Aligny est dans la compagnie d’à côté. A 4 h ½ Marcelle a emmené son neveu à Bourges et a fait pour lui plusieurs achats dont une cuvette en caoutchouc et une gamelle, recousu à sa capote des boutons non métalliques etc. Au retour, elle a trouvé dans un cantonnement le Maréchal des Logis Roger de Lépinière en train de faire boire les chevaux, elle était de retour ici à 1 h.
8 Fête de la Ste Vierge, je vais à la messe avec mon âne. Beaucoup de communions. A 11h, Madame de Sansal vient chercher son auto avec un taxi. Lettre de Cécile datée du 1er septembre. Elle a fait un bon retour.
9 Edmond Clayeux qui commandait un bataillon à Clermont est envoyé avec des pionniers à X. Sa belle mère meurt chez son fils Louis Monnier dans le Jura. Lettre d’Edith qui a six jours de date.
10 Beaucoup de monde à la messe du dimanche. Visite des deux ménages Rouville. Jacques est versé dans un escadron motorisé.
11 Marcelle a oublié d’ôter le contact en rentrant de Bourges aussi les accus sont complètement déchargés, je les envoie à Moine. Lettre d’Edith du 9. Elle a pris comme cuisinière la femme de son jardinier qui est mobilisé. Miette est allée à Clermont chercher l’auto qu’Edmond Clayeux y a laissée en partant et qui l’attendra à Bulhon. Je rencontre Gabriel Mathieu sur la route. Il va tous les jours à Decize assurer le service du Crédit Lyonnais et sa femme va à la gare de Saincaize pour le bon accueil aux soldats de passage. Elle est aidée par sa cousine Thonier.
12 A Tâches et à Callot on laboure. Inertie aux Petites Granges. On n’emblavera rien.
13 Visite des du Part. Antoine 68 ans voit très en noir.
14 Pluie. Temps bas, triste comme tout le reste. Lettre d’Edith qui a cinq jours de date et qui n’est pas autrement réconfortante. Jacqueline leur apporte un peu de distraction. Yvonne ne parle pas de nous revenir.
15 Pluie Il y 12°, j’ai les pieds gelés selon mon habitude, aussi j’allume du feu.
16 Adresse d’Edmond Clayeux : 1er Bataillon, 613ème Régiment de pionniers, Secteur Postal 122. Je commence de battre aux Petites Granges avec un personnel réduit. Un Polonais et un Espagnol m’apportent du blé très humide. Les plongeons ont été très mal faits et les pluies continuelles. Le conduit de la laiterie est obstrué et le petit lait remonte dans la cave aux légumes, cela sent très mauvais. Je vais voir le maçon. Marcelle emmène le ménage Chérut à Pougues où leur fils Antoine est cantonné. Elle pousse jusqu’à Clamour dire un petit bonjour aux Lavesvre. Marie Antoinette du Verne fait très bon ménage au comité d’accueil de la gare avec les gens de la préfecture et de la municipalité. Il y a un Juif qui la promène dans son auto.
17 Dimanche. Après Vêpres, prière pour la guerre. Il y a en tout dans l’église 15 femmes et moi. La masse n’éprouve pas le besoin d’implorer le ciel, nous en avons cependant besoin. Allons faire une visite aux à Chevenon où Marie-Louise ne nous remonte guère le moral. A la poste on nous apprend que les Russes marchent avec les Boches et que de leur côté, ils ont envahi la malheureuse Pologne pour prendre part à la curée. Depuis plusieurs années, je redoutais cette alliance qui va donner une puissance énorme à la Prusse.
18 Jean Billot, servant d’artillerie a été tué dans une collision de caissons d’artillerie, il est mort dans une ambulance à Vendôme, on l’enterre à Azy. L’église est pleine à craquer et l’émotion de tous est grande. Je vois mes deux fermiers. Renaud se plaint toujours de son estomac. Bringaut va bien. La réquisition lui a donné un bon de neuf mille francs pour une jument. Lettre d’Hervé. Son régiment a mis 48 h pour aller de Bourges à un village d’Alsace. Il a couché deux nuits à la paille, il espère avoir un lit pour la troisième. Madame de Sansal venu chercher sa voiture n’a pas pu l’emmener les accus étant déchargés.
19 Les battages continuent aux Petites Granges. Cette fois c’est un Polonais et un Tchécoslovaque manchot qui montent mes sacs. On finit à nuit noire. Battage à Callot, en plus des Polonais, Espagnol, Tchécoslovaque, il y a un Serbe. Je mets la Polonaise à arracher mes pommes de terre. Marcelle après une visite à Planchevienne vient à Moiry dans la masure de Tassain où elle a organisé un semblant de chapelle pour y dire la prière. 12 femmes et 15 enfants sont réunis là pour y réciter ensembles le chapelet pour la France qui en a grand besoin. Madame Le Sueur mère a donné une statue de la Sainte Vierge.
20 Marcelle va à Limont voir ses amies de Féligonde Maumigny. Le village est envahi par des juifs Polonais.
21 Montrichard m’emmène à St Pierre et laisse sa femme ici. Yvonne qui devait amener Miette à Nevers, celle-ci voulant s’entretenir avec sœur Léontine pour son service d’infirmière, déjeune aux Gouttes en passant et nous arrive à 6 h. Quelle n’est pas mon agréable surprise en voyant ma chère fille Edith descendre de l’auto.
22 Edith, Yvonne et Miette vont à Nevers. Cette dernière pour prendre contact avec son hôpital de St Gildard où elle viendra comme infirmière quand le besoin s’en fera sentir. Lettre d’Hervé à Simone, il est à côté de Saverne.
23 Edith, Yvonne et Miette retournent à Bulhon et déjeunent aux Gouttes en passant. Je termine mes battages par beau temps, rendements bons. Les grains sont humides à Callot et aux Petites Granges à cause de la grande quantité de pluie qui est tombée et des plongeons mal faits.
24 Dimanche. M. le Curé offre à déjeuner aux membres du conseil paroissial dont je suis le Président. Le repas est excellent car la mère encaustique est très bonne cuisinière, les vins généreux. Assistance : Comte de Montrichard, Moreau, Le Sueur, Goulet, Morizot.
25 Je vais chez Glanet à la gare pour chercher du charbon, il n’en a plus, le dernier coûtait 440 F la tonne soit 14 fois plus cher qu’en 1913. Marcelle envoie à Hervé un de mes chasles américains et un pain d’épices.
26 Nous allons à Fricot faire une visite aux deux sœurs qui naturellement ne nous reçoivent pas, ensuite à Fontallier et terminons par Buy. A St Pierre je parle au Lnt chargé d’envoyer des soldats dans les fermes pour aider à la culture, il n’en a pas de disponible pour le moment.
27 Les Rouville et les du Part viennent goûter chacun avec leurs filles qui ont l’air de bien s’entendre.
28 Foire à St Pierre. 4 bêtes Charollaises en tout. Je ne sais même pas si elles se sont vendues. Baisse sur les cochons. Les réquisitions vous donnent des bons, mais pas d’argent liquide. Le Baron de Chillaz meurt en Haute Savoie.
29 Visite de Mesdames Grincour, Marcelle reste dans l’auto avec Marie et moi au salon avec sa mère. Cela manque de charme. Téléphone de Guiguite qui s’installe aux Gouttes, pendant que Gaby tient garnison à Decize.
30 Pluie. Nous allons à Nevers, les rues sont pleines de troupiers et de médecins militaires qui attendent des blessés. Nous conduisons Roger Jeanty au Petit séminaire. A 6 h du soir au retour j’assiste à la prière dans la chapelle de Moiry. Ma métayère des Petites Granges met un garçon au monde.
15.2.11
AOUT 1939
1 Bob Le Sueur vient m’acheter des châtrons.
2 Marie Antoinette et Marcelle font une visite à Fontallier et goûtent à Villars avec Madame Mathieu.
3 Pluie 20 mm. Mon rosaire. Cécile, Yvonne, Jacqueline et la femme de chambre arrivent de Rennes à bon port.
4 Hervé lui arrive de Bourges à 5h ½ dans sa belle Citroën et ses sœurs une heure plus tard à Mars et demain, tous trois iront au mariage de René de Savigny à Châteauroux. Je suis heureux de voir tous mes petits enfants réunis à ma table. M. Godemel amène deux superbes pointers noirs chez son garde.
5 A 8 h ½ Hervé part avec ses sœurs. Ils crèvent 20 km avant Châteauroux et arrivent un peu en retard dans la cathédrale. Nombreux cortège, 20 officiers, lunch dans la propriété des Duhail dans les faubourgs de la ville, vivres un peu réduits car il est venu plus de monde que l’on n’en attendait. Yvonne me mène à Nevers. Je vais voir le contrôleur pour l’ennuyeuse déclaration de la propriété bâtie et après dîner, Marcelle va y chercher ses nièces que les Villeneuve ont ramenées à Nevers.
6 Dimanche. Mes dames, sauf Yvonne vont à une kermesse à St Pierre. Les d’Arcy nous amènent Jean de La Motte qui vit seul à Vernuche. Il a complètement abandonné son épouse, à moins que ce ne soit elle qui l’est plaqué comme il y a 40 ans.
7 Mes petites filles prennent le car à Midi pour aller à la Belouze où il doit y avoir demain une surprise party. A midi moins ¼ les d’Arcy, père, mère et enfants s’arrêtent devant le perron et nous disent : vous avez bien reçu notre dépêche nous annonçant puisque vous nous avez répondu, vous attendons. Or nous n’avons rien reçu du tout. La dépêche a été remise à Robert demeurant au village qui a attendu ses invités jusqu’à 2 h pour déjeuner.
8 Pluie 30 mm. Nos domestiques Léger nous quittent les larmes aux yeux, de mon côté je les regrette beaucoup. Pendant 7 ans j’ai eu la paix avec eux.
9 Nous avons la visite des baronnes de Rouville et d’Anne. Suzanne fume tout un paquet d’énormes cigarettes tout en goûtant.
10 Le ménage Tillier nous arrive pour remplacer les Léger. Ils nous font l’un et l’autre bonne impression, l’ennui c’est qu’ils ont avec eux une petite fille de 2 ans. Cécile, Yvonne et Jacqueline partent pour Bulhon.
11 Je fais une tournée dans les prés, ce qui est un plaisir cette année, car avec toute la quantité de pluie qui est tombée, il n’y a que des légumineuses.
12 Visite du ménage Barbin. La belle Michelle se conserve jeune en dépit de ses 47 ans.
13 Dimanche. 11 jeunes gens du lycée de Moulins campent à Limoux. Ils viennent communier à la première messe, assistent à la grande où ils chantent en chœur. Hier soir, ils ont allumé sur le champ de foire un feu de camp à la grande joie de la population. Marcelle va à la messe de Langeron, assiste ensuite dans le parc de Melle Valois à la remise d’une récompense offerte par la Ligue à une mère de dix enfants sous la présidence de M. le Doyen, discours, gâteaux à la nombreuse assistance. Entre temps, Melle Valois emmène Marcelle déjeuner au Relais gastronomique à St Pierre. Les du Part apportent un cadeau pour Hervé (lampe électrique). Celui-ci est à Bulhon avec Guite et Simone de Sansal.
14 J’ai la visite d’Adolphe Dubois venu me demander d’acheter pour un de ses cousins deux hectares de terre au bout de son avenue sur lesquels il y a deux vieilles maisons et un hangar tout cela d’une vétusté très grande. Je lui parle d’un prix qu’il trouve élevé, tout cela bien entendu laissé à l’approbation des Riberolles. Marcelle emmenée par les Le Sueur visite les jardins d’Apremont et l’étang de la Planche Chevrier.
15 Je m’approche de la Sainte Table. Après Vêpres procession du vœu de Louis XIII, peu de monde et chants médiocres. 60 enfants, 40 femmes, 5 hommes dont 3 de Tâches. Visite à Planchevienne où nous trouvons la famille Bouchacourt et Carné. Mes agneaux ont bien grossi.
16 A 6 h ½ l’auto Sansal nous arrive amenant Guite, Simone et Hervé retour d’un séjour de 4 jours à Bulhon pendant lequel ils ont fait des visites de noces avant la lettre. Visite aux Gouttes en passant.
17 Madame Tardy vient aider les Chérut à ramasser les prunes dans leur jardin pour faire de l’eau de vie. Ils en ont déjà rempli deux tonneaux et il en reste. Je n’avais jamais vu pareille abondance.
18 Les petits Rouville amenés par Jacques dévalisent clapiers et poulaillers. Ils achètent à la Nanne une lapine et ses 5 petits pour 50 F, à Marcelle 4 poulettes et des œufs.
19 Louis de La Brosse venant de St Buc amène Odette à Tours où elle rejoint le pèlerinage national. Il ira la rechercher mercredi et passera 4 jours avec nous. Il dîne avec nous à Planchevienne où tout est correct, bonne cuisine et grands vins. Goûter à La Rocherie où je retrouve mon ami Beaumesnil. Le Marquis du Bourg meurt à Paris.
20 Pluie 25 mm. Les Gaby de Villeneuve déjeunent avec nous. Après, Monsieur m’emmènent aux courses de Nevers pendant que les dames restent à la maison avec Louis. Nous nous retrouvons tous au Veuillin de 5 à 8 où il y a un goûter superbe. Tout vient de chez Boissin, sauf les pommes de terre frites. Nombreuses tables de bridge à tous les étages. Visite de Madame Cote.
21 Pluie. Jacques de La Brosse déjeune avec nous. Après midi nous allons Louis et moi au Port du Bois où la grange qui a 50m X 14 a grand besoin de réparation sur la moitié de sa toiture.
22 Nous allons goûter au Gravier chez Mme Révenaz née de Lestapie, c’est une charmante vieille de 90 ans, fort aimable. Elle habite un magnifique château bâti en 1887. Très bon buffet couvert de gâteaux et de magnifiques pois de senteurs. Assistance très élégante, d’Aramon, Gourcuff, Bonneval, Gindre, Balloy, Gudin du Gavillon, Pazzis, Servois, Côte, du Part, Sauveboeuf, Savigny, P. du Verne, Montarby. Des bruits de guerre jettent une note triste sur cette réunion à laquelle nous avions été invités par Madame de La Motte qui voulait nous présenter son gendre Nazar Agha.
23 Pluie 35 mm. Il pleut sans arrêt toute la nuit, les fossés débordent partout. Jacques nous amène les Pierre de Rouville pour faire un bridge avec Louis. Les bruits de guerre augmentent, les Russes marchent avec les Boches ce qui est bien troublant.
24 Foire à St Pierre, c’est le marasme partout. Louis nous quitte, il doit prendre Odette à Tours et dîner à St Jacut où Josepha les attend. Besançon qui fournit la troupe à Nevers vient m’acheter un gros taureau pour nourrir les nombreux réservistes appelés hier.
25 Pluie. Encore de la pluie, c’est désespérant, quantité d’agriculteurs n’ont pas rentré leurs récoltes et les bruits de guerre de plus en plus persistants ne sont pas faits pour nous consoler.
26 Nous allons à Nevers dans la matinée. Sur la route, les autos se suivent à 50 mètres pleines de monde et de bagages. A 3 h Cécile arrive à pied dans l’avenue, amenée jusqu’à Moiry par M. TH. Anginieur qui était à la Terrasse et qui revient en sa qualité de Présidente de l’ALPAF demandée par le préfet pour s’occuper du logement des femmes enceintes évacuées de Paris.
27 Dimanche. 60 hommes de St Parize sont mobilisés dont mon jardinier, Louis Roy de Callot et Michel des Petites Granges qui laisse sa femme seule sur le point de mettre au monde un cinquième enfant. La situation est tragique. En sortant de la messe, Armand de Montrichard nous présente sa femme, bonne impression. A la Chasseigne, un ménage domestique qui était là depuis 10 jours est parti.
28 Pluie. Qui empêche de rentrer ce qui reste dehors. Situation toujours très inquiétante.Je livre la laine à Mars. Elle rapporte 1190 F
29 On peut finir de rentrer l’avoine, mais quand pourra-t-on battre ? Plus de mécanicien.
30 Pluie 20 mm. Je me lève 3 fois pour un dérangement commencé hier. Est-ce la faute des prunes ? Je ne le crois pas. Le Sueur passe dans les domaines pour chercher de la viande et de l’avoine à amener à St Pierre pour la réquisition. Inquiétude toujours grande.
31 Cécile va à Nevers par l’autobus. Elle ne rapporte aucune nouvelle intéressante. Même inquiétude. Marcelle va voir sa tante qui se morfond toute seule à Buy
2 Marie Antoinette et Marcelle font une visite à Fontallier et goûtent à Villars avec Madame Mathieu.
3 Pluie 20 mm. Mon rosaire. Cécile, Yvonne, Jacqueline et la femme de chambre arrivent de Rennes à bon port.
4 Hervé lui arrive de Bourges à 5h ½ dans sa belle Citroën et ses sœurs une heure plus tard à Mars et demain, tous trois iront au mariage de René de Savigny à Châteauroux. Je suis heureux de voir tous mes petits enfants réunis à ma table. M. Godemel amène deux superbes pointers noirs chez son garde.
5 A 8 h ½ Hervé part avec ses sœurs. Ils crèvent 20 km avant Châteauroux et arrivent un peu en retard dans la cathédrale. Nombreux cortège, 20 officiers, lunch dans la propriété des Duhail dans les faubourgs de la ville, vivres un peu réduits car il est venu plus de monde que l’on n’en attendait. Yvonne me mène à Nevers. Je vais voir le contrôleur pour l’ennuyeuse déclaration de la propriété bâtie et après dîner, Marcelle va y chercher ses nièces que les Villeneuve ont ramenées à Nevers.
6 Dimanche. Mes dames, sauf Yvonne vont à une kermesse à St Pierre. Les d’Arcy nous amènent Jean de La Motte qui vit seul à Vernuche. Il a complètement abandonné son épouse, à moins que ce ne soit elle qui l’est plaqué comme il y a 40 ans.
7 Mes petites filles prennent le car à Midi pour aller à la Belouze où il doit y avoir demain une surprise party. A midi moins ¼ les d’Arcy, père, mère et enfants s’arrêtent devant le perron et nous disent : vous avez bien reçu notre dépêche nous annonçant puisque vous nous avez répondu, vous attendons. Or nous n’avons rien reçu du tout. La dépêche a été remise à Robert demeurant au village qui a attendu ses invités jusqu’à 2 h pour déjeuner.
8 Pluie 30 mm. Nos domestiques Léger nous quittent les larmes aux yeux, de mon côté je les regrette beaucoup. Pendant 7 ans j’ai eu la paix avec eux.
9 Nous avons la visite des baronnes de Rouville et d’Anne. Suzanne fume tout un paquet d’énormes cigarettes tout en goûtant.
10 Le ménage Tillier nous arrive pour remplacer les Léger. Ils nous font l’un et l’autre bonne impression, l’ennui c’est qu’ils ont avec eux une petite fille de 2 ans. Cécile, Yvonne et Jacqueline partent pour Bulhon.
11 Je fais une tournée dans les prés, ce qui est un plaisir cette année, car avec toute la quantité de pluie qui est tombée, il n’y a que des légumineuses.
12 Visite du ménage Barbin. La belle Michelle se conserve jeune en dépit de ses 47 ans.
13 Dimanche. 11 jeunes gens du lycée de Moulins campent à Limoux. Ils viennent communier à la première messe, assistent à la grande où ils chantent en chœur. Hier soir, ils ont allumé sur le champ de foire un feu de camp à la grande joie de la population. Marcelle va à la messe de Langeron, assiste ensuite dans le parc de Melle Valois à la remise d’une récompense offerte par la Ligue à une mère de dix enfants sous la présidence de M. le Doyen, discours, gâteaux à la nombreuse assistance. Entre temps, Melle Valois emmène Marcelle déjeuner au Relais gastronomique à St Pierre. Les du Part apportent un cadeau pour Hervé (lampe électrique). Celui-ci est à Bulhon avec Guite et Simone de Sansal.
14 J’ai la visite d’Adolphe Dubois venu me demander d’acheter pour un de ses cousins deux hectares de terre au bout de son avenue sur lesquels il y a deux vieilles maisons et un hangar tout cela d’une vétusté très grande. Je lui parle d’un prix qu’il trouve élevé, tout cela bien entendu laissé à l’approbation des Riberolles. Marcelle emmenée par les Le Sueur visite les jardins d’Apremont et l’étang de la Planche Chevrier.
15 Je m’approche de la Sainte Table. Après Vêpres procession du vœu de Louis XIII, peu de monde et chants médiocres. 60 enfants, 40 femmes, 5 hommes dont 3 de Tâches. Visite à Planchevienne où nous trouvons la famille Bouchacourt et Carné. Mes agneaux ont bien grossi.
16 A 6 h ½ l’auto Sansal nous arrive amenant Guite, Simone et Hervé retour d’un séjour de 4 jours à Bulhon pendant lequel ils ont fait des visites de noces avant la lettre. Visite aux Gouttes en passant.
17 Madame Tardy vient aider les Chérut à ramasser les prunes dans leur jardin pour faire de l’eau de vie. Ils en ont déjà rempli deux tonneaux et il en reste. Je n’avais jamais vu pareille abondance.
18 Les petits Rouville amenés par Jacques dévalisent clapiers et poulaillers. Ils achètent à la Nanne une lapine et ses 5 petits pour 50 F, à Marcelle 4 poulettes et des œufs.
19 Louis de La Brosse venant de St Buc amène Odette à Tours où elle rejoint le pèlerinage national. Il ira la rechercher mercredi et passera 4 jours avec nous. Il dîne avec nous à Planchevienne où tout est correct, bonne cuisine et grands vins. Goûter à La Rocherie où je retrouve mon ami Beaumesnil. Le Marquis du Bourg meurt à Paris.
20 Pluie 25 mm. Les Gaby de Villeneuve déjeunent avec nous. Après, Monsieur m’emmènent aux courses de Nevers pendant que les dames restent à la maison avec Louis. Nous nous retrouvons tous au Veuillin de 5 à 8 où il y a un goûter superbe. Tout vient de chez Boissin, sauf les pommes de terre frites. Nombreuses tables de bridge à tous les étages. Visite de Madame Cote.
21 Pluie. Jacques de La Brosse déjeune avec nous. Après midi nous allons Louis et moi au Port du Bois où la grange qui a 50m X 14 a grand besoin de réparation sur la moitié de sa toiture.
22 Nous allons goûter au Gravier chez Mme Révenaz née de Lestapie, c’est une charmante vieille de 90 ans, fort aimable. Elle habite un magnifique château bâti en 1887. Très bon buffet couvert de gâteaux et de magnifiques pois de senteurs. Assistance très élégante, d’Aramon, Gourcuff, Bonneval, Gindre, Balloy, Gudin du Gavillon, Pazzis, Servois, Côte, du Part, Sauveboeuf, Savigny, P. du Verne, Montarby. Des bruits de guerre jettent une note triste sur cette réunion à laquelle nous avions été invités par Madame de La Motte qui voulait nous présenter son gendre Nazar Agha.
23 Pluie 35 mm. Il pleut sans arrêt toute la nuit, les fossés débordent partout. Jacques nous amène les Pierre de Rouville pour faire un bridge avec Louis. Les bruits de guerre augmentent, les Russes marchent avec les Boches ce qui est bien troublant.
24 Foire à St Pierre, c’est le marasme partout. Louis nous quitte, il doit prendre Odette à Tours et dîner à St Jacut où Josepha les attend. Besançon qui fournit la troupe à Nevers vient m’acheter un gros taureau pour nourrir les nombreux réservistes appelés hier.
25 Pluie. Encore de la pluie, c’est désespérant, quantité d’agriculteurs n’ont pas rentré leurs récoltes et les bruits de guerre de plus en plus persistants ne sont pas faits pour nous consoler.
26 Nous allons à Nevers dans la matinée. Sur la route, les autos se suivent à 50 mètres pleines de monde et de bagages. A 3 h Cécile arrive à pied dans l’avenue, amenée jusqu’à Moiry par M. TH. Anginieur qui était à la Terrasse et qui revient en sa qualité de Présidente de l’ALPAF demandée par le préfet pour s’occuper du logement des femmes enceintes évacuées de Paris.
27 Dimanche. 60 hommes de St Parize sont mobilisés dont mon jardinier, Louis Roy de Callot et Michel des Petites Granges qui laisse sa femme seule sur le point de mettre au monde un cinquième enfant. La situation est tragique. En sortant de la messe, Armand de Montrichard nous présente sa femme, bonne impression. A la Chasseigne, un ménage domestique qui était là depuis 10 jours est parti.
28 Pluie. Qui empêche de rentrer ce qui reste dehors. Situation toujours très inquiétante.Je livre la laine à Mars. Elle rapporte 1190 F
29 On peut finir de rentrer l’avoine, mais quand pourra-t-on battre ? Plus de mécanicien.
30 Pluie 20 mm. Je me lève 3 fois pour un dérangement commencé hier. Est-ce la faute des prunes ? Je ne le crois pas. Le Sueur passe dans les domaines pour chercher de la viande et de l’avoine à amener à St Pierre pour la réquisition. Inquiétude toujours grande.
31 Cécile va à Nevers par l’autobus. Elle ne rapporte aucune nouvelle intéressante. Même inquiétude. Marcelle va voir sa tante qui se morfond toute seule à Buy
14.2.11
JUILLET 1939
1 Pluie. Lettre de Cécile qui est à St Malo et non à Paramé. Yvonne, Jean et Jacqueline sont venus la rejoindre. A St Etienne, service pour la pauvre Marielle, plus de monde que je ne l’aurai cru. Louis, Josefa, Odette, Hubert et Jacques déjeunent à Tâches où ils retrouvent Geneviève, Marguerite et Edmond Clayeux. Il pleut et il fait froid. Il y a aujourd’hui 66 ans que le vieux ménage Clayeux est marié (1873). René avait 26 ans et Aline 20 ans.
2 Dimanche ordinaire mais froid, 12°. Mes jardiniers et métayers reçoivent leurs amis qui ont tous des autos et des motos. Les bruits de guerre n’ont pas l’air de les effrayer.
3 Mon rosaire. Madame de La Chapelle et sa fille allant de Rennes à La Place en auto s’arrêtent ici pour dîner et coucher. Les Sansal vont passer la journée à Bulhon, d’où ils ramènent Hervé, portant sur ses genoux une corbeille de fleurs.
4 Marcelle va faire une visite à La Chasseigne pendant que je me promène dans les prés en m’asseyant de temps en temps.
5 Pluie. Goûter chez Melle Valois, plus de gâteaux que de monde. Nous passons par Buy pour emmener Marie Thérèse. Présence de Mathieu, Le Sueur, Grincour, Keigneau, Thonier, Marie Thérèse Guillemain, Bonnichon.
6 Marcelle invite les 20 gamines de l’école libre à goûter et jouer dans le parc. Mon métayer Chicon va consulter Bonnichon qui en dehors de son poumon malade depuis longtemps lui trouve le foie atteint. Il prescrit un régime et pas beaucoup de travail. C’est commode pour un homme occupé pendant 14 h par jour.
7 Geneviève Tiersonnier nous amène les Charles pour déjeuner. 1er vendredi, je communie.
8 Cheveux. Foire de Nevers, pas une bête Charollaise. Marcelle confie sa rivière à Madame de Sansal pour en retirer trois diamants pour en composer une bague pour Simone. A voir avec le bijoutier Fillon. Dîner à Buy avec le Doyen, Mathieu, Le Sueur. Cuisine excellente.
9 Dimanche ennuyeux comme les autres. Hervé doit aller à St Germain en Laye se présenter à la grand-mère de Simone Madame Vuillemin.
10 J’ai encore la force de couper quelques chardons dans les prés.
11 J’écris 15 lettres à mes cousins et amis pour leur faire part des fiançailles d’Hervé.
13 Pluie. Je reçois beaucoup de lettres de compliments. On serre du foin qu’on aurait certainement retourné plusieurs fois avant de le mettre à couvert, mais les temps sont bien changés.
14 Fête nationale, à laquelle participent de nombreux avions Anglais avec un plein succès. Petit goûter à la maison avec Madame de Montrichard, de Balloy, de Martimprey, de Marcy, Villaines, de Lécluze, Marguerite Pinet et les Guillaume du Verne. Paule de Villaines et Gérard de Martimprey font ensembles une promenade très sentimentale dans le parc.
15 Pluie. Je vais jusqu’au Paturail Mâle, les bêtes sont dans l’herbe jusqu’aux genoux, les scories Thomas font merveille dans les prés, malheureusement cela coûte trop cher.
16 Pluie. Dimanche. Distribution des prix à l’école libre. Toute la famille de mon jardinier s’y rend habillée comme pour aller au Derby. Les Chicon emmènent dans leur auto mes domestiques voir Albert, monter à la côte de Tallot et admirer le pont du Veurdre. Seul, je garde la maison.
17 Marcelle va à Nevers avant déjeuner et en ramène Jeanne et Louis Delamalle qui passent la journée avec nous. Je finis de rentrer le foin du pré de la Joie, je le sale. Le sel coûte trop cher, 60 F les 100 K. Il est sorti 8 gros chariots de foin du fond du pré de la Joie.
18 J’emploie la Polonaise pour éclaircir les betteraves, elle travaille vite et bien, de cette façon j’aide mes métayers.
19 Pluie. Bretonne. Lettre d’Hervé qui nous dit que la grand-mère Vuillemin lui paye une auto pour qu’il puisse aller voir sa fiancée à Raffigny. Antoinette Jourdier nous amène les Charles après déjeuner. Je l’accompagne à Bergeron où elle a de sérieuses réparations à faire. Visite de Gabrielle de Rouville. Le mariage d’Hervé est fixé au 14 octobre. Le 14 juillet, il est passé sur la grande route à Moiry 3200 autos, l’essence augmente, on roule quand même.
20 Je vais au taillis d’Orgeat voir le garde qui fait un sentier d’agrainage tout le tour du bois. Je me demande si on lâche du faisan, si on pourra le faire voler dans ces ronciers inextricables. Je passe dans la cour de Callot, j’y vois deux gamines d’une dizaine d’années. Ce sont des enfants de Suresnes venus en colonie de vacances. L’appât du gain plus que la charité incite mes métayers à les héberger à raison de 10 F par jour. Je n’en suis pas autrement satisfait.
21 Pluie. Mes domestiques voulant me quitter parce que Jeanne attend un enfant, ils vont se présenter à la régie de Chatillon, où ils trouvent une place. Je les regrette vivement, car depuis 7 ans qu’ils sont à mon service, je n’ai jamais eu de reproche à leur faire.
22 Pluie. Nous menons Madame de Montrichard et Anne de Rouville à une kermesse qui se donne en faveur de l’école libre d’Azy dans le parc de Madame de Chavigné. Le mauvais temps arrête beaucoup de monde, c’est dommage, car le cadre est charmant. Retour par la Chasseigne et Planchevienne où le jardin est moins bien tenu qu’à La Prosle.
23 Dimanche. Nous manquons la visite de Louis Blandin pendant que nous sommes à un grand goûter à Dumphlun chez les Guény. Très belle demeure seigneuriale en partie du XVème, bien meublée, boiseries superbes dans toutes les pièces, plafonds trop bas, jolie vue sur les Amognes, beaux arbres. Tournoi de bridge avec 14 équipes. Anciennement Dumphlum a appartenu à la famille de Rémigny.
24 Pluie. Je livre deux agneaux à Anne de Rouville. Elle a de quoi les nourrir dans les allées du parc qui sont envahies par l’herbe. Grand goûter chez les Guillemain. 7 tables de Bridge. Nous avons rapporté de notre cour 70 abricots pesant une moyenne de 125 g chacun. C’est la première fois que notre abricotier donne une pareille et aussi succulente production.
25 Les visites affluent, Suzanne Le Sueur, Madame de Lépinière avec Roger, ensuite les Louis de Savigny. Je dis à Louis : vous venez pour la noce de votre neveu. Il me répond : je ne suis pas invité, ce qui prouve que tout va bien dans cette famille. On coupe les avoines.
26 Pluie. A 2h1/2 vingt minutes de pluie arrêtent encore la moisson, c’est odieux !
27 Foire de St Pierre, rien comme bétail, seuls les cochons se vendent. Plus ils sont petits, plus ils sont chers. Ceux de deux mois jusqu’à 25 F le kilo. Marcelle mène à Nevers 5 enfants au congrès eucharistique à St Gildar.
28 Aujourd’hui, jour des femmes. Elle en conduit 4. Déjeuner chez Marie Antoinette avec Marie Thérèse Guillemain. A 2 h Antoinette Jourdier vient me prendre pour aller inspecter les travaux en cours à son domaine de Bergeron.
29 Nous allons à Meillers, Allier, où nous retenons le ménage Tillier qui entrera chez nous le 16 août. Ils ont une petite fille de 2 ans qu’ils amèneront avec eux. C’est la l’ennui. Déjeuner aux Gouttes. Les deux vieux ne changent pas. Les Jourdier, mère et enfants sont là, tous plus noirs les uns que les autres. François n’est pas venu. Il boude la France. Dîner aux Fougis sans Zabeth qui est partie la veille pour Concarneau avec ses filles. Antoine va la rejoindre aujourd’hui.
30 Dimanche. Une seule messe à 9 h, parce que notre curé part en vacances.
31 Pluie 15 mm. Marie Antoinette du Verne nous vient pour 4 jours. Visite des André Robert avec Guite Roulet qui attend son 3ème enfant. Elle s’est mariée le 19 mai 1936. Geneviève Jallenques en a 8.
2 Dimanche ordinaire mais froid, 12°. Mes jardiniers et métayers reçoivent leurs amis qui ont tous des autos et des motos. Les bruits de guerre n’ont pas l’air de les effrayer.
3 Mon rosaire. Madame de La Chapelle et sa fille allant de Rennes à La Place en auto s’arrêtent ici pour dîner et coucher. Les Sansal vont passer la journée à Bulhon, d’où ils ramènent Hervé, portant sur ses genoux une corbeille de fleurs.
4 Marcelle va faire une visite à La Chasseigne pendant que je me promène dans les prés en m’asseyant de temps en temps.
5 Pluie. Goûter chez Melle Valois, plus de gâteaux que de monde. Nous passons par Buy pour emmener Marie Thérèse. Présence de Mathieu, Le Sueur, Grincour, Keigneau, Thonier, Marie Thérèse Guillemain, Bonnichon.
6 Marcelle invite les 20 gamines de l’école libre à goûter et jouer dans le parc. Mon métayer Chicon va consulter Bonnichon qui en dehors de son poumon malade depuis longtemps lui trouve le foie atteint. Il prescrit un régime et pas beaucoup de travail. C’est commode pour un homme occupé pendant 14 h par jour.
7 Geneviève Tiersonnier nous amène les Charles pour déjeuner. 1er vendredi, je communie.
8 Cheveux. Foire de Nevers, pas une bête Charollaise. Marcelle confie sa rivière à Madame de Sansal pour en retirer trois diamants pour en composer une bague pour Simone. A voir avec le bijoutier Fillon. Dîner à Buy avec le Doyen, Mathieu, Le Sueur. Cuisine excellente.
9 Dimanche ennuyeux comme les autres. Hervé doit aller à St Germain en Laye se présenter à la grand-mère de Simone Madame Vuillemin.
10 J’ai encore la force de couper quelques chardons dans les prés.
11 J’écris 15 lettres à mes cousins et amis pour leur faire part des fiançailles d’Hervé.
13 Pluie. Je reçois beaucoup de lettres de compliments. On serre du foin qu’on aurait certainement retourné plusieurs fois avant de le mettre à couvert, mais les temps sont bien changés.
14 Fête nationale, à laquelle participent de nombreux avions Anglais avec un plein succès. Petit goûter à la maison avec Madame de Montrichard, de Balloy, de Martimprey, de Marcy, Villaines, de Lécluze, Marguerite Pinet et les Guillaume du Verne. Paule de Villaines et Gérard de Martimprey font ensembles une promenade très sentimentale dans le parc.
15 Pluie. Je vais jusqu’au Paturail Mâle, les bêtes sont dans l’herbe jusqu’aux genoux, les scories Thomas font merveille dans les prés, malheureusement cela coûte trop cher.
16 Pluie. Dimanche. Distribution des prix à l’école libre. Toute la famille de mon jardinier s’y rend habillée comme pour aller au Derby. Les Chicon emmènent dans leur auto mes domestiques voir Albert, monter à la côte de Tallot et admirer le pont du Veurdre. Seul, je garde la maison.
17 Marcelle va à Nevers avant déjeuner et en ramène Jeanne et Louis Delamalle qui passent la journée avec nous. Je finis de rentrer le foin du pré de la Joie, je le sale. Le sel coûte trop cher, 60 F les 100 K. Il est sorti 8 gros chariots de foin du fond du pré de la Joie.
18 J’emploie la Polonaise pour éclaircir les betteraves, elle travaille vite et bien, de cette façon j’aide mes métayers.
19 Pluie. Bretonne. Lettre d’Hervé qui nous dit que la grand-mère Vuillemin lui paye une auto pour qu’il puisse aller voir sa fiancée à Raffigny. Antoinette Jourdier nous amène les Charles après déjeuner. Je l’accompagne à Bergeron où elle a de sérieuses réparations à faire. Visite de Gabrielle de Rouville. Le mariage d’Hervé est fixé au 14 octobre. Le 14 juillet, il est passé sur la grande route à Moiry 3200 autos, l’essence augmente, on roule quand même.
20 Je vais au taillis d’Orgeat voir le garde qui fait un sentier d’agrainage tout le tour du bois. Je me demande si on lâche du faisan, si on pourra le faire voler dans ces ronciers inextricables. Je passe dans la cour de Callot, j’y vois deux gamines d’une dizaine d’années. Ce sont des enfants de Suresnes venus en colonie de vacances. L’appât du gain plus que la charité incite mes métayers à les héberger à raison de 10 F par jour. Je n’en suis pas autrement satisfait.
21 Pluie. Mes domestiques voulant me quitter parce que Jeanne attend un enfant, ils vont se présenter à la régie de Chatillon, où ils trouvent une place. Je les regrette vivement, car depuis 7 ans qu’ils sont à mon service, je n’ai jamais eu de reproche à leur faire.
22 Pluie. Nous menons Madame de Montrichard et Anne de Rouville à une kermesse qui se donne en faveur de l’école libre d’Azy dans le parc de Madame de Chavigné. Le mauvais temps arrête beaucoup de monde, c’est dommage, car le cadre est charmant. Retour par la Chasseigne et Planchevienne où le jardin est moins bien tenu qu’à La Prosle.
23 Dimanche. Nous manquons la visite de Louis Blandin pendant que nous sommes à un grand goûter à Dumphlun chez les Guény. Très belle demeure seigneuriale en partie du XVème, bien meublée, boiseries superbes dans toutes les pièces, plafonds trop bas, jolie vue sur les Amognes, beaux arbres. Tournoi de bridge avec 14 équipes. Anciennement Dumphlum a appartenu à la famille de Rémigny.
24 Pluie. Je livre deux agneaux à Anne de Rouville. Elle a de quoi les nourrir dans les allées du parc qui sont envahies par l’herbe. Grand goûter chez les Guillemain. 7 tables de Bridge. Nous avons rapporté de notre cour 70 abricots pesant une moyenne de 125 g chacun. C’est la première fois que notre abricotier donne une pareille et aussi succulente production.
25 Les visites affluent, Suzanne Le Sueur, Madame de Lépinière avec Roger, ensuite les Louis de Savigny. Je dis à Louis : vous venez pour la noce de votre neveu. Il me répond : je ne suis pas invité, ce qui prouve que tout va bien dans cette famille. On coupe les avoines.
26 Pluie. A 2h1/2 vingt minutes de pluie arrêtent encore la moisson, c’est odieux !
27 Foire de St Pierre, rien comme bétail, seuls les cochons se vendent. Plus ils sont petits, plus ils sont chers. Ceux de deux mois jusqu’à 25 F le kilo. Marcelle mène à Nevers 5 enfants au congrès eucharistique à St Gildar.
28 Aujourd’hui, jour des femmes. Elle en conduit 4. Déjeuner chez Marie Antoinette avec Marie Thérèse Guillemain. A 2 h Antoinette Jourdier vient me prendre pour aller inspecter les travaux en cours à son domaine de Bergeron.
29 Nous allons à Meillers, Allier, où nous retenons le ménage Tillier qui entrera chez nous le 16 août. Ils ont une petite fille de 2 ans qu’ils amèneront avec eux. C’est la l’ennui. Déjeuner aux Gouttes. Les deux vieux ne changent pas. Les Jourdier, mère et enfants sont là, tous plus noirs les uns que les autres. François n’est pas venu. Il boude la France. Dîner aux Fougis sans Zabeth qui est partie la veille pour Concarneau avec ses filles. Antoine va la rejoindre aujourd’hui.
30 Dimanche. Une seule messe à 9 h, parce que notre curé part en vacances.
31 Pluie 15 mm. Marie Antoinette du Verne nous vient pour 4 jours. Visite des André Robert avec Guite Roulet qui attend son 3ème enfant. Elle s’est mariée le 19 mai 1936. Geneviève Jallenques en a 8.
13.2.11
JUIN 1939
1 Grand goûter à la Belouze, 9 tables de bridge, profusion de gâteaux. Nous laissons Miette à Nevers.
2 Premier vendredi. Je m’approche de la Sainte Table. Blois remplace le foyer du fourneau de la cuisine, qui n’a pas fait longtemps.
3 Mon rosaire. Nous allons aux Lieux Maslin et Normand pour voir des réparations aux fours et à une cheminée. Je ne passerai jamais une année sans faire venir les maçons. Retour par Fontallier.
4 La Trinité, beaucoup de fermiers sur la place, mais peu de monde à la messe.
5 Les d’Arcy viennent goûter en amenant leurs enfants et Madame d’Arcy mère qui est distinguée et parle agréablement.
6 M. Godemel vient passer 48 h pour visiter son territoire de chasse. Nous l’invitons à déjeuner avec les Bob Le Sueur. Miette passe son examen de la Croix Rouge.
7 Madame de Montrichard vient prendre une tasse de thé avec Marcelle, elle est bien aimable, mais bien naïve. Il tonne tout autour de nous, mais pas une goutte d’eau ici, on en a cependant bien besoin.
8 A ma fille Bernadette pour ses vingt ans.
Vingt ans ! le mois de mai, le printemps, la victoire,
Semblaient alors fleurir de bonheur ton berceau,
Dans tous les cœurs chantait l’espoir, divin oiseau
Après quatre ans de deuil, de massacre et de gloire,
Sur la France avec toi naissait le renouveau,
Si vingt ans ont passé, que j’ai peine à le croire
Quand je vois bien présent, au fond de ma mémoire
Un tout petit bébé que je trouvais très beau.
A ton baptême, ta patronne Bernadette
Prit sans doute un rayon au nimbe de sa tête
Pour orner ton front pur et ton cœur innocent.
Quelque soit l’avenir que le Bon Dieu t’assigne
De ce baptême heureux, montre toi toujours digne
Fidèle aux dons que tu recevais en naissant.
Bulhon 25 mai 1939 A de Riberolles
9 Je tousse, crache, mais je dors bien la nuit. Mon contemporain Gaston Julien meurt à St Léon. Nous faisons une visite à Buy, le jeune ménage est à Sermoise, en passant, il change souvent de lit.
10 Pluie. Nous invitons à goûter les Mathieu, d’Assigny, de Barreau, de Chalvron pour retrouver ici les Marcel Gozard qui ne viennent pas. Nous avons les Mollins et Marguerite Pinet.
11 Pluie 30 mm. Signe des temps. Dernièrement à Prye la Comtesse du Bourg avait 8 bridgeurs, elle les garde à dîner et leur sert de la salade cuite, des pruneaux et de la crème un point c’est tout ! Un autre jour, comme elle attendait de Paris des hôtes de marque, elle fait venir de Nevers un maître d’hôtel pour aider sa bonniche ; on lui envoie un serveur ventripotent et barbu. On aura tout vu dit-elle. Où est le temps où le Marquis Antonin recevait pour une battue, les Marquis de Rasilly, de St Sauveur, les Comtes de Valdner et d’Andlau, le baron de Bastard et moi-même, où le fidèle maître d’Hôtel Duvivier commandait à une armée de larbins. Quantum Mutatis. Fête Dieu. La procession ne peut sortir à cause de la pluie.
12 Pluie 10 mm. On gèle 12 °. J’allume un feu que je n’abandonne pas de toute la journée, toussant, crachant sans arrêt. Blanche de Boissoudy me fait part des fiançailles de Bernard avec Melle de Saint Germain. En l’absence de Marie Antoinette, Miette reçoit à dîner Simone de Sansal et Hervé.
13 Je soigne mon vieux catarrhe au coin du feu. Il y a 11° Marcelle va faire des commissions à Nevers.
14 Répétition du temps d’hier. Miette regagne Bulhon emmenant une jeune cuisinière.
15 Le temps s’améliore un peu, on rentre du foin, je tue des doryphores dans le jardin, les pommes de terre sont dévorées.
16 Geneviève Clayeux nous arrive à 2h ½ par le car pour quelques jours.
17 Hervé nous arrive pour passer demain son dimanche avec nous. Je me traîne jusque dans le pré des Petites Granges qu’on fauche et une fois de plus, je constate qu’il est de premier ordre.
18 Procession de la Fête Dieu. 60 femmes, 30 hommes, 12 Jacistes, beaucoup d’enfants, un reposoir sur le champ de foire, un autre dans la cour de l’école libre. Melles Talabot amènent Simone de Sansal qui fait une longue promenade avec Hervé pendant laquelle, ils doivent régler leurs accordailles. Tous vont dîner à la Garenne.
19 Marcelle conduit Geneviève à son domaine de Chamont, au retour, visite à Mme Sanglé-Ferrière.
20 Geneviève Clayeux part le matin et les Edmond Clayeux nous arrivent retour de Paris à 3 h du soir pour 24 h. Ma Bretonne a un veau femelle que je vais donner à Tâches pour en remplacer un crevé du flux de sang.
21 Temps gris, maussade. Visite de Marthe Robert avec son amie Madame Charleuf.
22 Pluie. Foire à St Pierre. Je vends assez avantageusement une de mes vaches Normandes et des petits cochons. A 3 h nous sonnons chez les Sansal et je fais la demande en mariage. Bien qu’Arthur ne connaisse pas Hervé, il paraît satisfait. Il me fait l’exposé de sa fortune qui est très belle. On donne 20 000 F de dot à Simone. De 4 h à 11 h ½, grande fête à Chevenon. Goûter en arrivant, bridge et danse pour la nombreuse jeunesse dans le hall. A 8 h dîner assis de 48 personnes, sur trois tables. Deux généraux et beaucoup de Berrichons. Le général Rietter à droite de la maîtresse de maison, moi à sa gauche. Après dîner, reprise du bridge et de la danse jusqu’à 11 h ½ accompagnés de petits fours et du champagne. Rien de la crise.
23 Le mariage du jeune Barberot est cassé au grand désespoir de sa grand-mère. Visite de Mesdames Grincour et Pennoret et ensuite des Gabriel Mathieu.
24 Pluie. Nous allons à Autun marier Solange du Gart avec M. Croizier, qui a une situation à Nancy. Il est bien plus distingué que le reste de sa famille. Belle cérémonie à la cathédrale, long défilé à la sacristie, déjeuner assis à l’hôtel Moderne, cent couverts. Je retrouve les Faulquier, d’Anglejan, Anginieur, La Planche, d’Etaulis, Champeaux etc. Hervé nous arrive pour dîner et coucher.
25 Pluie. Simone de Sansal débarque de l’autobus à Midi et ses parents viennent dîner avec nous et la ramènent à Nevers avec Hervé qui doit rentrer à Bourges par le train de 11 h. Parents et enfants ont l’air contents, moi compris. Visite de Guillaume du Verne.
26 Je me traîne jusqu’au Paturail Mâle où il y a 11 bêtes à cornes qui sont dans l’herbe jusqu’au ventre. Je n’ai jamais vu cela. Joly charron à Moiry fait pour le compte de M. Godemel une chambre dans le grenier de la garderie et un escalier pour y monter.
27 Visite des Bob Le Sueur.
28 Maroc, Maurice Jourdier est recalé à son bachot. Goûter au Crot noir avec les Cailles, Grincour, Chavigné, Gozard, Antoine Robert, Thonier.
29 Pluie. Marielle de La Brosse meurt à Paris. Je vais à Bergeron où Antoinette m’a prié de voir les réparations qu’il y a à faire dans son domaine. Elles sont importantes. Marcelle réunit à la permanence les présidentes de la Ligue de chaque commune du canton. Notre curé déjeune avec nous. Les Guillaume du Verne dînent avec nous. Suzanne me paraît aller bien mieux.
30 Louis et Josefa viennent dîner et coucher
2 Premier vendredi. Je m’approche de la Sainte Table. Blois remplace le foyer du fourneau de la cuisine, qui n’a pas fait longtemps.
3 Mon rosaire. Nous allons aux Lieux Maslin et Normand pour voir des réparations aux fours et à une cheminée. Je ne passerai jamais une année sans faire venir les maçons. Retour par Fontallier.
4 La Trinité, beaucoup de fermiers sur la place, mais peu de monde à la messe.
5 Les d’Arcy viennent goûter en amenant leurs enfants et Madame d’Arcy mère qui est distinguée et parle agréablement.
6 M. Godemel vient passer 48 h pour visiter son territoire de chasse. Nous l’invitons à déjeuner avec les Bob Le Sueur. Miette passe son examen de la Croix Rouge.
7 Madame de Montrichard vient prendre une tasse de thé avec Marcelle, elle est bien aimable, mais bien naïve. Il tonne tout autour de nous, mais pas une goutte d’eau ici, on en a cependant bien besoin.
8 A ma fille Bernadette pour ses vingt ans.
Vingt ans ! le mois de mai, le printemps, la victoire,
Semblaient alors fleurir de bonheur ton berceau,
Dans tous les cœurs chantait l’espoir, divin oiseau
Après quatre ans de deuil, de massacre et de gloire,
Sur la France avec toi naissait le renouveau,
Si vingt ans ont passé, que j’ai peine à le croire
Quand je vois bien présent, au fond de ma mémoire
Un tout petit bébé que je trouvais très beau.
A ton baptême, ta patronne Bernadette
Prit sans doute un rayon au nimbe de sa tête
Pour orner ton front pur et ton cœur innocent.
Quelque soit l’avenir que le Bon Dieu t’assigne
De ce baptême heureux, montre toi toujours digne
Fidèle aux dons que tu recevais en naissant.
Bulhon 25 mai 1939 A de Riberolles
9 Je tousse, crache, mais je dors bien la nuit. Mon contemporain Gaston Julien meurt à St Léon. Nous faisons une visite à Buy, le jeune ménage est à Sermoise, en passant, il change souvent de lit.
10 Pluie. Nous invitons à goûter les Mathieu, d’Assigny, de Barreau, de Chalvron pour retrouver ici les Marcel Gozard qui ne viennent pas. Nous avons les Mollins et Marguerite Pinet.
11 Pluie 30 mm. Signe des temps. Dernièrement à Prye la Comtesse du Bourg avait 8 bridgeurs, elle les garde à dîner et leur sert de la salade cuite, des pruneaux et de la crème un point c’est tout ! Un autre jour, comme elle attendait de Paris des hôtes de marque, elle fait venir de Nevers un maître d’hôtel pour aider sa bonniche ; on lui envoie un serveur ventripotent et barbu. On aura tout vu dit-elle. Où est le temps où le Marquis Antonin recevait pour une battue, les Marquis de Rasilly, de St Sauveur, les Comtes de Valdner et d’Andlau, le baron de Bastard et moi-même, où le fidèle maître d’Hôtel Duvivier commandait à une armée de larbins. Quantum Mutatis. Fête Dieu. La procession ne peut sortir à cause de la pluie.
12 Pluie 10 mm. On gèle 12 °. J’allume un feu que je n’abandonne pas de toute la journée, toussant, crachant sans arrêt. Blanche de Boissoudy me fait part des fiançailles de Bernard avec Melle de Saint Germain. En l’absence de Marie Antoinette, Miette reçoit à dîner Simone de Sansal et Hervé.
13 Je soigne mon vieux catarrhe au coin du feu. Il y a 11° Marcelle va faire des commissions à Nevers.
14 Répétition du temps d’hier. Miette regagne Bulhon emmenant une jeune cuisinière.
15 Le temps s’améliore un peu, on rentre du foin, je tue des doryphores dans le jardin, les pommes de terre sont dévorées.
16 Geneviève Clayeux nous arrive à 2h ½ par le car pour quelques jours.
17 Hervé nous arrive pour passer demain son dimanche avec nous. Je me traîne jusque dans le pré des Petites Granges qu’on fauche et une fois de plus, je constate qu’il est de premier ordre.
18 Procession de la Fête Dieu. 60 femmes, 30 hommes, 12 Jacistes, beaucoup d’enfants, un reposoir sur le champ de foire, un autre dans la cour de l’école libre. Melles Talabot amènent Simone de Sansal qui fait une longue promenade avec Hervé pendant laquelle, ils doivent régler leurs accordailles. Tous vont dîner à la Garenne.
19 Marcelle conduit Geneviève à son domaine de Chamont, au retour, visite à Mme Sanglé-Ferrière.
20 Geneviève Clayeux part le matin et les Edmond Clayeux nous arrivent retour de Paris à 3 h du soir pour 24 h. Ma Bretonne a un veau femelle que je vais donner à Tâches pour en remplacer un crevé du flux de sang.
21 Temps gris, maussade. Visite de Marthe Robert avec son amie Madame Charleuf.
22 Pluie. Foire à St Pierre. Je vends assez avantageusement une de mes vaches Normandes et des petits cochons. A 3 h nous sonnons chez les Sansal et je fais la demande en mariage. Bien qu’Arthur ne connaisse pas Hervé, il paraît satisfait. Il me fait l’exposé de sa fortune qui est très belle. On donne 20 000 F de dot à Simone. De 4 h à 11 h ½, grande fête à Chevenon. Goûter en arrivant, bridge et danse pour la nombreuse jeunesse dans le hall. A 8 h dîner assis de 48 personnes, sur trois tables. Deux généraux et beaucoup de Berrichons. Le général Rietter à droite de la maîtresse de maison, moi à sa gauche. Après dîner, reprise du bridge et de la danse jusqu’à 11 h ½ accompagnés de petits fours et du champagne. Rien de la crise.
23 Le mariage du jeune Barberot est cassé au grand désespoir de sa grand-mère. Visite de Mesdames Grincour et Pennoret et ensuite des Gabriel Mathieu.
24 Pluie. Nous allons à Autun marier Solange du Gart avec M. Croizier, qui a une situation à Nancy. Il est bien plus distingué que le reste de sa famille. Belle cérémonie à la cathédrale, long défilé à la sacristie, déjeuner assis à l’hôtel Moderne, cent couverts. Je retrouve les Faulquier, d’Anglejan, Anginieur, La Planche, d’Etaulis, Champeaux etc. Hervé nous arrive pour dîner et coucher.
25 Pluie. Simone de Sansal débarque de l’autobus à Midi et ses parents viennent dîner avec nous et la ramènent à Nevers avec Hervé qui doit rentrer à Bourges par le train de 11 h. Parents et enfants ont l’air contents, moi compris. Visite de Guillaume du Verne.
26 Je me traîne jusqu’au Paturail Mâle où il y a 11 bêtes à cornes qui sont dans l’herbe jusqu’au ventre. Je n’ai jamais vu cela. Joly charron à Moiry fait pour le compte de M. Godemel une chambre dans le grenier de la garderie et un escalier pour y monter.
27 Visite des Bob Le Sueur.
28 Maroc, Maurice Jourdier est recalé à son bachot. Goûter au Crot noir avec les Cailles, Grincour, Chavigné, Gozard, Antoine Robert, Thonier.
29 Pluie. Marielle de La Brosse meurt à Paris. Je vais à Bergeron où Antoinette m’a prié de voir les réparations qu’il y a à faire dans son domaine. Elles sont importantes. Marcelle réunit à la permanence les présidentes de la Ligue de chaque commune du canton. Notre curé déjeune avec nous. Les Guillaume du Verne dînent avec nous. Suzanne me paraît aller bien mieux.
30 Louis et Josefa viennent dîner et coucher
12.2.11
MAI 1939
1 +2°. Tous les jours la température baisse. Crotat me conduit à Tâches où heureusement rien n’est gelé. Vivien tire de la pierre dans ma carrière. Les Edmond Clayeux déjeunent avec nous en se rendant à Paris. Lettre de Marcelle, le voyage à Colmar s’est bien effectué.
2 +7°. J’achète pour 8 F une brosse à dents. J’en achetais dans ma jeunesse à Paris une ½ douzaine pour 5 F chez Janes et elles étaient parfaites.
3 Mon métayer des Petites Granges m’amène une corde de bois. Coût 29 F d’octroi. Les DCA sont démobilisés du Bourg et Faverges rentrent dans leurs foyers.
4 Mes petites filles offrent à goûter à Mesdemoiselles Talabot, Roche, Tullier, de Villaines, de Sansal, de la Grieux. Je me commande un complet chez Masclet, 950 F.
5 Légère pluie. Premier vendredi, je m’approche de la Sainte Table. Crotat m’amène à Tâches où tout pousse. Les récoltes ont bonne apparence. Là où on répand du nitrate de chaux cela fait merveille dans les blés, malheureusement ça coûte trop cher.
6 Marcelle revient de Colmar. Roger et Jean de La Brosse viennent passer 36 h avec nous.
7 Pluie. Réunion de l’Union Catholique au Clos sous la Présidence du général de Castelnau qui porte allègrement ses 88 ans. Beaucoup d’hommes venus de tout le département.
8 La Kermesse du Refuge de Melle Bourgeois bat son plein, mes filles sont vendeuses.
9 Les Talabot nous offrent un excellent déjeuner à la Garenne. Cette année le muguet qui forme un épais tapis dans le parc n’a pas fleuri au grand désespoir des habitants de Fourchambault qui chaque année viennent y faire une fête qui réunit 7 000 personnes, avec musique du régiment, bal champêtre etc. sous la surveillance des anciens combattants de la localité qui alimentent leur caisse en faisant payer 1 f d’entrée par personne.
10 Les Riberolles nous quittent, déjeunent aux Gouttes en passant. Ils nous laissent Miette qui continue à suivre son cours de la Croix Rouge. Marcelle et la petite dînent chez les Guillemain avec Brunet.
11 Marcelle va à Tâches avec Fernand pour nettoyer la maison. Visite de madame de Montrichard, retour de Cambo, où elle a laissé Gaby en très lente convalescence. Madame Barbin me donne un fauteuil à recouvrir avec des sapins de la reine.
12 Vendredi. Messe 9 H et mois de Marie 8 H.
13 Pluie. Banquet de la Société d’Agriculture salle Vauban et bien que le déjeuner soit à 35 F par tête, il y avait 250 convives. 3 beaux discours de Soultrait, Bardin et du sénateur Provost-Dumarchais, très pessimiste celui la. J’étais à côté de Roger de La Brosse. Goûter-Bridge chez Madame Guillier dans l’hôtel Maumigny. Je joue avec la jolie Madame Mauban. Foire à Nevers, les petits cochons très chers, pas de bovin, sauf des vaches Normandes.
14 Dimanche. Fête de Jeanne d’Arc. A 8 h j’entends chez les sœurs de l’Assomption une très belle conférence faite par Léon Adenot. A 9h ½ j’assiste à la caserne Pittié à une prise d’armes du 19ème de Ligne. Régiment très bien tenu par le Cel Barth qui prononce en quelques mots un superbe panégyrique de la sainte, bien qu’on prétende qu’il a des idées très avancées. A 11 h dans la cathédrale qui est plus pleine que jamais, le père Amable qui nous est bien connu, fait un magnifique sermon. A 2 h, je vais au Magestic. A 5 h Bridge chez Marguerite Pinet.
15 La pluie s’arrête à midi pour nous permettre de venir nous installer à Tâches agréablement. La camionnette d’Aïn Kala nous rend grand service.
16 Je fais une tournée agricole, tout est inondé, on ne va pas faire les betteraves, il y a de l’herbe, mais les animaux ne profitent pas, il fait trop froid. Le poêle du vestibule est agréable.
17 Je reçois mes bordereaux de 39, j’en ai pour 29 500, grosse augmentation. Nous allons à Meauce chercher une cuisinière pour Edith. Ca ne convient pas.
18 Ascension. Je m’approche de la Sainte Table. Visite aux Le Sueur. Je vends à Callot une pouliche de deux ans 4 800 F, prix jamais atteint jusqu’à ce jour. Pénurie de chevaux en France.
19 Pluie. Nous allons à Nevers où nous emmenons la femme du garde qui vient voir son fils qui est au petit séminaire et ma cuisinière qui se fait faire des piqures pour sa grossesse. Miette a été un peu fatiguée hier en revenant à bicyclette de la Garenne, elle prétend que cela vient du foie. J’ai perdu 4 agneaux en 3 jours, ils ont le ténia comme des chiens. Je consulte Mongy, vétérinaire départemental qui me dit que ce n’est pas cela qui les fait crever subitement, mais plutôt de l’entéro-toxémie et qu’il faut les purger. En 1925 j’avais déjà vu le ténia.
20 Pendant que je montre au garde Jeanty les limites de la propriété, Marcelle va prendre une tasse de thé avec madame de Montrichard.
21 Dimanche. Somptueux goûter chez les d’Arcy de 5 à 7. On passe sans arrêt, champagne, glaces et petits fours. 4 tables de bridge.
22 Les Montrichard m’amènent à Decize à l’enterrement du comte Etienne de Dreux Brezé (76 ans). Il y avait foule. Jumillac m’invite à déjeuner à Germancy, je refuse étant déjà invité à la Chasseigne. Un cinquième agneau crève aux Petites Granges, je le porte à Nevers au service vétérinaire pour autopsie.
23 Marcelle va chercher à Nevers Miette qui est en pension chez Marie Antoinette parce qu’elle a mal à la gorge.
24 Bonnichon, appelé trouve un peu d’angine 38,6. Suzanne du Verne qui devait venir passer quelques jours avec nous pendant que Guillaume visite ses vignes d’Algérie, trouve plus prudent de s’abstenir par peur de la contagion. Gouter excellent aux Ferrières chez Madame Marcelle Gozard avec les La Celle, Durye, Chatelperron, Melle de Riboin, Toytot, Chavigné etc.
25 Foire à St Pierre. Goûter à Fontallier, présence Comtesse de Mandelot, de Chavigné, les Chambon, du Part, Gozard, Talabot, Dézautière, Valois. Après dîner nous avons la visite des Bob Le Sueur.
26 Jeannot nous amène ses oncle et tante. La pauvre Berthe nous annonce avec chagrin qu’on vient de la remplacer à la Présidence de la Ligue par Madame Anginieur et comme cette fonction lui rapportait 560 F par mois, elle se demande comment ils vont vivre maintenant.
27 J’ai des frissons une partie de la journée, sans raison. Marcelle va bien.
28 Pentecôte, première communion à St Parize, belle cérémonie, beaucoup de monde, nombreux étrangers. De 5 à 7 visite de Madame de Sansal avec Simone et Jean à la grande joie de Miette et Hervé qui nous est arrivé par Bourges avec 8 jours de perm.
29 Marcelle prête sa voiture aux enfants pour aller goûter à la Garenne. Hervé la ramène et Miette reste à Nevers. Les du Part viennent faire un bridge intime.
30 Nous allons déjeuner à Dornes avec Mesdames de Rohan Chabot, d’Orcet, et de Champeaux. Miette revient pour dîner. Elle a déjeuné ce matin à l’hôtel de France avec Hervé qui avait pour invités M. de Gruly, Simone et Jean de Sansal.
31 Je vais avec le garde jusqu’au Rond de Bord avec l’âne et de là je lui fais visiter la Ravie que je n’avais pas vu depuis plusieurs années.
2 +7°. J’achète pour 8 F une brosse à dents. J’en achetais dans ma jeunesse à Paris une ½ douzaine pour 5 F chez Janes et elles étaient parfaites.
3 Mon métayer des Petites Granges m’amène une corde de bois. Coût 29 F d’octroi. Les DCA sont démobilisés du Bourg et Faverges rentrent dans leurs foyers.
4 Mes petites filles offrent à goûter à Mesdemoiselles Talabot, Roche, Tullier, de Villaines, de Sansal, de la Grieux. Je me commande un complet chez Masclet, 950 F.
5 Légère pluie. Premier vendredi, je m’approche de la Sainte Table. Crotat m’amène à Tâches où tout pousse. Les récoltes ont bonne apparence. Là où on répand du nitrate de chaux cela fait merveille dans les blés, malheureusement ça coûte trop cher.
6 Marcelle revient de Colmar. Roger et Jean de La Brosse viennent passer 36 h avec nous.
7 Pluie. Réunion de l’Union Catholique au Clos sous la Présidence du général de Castelnau qui porte allègrement ses 88 ans. Beaucoup d’hommes venus de tout le département.
8 La Kermesse du Refuge de Melle Bourgeois bat son plein, mes filles sont vendeuses.
9 Les Talabot nous offrent un excellent déjeuner à la Garenne. Cette année le muguet qui forme un épais tapis dans le parc n’a pas fleuri au grand désespoir des habitants de Fourchambault qui chaque année viennent y faire une fête qui réunit 7 000 personnes, avec musique du régiment, bal champêtre etc. sous la surveillance des anciens combattants de la localité qui alimentent leur caisse en faisant payer 1 f d’entrée par personne.
10 Les Riberolles nous quittent, déjeunent aux Gouttes en passant. Ils nous laissent Miette qui continue à suivre son cours de la Croix Rouge. Marcelle et la petite dînent chez les Guillemain avec Brunet.
11 Marcelle va à Tâches avec Fernand pour nettoyer la maison. Visite de madame de Montrichard, retour de Cambo, où elle a laissé Gaby en très lente convalescence. Madame Barbin me donne un fauteuil à recouvrir avec des sapins de la reine.
12 Vendredi. Messe 9 H et mois de Marie 8 H.
13 Pluie. Banquet de la Société d’Agriculture salle Vauban et bien que le déjeuner soit à 35 F par tête, il y avait 250 convives. 3 beaux discours de Soultrait, Bardin et du sénateur Provost-Dumarchais, très pessimiste celui la. J’étais à côté de Roger de La Brosse. Goûter-Bridge chez Madame Guillier dans l’hôtel Maumigny. Je joue avec la jolie Madame Mauban. Foire à Nevers, les petits cochons très chers, pas de bovin, sauf des vaches Normandes.
14 Dimanche. Fête de Jeanne d’Arc. A 8 h j’entends chez les sœurs de l’Assomption une très belle conférence faite par Léon Adenot. A 9h ½ j’assiste à la caserne Pittié à une prise d’armes du 19ème de Ligne. Régiment très bien tenu par le Cel Barth qui prononce en quelques mots un superbe panégyrique de la sainte, bien qu’on prétende qu’il a des idées très avancées. A 11 h dans la cathédrale qui est plus pleine que jamais, le père Amable qui nous est bien connu, fait un magnifique sermon. A 2 h, je vais au Magestic. A 5 h Bridge chez Marguerite Pinet.
15 La pluie s’arrête à midi pour nous permettre de venir nous installer à Tâches agréablement. La camionnette d’Aïn Kala nous rend grand service.
16 Je fais une tournée agricole, tout est inondé, on ne va pas faire les betteraves, il y a de l’herbe, mais les animaux ne profitent pas, il fait trop froid. Le poêle du vestibule est agréable.
17 Je reçois mes bordereaux de 39, j’en ai pour 29 500, grosse augmentation. Nous allons à Meauce chercher une cuisinière pour Edith. Ca ne convient pas.
18 Ascension. Je m’approche de la Sainte Table. Visite aux Le Sueur. Je vends à Callot une pouliche de deux ans 4 800 F, prix jamais atteint jusqu’à ce jour. Pénurie de chevaux en France.
19 Pluie. Nous allons à Nevers où nous emmenons la femme du garde qui vient voir son fils qui est au petit séminaire et ma cuisinière qui se fait faire des piqures pour sa grossesse. Miette a été un peu fatiguée hier en revenant à bicyclette de la Garenne, elle prétend que cela vient du foie. J’ai perdu 4 agneaux en 3 jours, ils ont le ténia comme des chiens. Je consulte Mongy, vétérinaire départemental qui me dit que ce n’est pas cela qui les fait crever subitement, mais plutôt de l’entéro-toxémie et qu’il faut les purger. En 1925 j’avais déjà vu le ténia.
20 Pendant que je montre au garde Jeanty les limites de la propriété, Marcelle va prendre une tasse de thé avec madame de Montrichard.
21 Dimanche. Somptueux goûter chez les d’Arcy de 5 à 7. On passe sans arrêt, champagne, glaces et petits fours. 4 tables de bridge.
22 Les Montrichard m’amènent à Decize à l’enterrement du comte Etienne de Dreux Brezé (76 ans). Il y avait foule. Jumillac m’invite à déjeuner à Germancy, je refuse étant déjà invité à la Chasseigne. Un cinquième agneau crève aux Petites Granges, je le porte à Nevers au service vétérinaire pour autopsie.
23 Marcelle va chercher à Nevers Miette qui est en pension chez Marie Antoinette parce qu’elle a mal à la gorge.
24 Bonnichon, appelé trouve un peu d’angine 38,6. Suzanne du Verne qui devait venir passer quelques jours avec nous pendant que Guillaume visite ses vignes d’Algérie, trouve plus prudent de s’abstenir par peur de la contagion. Gouter excellent aux Ferrières chez Madame Marcelle Gozard avec les La Celle, Durye, Chatelperron, Melle de Riboin, Toytot, Chavigné etc.
25 Foire à St Pierre. Goûter à Fontallier, présence Comtesse de Mandelot, de Chavigné, les Chambon, du Part, Gozard, Talabot, Dézautière, Valois. Après dîner nous avons la visite des Bob Le Sueur.
26 Jeannot nous amène ses oncle et tante. La pauvre Berthe nous annonce avec chagrin qu’on vient de la remplacer à la Présidence de la Ligue par Madame Anginieur et comme cette fonction lui rapportait 560 F par mois, elle se demande comment ils vont vivre maintenant.
27 J’ai des frissons une partie de la journée, sans raison. Marcelle va bien.
28 Pentecôte, première communion à St Parize, belle cérémonie, beaucoup de monde, nombreux étrangers. De 5 à 7 visite de Madame de Sansal avec Simone et Jean à la grande joie de Miette et Hervé qui nous est arrivé par Bourges avec 8 jours de perm.
29 Marcelle prête sa voiture aux enfants pour aller goûter à la Garenne. Hervé la ramène et Miette reste à Nevers. Les du Part viennent faire un bridge intime.
30 Nous allons déjeuner à Dornes avec Mesdames de Rohan Chabot, d’Orcet, et de Champeaux. Miette revient pour dîner. Elle a déjeuné ce matin à l’hôtel de France avec Hervé qui avait pour invités M. de Gruly, Simone et Jean de Sansal.
31 Je vais avec le garde jusqu’au Rond de Bord avec l’âne et de là je lui fais visiter la Ravie que je n’avais pas vu depuis plusieurs années.
11.2.11
AVRIL 1939
1 +2°. C’est samedi, visite des Le Sueur. Joseph Saglio meurt à 79 ans. Les Tuffier héritent de lui.
2 Après vespres, je vais voir Mme Pinet et Jean Guillemain qui est toujours dans le plâtre. Marie Thérèse me fait compliment de la conférence qu’Augustin a faite devant quelques dames du PSF, fidèles au Colonel de La Roque.
3 Pluie. La Comtesse d’Armaillé morte à Paris dans une clinique est enterrée à Isenay. Après la cérémonie, au Tremblay déjeuner de 200 personnes servi par un traiteur de Nevers.
4 Hervé a 24 ans ce jour. René de Savigny est fiancé à Melle Duhail petite fille de Victor de La Brosse. Godemel vient de la Drôme pour arrêter un garde des environs de Paris chez Xavier Riant, il s’installera à Tâches dans un mois. Sabine de Salvert met au monde un marquis.
5 Pluie. Nous allons à Tâches. Un veau crevé au domaine, les prés à blanc d’eau. En passant, arrêt à Planchevienne où lesRouville et Jacques sont installés pour les vacances. Nous avons la visite de Madame d’Arcy née Lamotte. Son mari est directeur des chemins de fer économiques et la compagnie les loge dans une maison appartenant à Melle Meynier, leur tante avec laquelle ils sont brouillés.
6 Jeudi Saint. Beaucoup de monde aux reposoirs.
7 Cécile nous arrive de Colmar et les Valence vont à Boutavent.
8 Samedi Saint. Nous avons à déjeuner les trois Villeneuve, les Henri de Rouville et Jacques de La Brosse en vacances à Planchevienne.
9 Pâques. Beaucoup de communion à la messe des hommes pour clôture de la mission. Mes filles goûtent à la Baratte et Marguerite Pinet et le Cel d’Assigny font mon bridge.
10 +12°. Goûter chez Téséa de Toytot. Marielle d’Arcy nous amène son mari qui est bien.
11 Bruits de guerre très alarmants. On rappelle les permissionnaires. Hervé ne peut pas venir. Nous faisons une visite au Banlay, ensuite Marcelle conduit Marie de Courrège et deux de ses fils à Limont. Visite de Gabriel de Montrichard.
12 Marcelle emmène les petites d’Assigny et Rouville déjeuner sur l’herbe à Tâches. Les bruits de guerre augmentent. Cécile va aux Gouttes.
13 +15°. Elle en revient. Les Valence en permission à Boutavent devaient la ramener, mais Jean a été rappelé à Colmar le 11 et Yvonne va le retrouver le lendemain avec son auto pour ramener ses choses précieuses si la guerre éclate.
14 Pluie bienfaisante. Nous avons invité pour un goûter en l’honneur des Valence qui ne sont pas là. Présence des d’Arcy, Servois, Pazzis, Marcy, Villaines, Mollins, Massias, Faverges, Macquart-Moulin, Bouchacourt, Simone d’Assigny, Guillaume du Verne. Refusé La Ronde.
15 Marcelle, Cécile, Augustin et moi déjeunons à Vauban avec les 4 enfants de Jean qui sont charmants. Au retour visite aux Thoury qui sont absents.
16 Dimanche. L’Union Catholique du canton se réunit à St Parize. Assistance nombreuse à la messe, conférence à l’école libre sous la présidence de M. Flandin qui parle admirablement, déjeuner de 72 couverts chez Chapon, j’ai la chance d’avoir Armand de Montrichard comme voisin. A 4 h, chant du Credo à l’église. Miette va au devant d’Yvonne qui est de retour à Boutavent et à 6 h du soir l’auto entre dans ma cour. Yvonne a un peu maigri, mais sa fille est superbe. L’heure nouvelle commence.
17 Pluie. Marie Thérèse Pinet apporte le résultat de la vente qui a produit 60 000, plus qu’il y a deux ans. Le comptoir de mes filles a fait 10 000.
18 Magdeleine du Part nous fait part des fiançailles de Solange avec Henri Croizier. Nous allons à Tâches recevoir Jeanty, le garde de Godemel qui a 6 enfants, il faut aviser pour les loger. Cécile nous quitte, elle ne peut pas perdre de vue Rennes pendant bien longtemps.
19 Yvonne conduit Marcelle faire une visite à Beunas chez les Chalvron, pendant qu’avec les Riberolles nous goûtons chez les d’Arcy, où nous trouvons les Mollins, Toytot, Boisselet, et 6 Béchard. Marielle fait très bien les honneurs de chez elle.
20 Les Charles Tiersonnier déjeunent avec nous. A 3 h, Geneviève et Antoine Clayeux passent à la maison, retour du Chamont que mon beau frère leur a abandonné. Celui-ci a aujourd’hui ses 93 ans.
21 Henri de Faverges mobilisé à Nevers déjeune à la maison. Dames, filles et Jacqueline goûtent à La Garenne. Yvonne devait retourner demain à Colmar, Jean lui télégraphie d’attendre, les événements sont encore trop inquiétants.
22 Goûter bridge chez Jeanne de Mollins.
23 Pluie. 600 sous officiers de réserve des départements voisins défilent dans les rues pavoisées de la ville, déposent des couronnes devant le monument aux morts, rallument la flamme, banquet, bal.
24 Pluie. A une vente aux enchères dans un domaine de Bichy, j’achète pour 2 860 F une laitière Normande qui avait coûté 5 200 en février chez Dupard.
25 Marcelle assiste à l’arrivée à Tâches du garde Jeanty et de sa nombreuse famille, tous lui font bonne impression.
26 Pluie. Je vais à l’hôpital voir Henri de Faverges qui y est rentré pour une phlébite.
27 Je fais un bridge chez le Cel d’Assigny avec Marguerite Pinet et la Comtesse du Bourg dont le mari est mobilisé à Nevers à la DCA.
28 +5°. Nous allons à Tâches avec Yvonne. Il fait un froid noir. On parle du discours d’Hitler et de la guerre.
29 +4°. A 9 h, dépêche de Jean, attends famille ce soir. Grand branle-bas. On remplit l’auto de bagages, on déjeune à 11 h ½ et à midi, Yvonne au volant, Marcelle avec Jacqueline sur ses genoux on part pour Colmar. Goûter chez Simone d’Assigny, 4 tables de bridge.
30 +3°. Hervé vient passer la journée avec nous. Je l’emmène au cinéma. Mes petites filles habillées en infirmières vendent dans les rues des insignes de la Croix Rouge.
2 Après vespres, je vais voir Mme Pinet et Jean Guillemain qui est toujours dans le plâtre. Marie Thérèse me fait compliment de la conférence qu’Augustin a faite devant quelques dames du PSF, fidèles au Colonel de La Roque.
3 Pluie. La Comtesse d’Armaillé morte à Paris dans une clinique est enterrée à Isenay. Après la cérémonie, au Tremblay déjeuner de 200 personnes servi par un traiteur de Nevers.
4 Hervé a 24 ans ce jour. René de Savigny est fiancé à Melle Duhail petite fille de Victor de La Brosse. Godemel vient de la Drôme pour arrêter un garde des environs de Paris chez Xavier Riant, il s’installera à Tâches dans un mois. Sabine de Salvert met au monde un marquis.
5 Pluie. Nous allons à Tâches. Un veau crevé au domaine, les prés à blanc d’eau. En passant, arrêt à Planchevienne où lesRouville et Jacques sont installés pour les vacances. Nous avons la visite de Madame d’Arcy née Lamotte. Son mari est directeur des chemins de fer économiques et la compagnie les loge dans une maison appartenant à Melle Meynier, leur tante avec laquelle ils sont brouillés.
6 Jeudi Saint. Beaucoup de monde aux reposoirs.
7 Cécile nous arrive de Colmar et les Valence vont à Boutavent.
8 Samedi Saint. Nous avons à déjeuner les trois Villeneuve, les Henri de Rouville et Jacques de La Brosse en vacances à Planchevienne.
9 Pâques. Beaucoup de communion à la messe des hommes pour clôture de la mission. Mes filles goûtent à la Baratte et Marguerite Pinet et le Cel d’Assigny font mon bridge.
10 +12°. Goûter chez Téséa de Toytot. Marielle d’Arcy nous amène son mari qui est bien.
11 Bruits de guerre très alarmants. On rappelle les permissionnaires. Hervé ne peut pas venir. Nous faisons une visite au Banlay, ensuite Marcelle conduit Marie de Courrège et deux de ses fils à Limont. Visite de Gabriel de Montrichard.
12 Marcelle emmène les petites d’Assigny et Rouville déjeuner sur l’herbe à Tâches. Les bruits de guerre augmentent. Cécile va aux Gouttes.
13 +15°. Elle en revient. Les Valence en permission à Boutavent devaient la ramener, mais Jean a été rappelé à Colmar le 11 et Yvonne va le retrouver le lendemain avec son auto pour ramener ses choses précieuses si la guerre éclate.
14 Pluie bienfaisante. Nous avons invité pour un goûter en l’honneur des Valence qui ne sont pas là. Présence des d’Arcy, Servois, Pazzis, Marcy, Villaines, Mollins, Massias, Faverges, Macquart-Moulin, Bouchacourt, Simone d’Assigny, Guillaume du Verne. Refusé La Ronde.
15 Marcelle, Cécile, Augustin et moi déjeunons à Vauban avec les 4 enfants de Jean qui sont charmants. Au retour visite aux Thoury qui sont absents.
16 Dimanche. L’Union Catholique du canton se réunit à St Parize. Assistance nombreuse à la messe, conférence à l’école libre sous la présidence de M. Flandin qui parle admirablement, déjeuner de 72 couverts chez Chapon, j’ai la chance d’avoir Armand de Montrichard comme voisin. A 4 h, chant du Credo à l’église. Miette va au devant d’Yvonne qui est de retour à Boutavent et à 6 h du soir l’auto entre dans ma cour. Yvonne a un peu maigri, mais sa fille est superbe. L’heure nouvelle commence.
17 Pluie. Marie Thérèse Pinet apporte le résultat de la vente qui a produit 60 000, plus qu’il y a deux ans. Le comptoir de mes filles a fait 10 000.
18 Magdeleine du Part nous fait part des fiançailles de Solange avec Henri Croizier. Nous allons à Tâches recevoir Jeanty, le garde de Godemel qui a 6 enfants, il faut aviser pour les loger. Cécile nous quitte, elle ne peut pas perdre de vue Rennes pendant bien longtemps.
19 Yvonne conduit Marcelle faire une visite à Beunas chez les Chalvron, pendant qu’avec les Riberolles nous goûtons chez les d’Arcy, où nous trouvons les Mollins, Toytot, Boisselet, et 6 Béchard. Marielle fait très bien les honneurs de chez elle.
20 Les Charles Tiersonnier déjeunent avec nous. A 3 h, Geneviève et Antoine Clayeux passent à la maison, retour du Chamont que mon beau frère leur a abandonné. Celui-ci a aujourd’hui ses 93 ans.
21 Henri de Faverges mobilisé à Nevers déjeune à la maison. Dames, filles et Jacqueline goûtent à La Garenne. Yvonne devait retourner demain à Colmar, Jean lui télégraphie d’attendre, les événements sont encore trop inquiétants.
22 Goûter bridge chez Jeanne de Mollins.
23 Pluie. 600 sous officiers de réserve des départements voisins défilent dans les rues pavoisées de la ville, déposent des couronnes devant le monument aux morts, rallument la flamme, banquet, bal.
24 Pluie. A une vente aux enchères dans un domaine de Bichy, j’achète pour 2 860 F une laitière Normande qui avait coûté 5 200 en février chez Dupard.
25 Marcelle assiste à l’arrivée à Tâches du garde Jeanty et de sa nombreuse famille, tous lui font bonne impression.
26 Pluie. Je vais à l’hôpital voir Henri de Faverges qui y est rentré pour une phlébite.
27 Je fais un bridge chez le Cel d’Assigny avec Marguerite Pinet et la Comtesse du Bourg dont le mari est mobilisé à Nevers à la DCA.
28 +5°. Nous allons à Tâches avec Yvonne. Il fait un froid noir. On parle du discours d’Hitler et de la guerre.
29 +4°. A 9 h, dépêche de Jean, attends famille ce soir. Grand branle-bas. On remplit l’auto de bagages, on déjeune à 11 h ½ et à midi, Yvonne au volant, Marcelle avec Jacqueline sur ses genoux on part pour Colmar. Goûter chez Simone d’Assigny, 4 tables de bridge.
30 +3°. Hervé vient passer la journée avec nous. Je l’emmène au cinéma. Mes petites filles habillées en infirmières vendent dans les rues des insignes de la Croix Rouge.
10.2.11
MARS 1939
1 Je ne peux pas m’entendre avec les ingénieurs d’Imphy pour louer la chasse de Tâches. Ils ne veulent pas mettre de garde, me laissant cette charge.
2 Le cardinal Pacelli est nommé Pape (63 ans) et devient Pie XII.
3 Premier Vendredi. Je m’approche de la Sainte Table. Nous allons à Tâches par un temps splendide. Mes métayers font leurs affaires. Chicon m’annonce qu’il a acheté une auto. Me voila encore obligé de lui payer des portes pour un garage.
4 Pluie. La Comtesse Lafond nous fait l’honneur et le plaisir de déjeuner avec nous. Bridge peu intéressant avec le vieux Ch. Tiersonnier qui ne voit plus clair.
5 Dimanche. Augustin fait chez les sœurs de l’Assomption une conférence très intéressante sur l’armée. Madame de Marcy m’arrive de bonne heure pour bridger, j’envoie chercher Béchard pour faire un 4ème. Pendant que les Villaines attirent mes petites filles au cinéma, mes filles emmènent Jeanne de Mollins chez les La Ronde et chez les Guény à Dumphlun.
6 +10°. Madame Marandat est dans la joie, son petit fils Barberot est fiancé à Melle Dubreuil de Troyes. Bridge intime chez Madame de Lécluze. Je ne touche qu’une partie de mon blé livré à la coopérative. L’Etat n’a plus le sou.
7 Pluie. Visite des Antoine Robert et des Gabriel Mathieu.
8 0°. Pluie abondante. M. Joseph Godemel vient de Valence pour visiter la chasse de Taches que je lui montre. Nous nous entendons pour la location.
9 Neige le matin. Marcelle va à Tâches. Elle m’apprend qu’une jument s’est avortée aux Petites Granges. C’est la seconde sur 6 de ma régie, c’est trop ! Nous avons à déjeuner Melle Tissier directrice de l’école libre de St Parize. Ma fille la protège beaucoup, elle le mérite.
10 Les Riberolles partent pour passer 48 h à Bulhon en passant à Vichy, ils doivent voir le docteur Desmilleur.
11 Foire à Nevers. Plus de bovins que d’habitude qui se vendent assez bien.
12 Pluie. Une retraite prêchée par un dominicain commence dans la ville. Trois tables de bridge chez Béchard.
13 Les Riberolles reviennent de Bulhon où ils n’ont pas eu chaud.
14 Neige. Je vais à Tâches, je vends à Taillardat 26 chênes et à Jacquelin 10 ormes et 2 noyers à 110 le m3. Nous avons à dîner Mesdames Guillemain et de Chalvron et le ménage Antoine Robert.
15 Journée froide et maussade.
16 -2°. Les Mathieu me mènent à Beaumont où il y a 3 tables de bridge avec les Servois, les Marcy, les Pazzis.
17 Neige. On gèle à la cathédrale, mes petites filles conduisent leurs amies goûter à La Garenne.
18 -3°. Mes filles et petites filles vont déjeuner à Bourges chez Valérie de Goy. Elles ramènent Hervé pour son dimanche. Chez les Mollins bridge dîner de 7 h du soir à minuit, 60 personnes sans moi.
19 Dimanche. Marguerite Pinet, Marguerite Marie de Lécluse et le Cel d’Assigny viennent bridger. Quête des églises pauvres 1 800 F.
20 -3°. Je communie en l’honneur de St Joseph. Mes petites vont servir le déjeuner des vieux chez les petites sœurs des pauvres. Bridge intime chez Madame de Lécluse.
21 Pluie. Marcelle va à Tâches par temps horrible, pour réunir ses ligueuses. Elle se trompe de jour, ce n’est que demain qu’elles sont convoquées. Aux Petites Granges un poulain crevé manque de soins. 2 Tables de bridge chez Madame de Sansal.
22 Pluie. 2 tables de Bridge à la maison : Pinet, Sansal, Mollins, de Lécluse. Marcelle fait sa réunion manquée hier.
23 Pluie, vent neige. Bruits de guerre, mauvaise foire à St Pierre. Nous avons à déjeuner deux sœurs quêteuses, d’Avermes et Nicole d’Assigny. Visite de Denise Boigues pas changée au physique, mais bien sourde.
24 0°. Charles Tiersonnier déjeune avec nous pendant que Berthe est à Paris appelée par la Ligue. Les Pazzis qui ont péché un étang nous apportent une belle carpe.
25 -2°. Visite des Le Sueur comme tous les samedis. J’ai mal à la tête pendant 4 heures, je reprends de la digitaline.
26 -2°. Mes filles et Augustin vont goûter à Sury. Je descends à la place Mossé voir jouer aux boules par un froid glacial. Les églises sont pleines grâce à la mission.
27 -2°. Avec Augustin je fais le tour des Argougnot qu’on demande à acheter. Nous trouvons Favier bien fatigué. Cécile écrit de Colmar.
28 -3°. Je vais à 3 h à la cathédrale où malgré le froid il y a beaucoup de monde. J’entends le père Amable qui parle bien mais trop longuement.
29 Allons à Tâches, RDN.
30 J’afferme pour 6 ans et pour 500 F la chasse du domaine d’Azy à Falloix, beau frère de Bringault fermier du Lieu Normand. J’assiste à St Gildart à une procession organisée par les pères Dominicains à travers les jardins.
31 +8°. Le temps se radoucit aussi je me fais couper les cheveux, ce n’est pas sans besoin. Visite à Madame de Pardieu et à Veyny.
2 Le cardinal Pacelli est nommé Pape (63 ans) et devient Pie XII.
3 Premier Vendredi. Je m’approche de la Sainte Table. Nous allons à Tâches par un temps splendide. Mes métayers font leurs affaires. Chicon m’annonce qu’il a acheté une auto. Me voila encore obligé de lui payer des portes pour un garage.
4 Pluie. La Comtesse Lafond nous fait l’honneur et le plaisir de déjeuner avec nous. Bridge peu intéressant avec le vieux Ch. Tiersonnier qui ne voit plus clair.
5 Dimanche. Augustin fait chez les sœurs de l’Assomption une conférence très intéressante sur l’armée. Madame de Marcy m’arrive de bonne heure pour bridger, j’envoie chercher Béchard pour faire un 4ème. Pendant que les Villaines attirent mes petites filles au cinéma, mes filles emmènent Jeanne de Mollins chez les La Ronde et chez les Guény à Dumphlun.
6 +10°. Madame Marandat est dans la joie, son petit fils Barberot est fiancé à Melle Dubreuil de Troyes. Bridge intime chez Madame de Lécluze. Je ne touche qu’une partie de mon blé livré à la coopérative. L’Etat n’a plus le sou.
7 Pluie. Visite des Antoine Robert et des Gabriel Mathieu.
8 0°. Pluie abondante. M. Joseph Godemel vient de Valence pour visiter la chasse de Taches que je lui montre. Nous nous entendons pour la location.
9 Neige le matin. Marcelle va à Tâches. Elle m’apprend qu’une jument s’est avortée aux Petites Granges. C’est la seconde sur 6 de ma régie, c’est trop ! Nous avons à déjeuner Melle Tissier directrice de l’école libre de St Parize. Ma fille la protège beaucoup, elle le mérite.
10 Les Riberolles partent pour passer 48 h à Bulhon en passant à Vichy, ils doivent voir le docteur Desmilleur.
11 Foire à Nevers. Plus de bovins que d’habitude qui se vendent assez bien.
12 Pluie. Une retraite prêchée par un dominicain commence dans la ville. Trois tables de bridge chez Béchard.
13 Les Riberolles reviennent de Bulhon où ils n’ont pas eu chaud.
14 Neige. Je vais à Tâches, je vends à Taillardat 26 chênes et à Jacquelin 10 ormes et 2 noyers à 110 le m3. Nous avons à dîner Mesdames Guillemain et de Chalvron et le ménage Antoine Robert.
15 Journée froide et maussade.
16 -2°. Les Mathieu me mènent à Beaumont où il y a 3 tables de bridge avec les Servois, les Marcy, les Pazzis.
17 Neige. On gèle à la cathédrale, mes petites filles conduisent leurs amies goûter à La Garenne.
18 -3°. Mes filles et petites filles vont déjeuner à Bourges chez Valérie de Goy. Elles ramènent Hervé pour son dimanche. Chez les Mollins bridge dîner de 7 h du soir à minuit, 60 personnes sans moi.
19 Dimanche. Marguerite Pinet, Marguerite Marie de Lécluse et le Cel d’Assigny viennent bridger. Quête des églises pauvres 1 800 F.
20 -3°. Je communie en l’honneur de St Joseph. Mes petites vont servir le déjeuner des vieux chez les petites sœurs des pauvres. Bridge intime chez Madame de Lécluse.
21 Pluie. Marcelle va à Tâches par temps horrible, pour réunir ses ligueuses. Elle se trompe de jour, ce n’est que demain qu’elles sont convoquées. Aux Petites Granges un poulain crevé manque de soins. 2 Tables de bridge chez Madame de Sansal.
22 Pluie. 2 tables de Bridge à la maison : Pinet, Sansal, Mollins, de Lécluse. Marcelle fait sa réunion manquée hier.
23 Pluie, vent neige. Bruits de guerre, mauvaise foire à St Pierre. Nous avons à déjeuner deux sœurs quêteuses, d’Avermes et Nicole d’Assigny. Visite de Denise Boigues pas changée au physique, mais bien sourde.
24 0°. Charles Tiersonnier déjeune avec nous pendant que Berthe est à Paris appelée par la Ligue. Les Pazzis qui ont péché un étang nous apportent une belle carpe.
25 -2°. Visite des Le Sueur comme tous les samedis. J’ai mal à la tête pendant 4 heures, je reprends de la digitaline.
26 -2°. Mes filles et Augustin vont goûter à Sury. Je descends à la place Mossé voir jouer aux boules par un froid glacial. Les églises sont pleines grâce à la mission.
27 -2°. Avec Augustin je fais le tour des Argougnot qu’on demande à acheter. Nous trouvons Favier bien fatigué. Cécile écrit de Colmar.
28 -3°. Je vais à 3 h à la cathédrale où malgré le froid il y a beaucoup de monde. J’entends le père Amable qui parle bien mais trop longuement.
29 Allons à Tâches, RDN.
30 J’afferme pour 6 ans et pour 500 F la chasse du domaine d’Azy à Falloix, beau frère de Bringault fermier du Lieu Normand. J’assiste à St Gildart à une procession organisée par les pères Dominicains à travers les jardins.
31 +8°. Le temps se radoucit aussi je me fais couper les cheveux, ce n’est pas sans besoin. Visite à Madame de Pardieu et à Veyny.
8.2.11
FEVRIER 1939
1 Je fais une visite à Madame Seuly.
2 -5°. Edmond a aujourd’hui 60 ans. Beaucoup de monde à la procession de la chandeleur.
3 -4°. Premier vendredi, je m’approche de la Sainte Table. Nous allons à Tâches. Mon métayer Roy m’apprend qu’il a acheté une auto et me demande de lui faire faire des portes pour un garage (accordé). Cela prouve qu’il fait de bonnes affaires. Armand d’Anchald retour de l’enterrement de sa cousine Gouget de Landres nous demande à dîner.
4 -5°. Chez les Mollins, je fais un Bridge avec Madame Jaude Lagrave dont le mari est inspecteur à l’Union, 6 enfants bientôt 7. En premières noces elle était Madame de Tournemire
6 -2°. Je vais à St Parize pour voter pour la chambre d’agriculture. Dr Gaudier se porte contre Soultrait. Hervé nous vient pour 24 h. Je mets une annonce dans Paris Centre pour louer la chasse de Tâches. Les demandes affluent, de la part d’un postier, d’un confiseur, etc, rien qui me convienne.
7 -5°. Il gèle la nuit, dégèle dans la journée, mauvais pour les Craies. Avec mes filles, nous allons à Clamour où la santé de mon vieil ami n’est pas brillante, sa vessie le torture. Au retour visite aux Loges. Madame de Lépinière nous apprend que son gendre Guillemain s’est cassé la jambe à Megève en faisant du ski.
8 -3°. Geneviève Clayeux se rendant à déjeuner à Auxerre déjeune avec nous. Marcelle, Augustin et moi allons faire une visite à Aubigny, nous en rapportons des coloquintes pour la vente.
9 -2°. Nous allons au Palace Edith et moi. On y donne les 3 Valses, dont une est dansée sous l’Empire. Je vois avec plaisir Napoléon III sur la scène. Marcelle va seule dîner à la Tour de Parzy chez le Cdt Bouchacourt. Je refuse.
10 +5°. Goûter à la banque de France. 4 tables de Bridge.
11 Foire de Nevers nulle. Goûter à la maison. Présence d’Anchald, Cdt Bouchacourt, Jacques de La Brosse, Madame Guitard, Mme de Valence- Chalvron, Jeanne, Nénette, Fafa de Soultrait, C. Tiersonnier, Simone d’Assigny, de Barrau, Marcy, Pinet, Bivert. Ont refusé les Mollins, Mauban, Guillien, Sezille, Beaussenat, Sansal, Thoury. 3 tables de Bridge.
12 +2°. Tournoi de bridge au profit de la vente de charité dans les salons de Madame Roche. Onze tables. Madame Servois fait équipe avec Augustin et ensembles, ils ont le premier prix.
13 Nous allons à Tâches où par extraordinaire, il n’y a pas eu de pertes depuis 8 jours. Bridge intime chez Madame de Lécluse. La ville m’envoie un officier à loger pendant 48 h.
14 0°. Mes filles offrent à goûter aux vendeuses de leur comptoir : Dumcombe, Bayle, Praslon, Remy. Celle-ci arrive les mains pleines. Deux tables de Bridge chez Madame de Sansal. Yvonne m’envoie des bonbons, c’est le monde renversé.
15 -2°. Béatrix de La Brosse appelée à Nevers comme présidente de la Ligue pour le canton de Lormes déjeune avec nous. Grand goûter chez les Maumigny. Marcelle dîne chez Simone d’Assigny et ensembles elles vont voir mon curé chez les Riches.
16 Pluie. Trois ingénieurs d’Imphy viennent me demander à louer la chasse.
17 Mes filles goûtent chez Madame Biver (archiviste). J’ai la visite des Valence (Chalvron) et de Gabriel de Montrichard. Marcelle va passer une heure à la Baratte avec Suzanne dont l’état n’est pas brillant.
18 Comme j’ai des tournements de tête je reprends de la digitaline. Melles de Faverges déjeunent avec nous et Paule reste coucher à cause de la vente de charité qui commence avec plein succès. Augustin va dîner avec Hervé à Bourges.
19 Goûter chez Madame Barbin. Trois tables de Bridge dans son minuscule appartement.
20 Service pour Pie XI à la cathédrale, foule immense. Madame de Lépinière déjeune avec nous. Après dîner, visite du Cel et de M. Th. Pinet qui prend pension chez son frère à cause de la vente de charité qui se poursuit avec succès.
21 -2°. Mes petites filles assistent à une prise d’armes à la caserne Pittié pendant laquelle, Hervé de Villaines est fait chevalier de la Légion d’honneur. Mesdames de Marcy et de Lécluze et le Cel d’Assigny viennent faire mon bridge pendant que la vente bat son plein au Clos.
22 -3°. Mercredi des Cendres. Je vais les recevoir à la cathédrale. Paule de Faverges nous quitte. Dédette passe son brevet de chauffeur avec succès.
23 Pluie. Foire à St Pierre, la viande de boucherie se vend mal, en revanche une portée de 13 petits cochons de deux mois se vend cinq mille francs.
24 Geneviève Clayeux retour de Paris en car déjeune avec nous. Melle de Charrette Rilly est fiancée à un Anglais venu passer quelques mois chez les Martineau pour apprendre notre langue.
25 0°. Hervé nous arrive pour 30 h. Visite d’Henri de Rouville venu pour signer un acte d’achat de 22 ha de prés à Planchevienne pour 200 000.
26 Dimanche. Marcelle va faire une conférence aux Ligueuses de Livry. La vente de charité se termine très brillamment. Goûter chez Marguerite Pinet, je me dispense d’y aller étant un peu enrhumé. Le prends 2 cachets de Pyramidon.
27 Paule de Villaines déjeune avec nous. Après dîner, visite du Cel d’Assigny et de sa sœur. Je garde le coin du feu.
28 Pluie. Les Edmond Clayeux allant s’installer à Paris déjeunent avec nous. Visite de Madeleine de Thé et des Henri de Faverges.
2 -5°. Edmond a aujourd’hui 60 ans. Beaucoup de monde à la procession de la chandeleur.
3 -4°. Premier vendredi, je m’approche de la Sainte Table. Nous allons à Tâches. Mon métayer Roy m’apprend qu’il a acheté une auto et me demande de lui faire faire des portes pour un garage (accordé). Cela prouve qu’il fait de bonnes affaires. Armand d’Anchald retour de l’enterrement de sa cousine Gouget de Landres nous demande à dîner.
4 -5°. Chez les Mollins, je fais un Bridge avec Madame Jaude Lagrave dont le mari est inspecteur à l’Union, 6 enfants bientôt 7. En premières noces elle était Madame de Tournemire
6 -2°. Je vais à St Parize pour voter pour la chambre d’agriculture. Dr Gaudier se porte contre Soultrait. Hervé nous vient pour 24 h. Je mets une annonce dans Paris Centre pour louer la chasse de Tâches. Les demandes affluent, de la part d’un postier, d’un confiseur, etc, rien qui me convienne.
7 -5°. Il gèle la nuit, dégèle dans la journée, mauvais pour les Craies. Avec mes filles, nous allons à Clamour où la santé de mon vieil ami n’est pas brillante, sa vessie le torture. Au retour visite aux Loges. Madame de Lépinière nous apprend que son gendre Guillemain s’est cassé la jambe à Megève en faisant du ski.
8 -3°. Geneviève Clayeux se rendant à déjeuner à Auxerre déjeune avec nous. Marcelle, Augustin et moi allons faire une visite à Aubigny, nous en rapportons des coloquintes pour la vente.
9 -2°. Nous allons au Palace Edith et moi. On y donne les 3 Valses, dont une est dansée sous l’Empire. Je vois avec plaisir Napoléon III sur la scène. Marcelle va seule dîner à la Tour de Parzy chez le Cdt Bouchacourt. Je refuse.
10 +5°. Goûter à la banque de France. 4 tables de Bridge.
11 Foire de Nevers nulle. Goûter à la maison. Présence d’Anchald, Cdt Bouchacourt, Jacques de La Brosse, Madame Guitard, Mme de Valence- Chalvron, Jeanne, Nénette, Fafa de Soultrait, C. Tiersonnier, Simone d’Assigny, de Barrau, Marcy, Pinet, Bivert. Ont refusé les Mollins, Mauban, Guillien, Sezille, Beaussenat, Sansal, Thoury. 3 tables de Bridge.
12 +2°. Tournoi de bridge au profit de la vente de charité dans les salons de Madame Roche. Onze tables. Madame Servois fait équipe avec Augustin et ensembles, ils ont le premier prix.
13 Nous allons à Tâches où par extraordinaire, il n’y a pas eu de pertes depuis 8 jours. Bridge intime chez Madame de Lécluse. La ville m’envoie un officier à loger pendant 48 h.
14 0°. Mes filles offrent à goûter aux vendeuses de leur comptoir : Dumcombe, Bayle, Praslon, Remy. Celle-ci arrive les mains pleines. Deux tables de Bridge chez Madame de Sansal. Yvonne m’envoie des bonbons, c’est le monde renversé.
15 -2°. Béatrix de La Brosse appelée à Nevers comme présidente de la Ligue pour le canton de Lormes déjeune avec nous. Grand goûter chez les Maumigny. Marcelle dîne chez Simone d’Assigny et ensembles elles vont voir mon curé chez les Riches.
16 Pluie. Trois ingénieurs d’Imphy viennent me demander à louer la chasse.
17 Mes filles goûtent chez Madame Biver (archiviste). J’ai la visite des Valence (Chalvron) et de Gabriel de Montrichard. Marcelle va passer une heure à la Baratte avec Suzanne dont l’état n’est pas brillant.
18 Comme j’ai des tournements de tête je reprends de la digitaline. Melles de Faverges déjeunent avec nous et Paule reste coucher à cause de la vente de charité qui commence avec plein succès. Augustin va dîner avec Hervé à Bourges.
19 Goûter chez Madame Barbin. Trois tables de Bridge dans son minuscule appartement.
20 Service pour Pie XI à la cathédrale, foule immense. Madame de Lépinière déjeune avec nous. Après dîner, visite du Cel et de M. Th. Pinet qui prend pension chez son frère à cause de la vente de charité qui se poursuit avec succès.
21 -2°. Mes petites filles assistent à une prise d’armes à la caserne Pittié pendant laquelle, Hervé de Villaines est fait chevalier de la Légion d’honneur. Mesdames de Marcy et de Lécluze et le Cel d’Assigny viennent faire mon bridge pendant que la vente bat son plein au Clos.
22 -3°. Mercredi des Cendres. Je vais les recevoir à la cathédrale. Paule de Faverges nous quitte. Dédette passe son brevet de chauffeur avec succès.
23 Pluie. Foire à St Pierre, la viande de boucherie se vend mal, en revanche une portée de 13 petits cochons de deux mois se vend cinq mille francs.
24 Geneviève Clayeux retour de Paris en car déjeune avec nous. Melle de Charrette Rilly est fiancée à un Anglais venu passer quelques mois chez les Martineau pour apprendre notre langue.
25 0°. Hervé nous arrive pour 30 h. Visite d’Henri de Rouville venu pour signer un acte d’achat de 22 ha de prés à Planchevienne pour 200 000.
26 Dimanche. Marcelle va faire une conférence aux Ligueuses de Livry. La vente de charité se termine très brillamment. Goûter chez Marguerite Pinet, je me dispense d’y aller étant un peu enrhumé. Le prends 2 cachets de Pyramidon.
27 Paule de Villaines déjeune avec nous. Après dîner, visite du Cel d’Assigny et de sa sœur. Je garde le coin du feu.
28 Pluie. Les Edmond Clayeux allant s’installer à Paris déjeunent avec nous. Visite de Madeleine de Thé et des Henri de Faverges.
7.2.11
JANVIER 1939
1 Dégel. Mon beau frère, ma belle sœur et moi-même nous formons un trio dont je suis le benjamin qui totalise 263 ans. Je reçois une lettre de Louis de La Brosse qui me dit que Josefa se remet lentement, que Marielle est à l’hôpital très souffrante, qu’Hubert est au tableau et que sa femme attend son troisième enfant ce mois-ci. Visite des Devaux de Chambord avec leur huit enfants. Les étangs qui ne s’étaient pas remplis depuis un an évalent.
2 Lettre de Louis de La Brosse qui me dit qu’Hubert est au tableau et Marielle à l’hôpital avec un ulcère, sa santé est gravement compromise, du reste elle me l’écrit.
3 Mon rosaire. René m’emmène à Moulins où je fais une visite à Madame Philippe Tiersonnier, à Madame d’Orcet et de Champeaux. Je trouve chez elles leur frère Pierre dont la moustache est toujours aussi provocante. Je termine ma tournée chez les André Robert. Marie est en train de recueillir l’héritage de son oncle Charrin.
4 Visite de la Ctesse de Dampierre. Je vais jusqu’aux Josses. Dans ce domaine, il ne reste plus de cochons. Ils ont tous péri par dégénérescence, croit-on !
5 Les Fougis dînent avec nous.
6 -5°. Marcelle qui est ici loin de ses œuvres et qui ne peut dépenser toute son activité part en auto et me laisse pour finir mon mois de vacances. 1er Vendredi, je m’approche de la sainte Table. Visite à Chaudenot, bétail en bon état. On ne s’aperçoit pas de l’année de sécheresse.
7 Les Edmond reviennent de Tours. J’ai une lettre de Dédette qui n’a pas l’air de s’ennuyer à rennes, aussi elle ne parle pas de revenir.
8 -6°. Dimanche. Lettre de Marcelle qui a fait un bon retour, mais qui m’annonce que deux vaches ont avorté à Tâches, l’année commence bien. Visite à la Bergerie, domaine bien tenu.
9 Edmond a un sévère lumbago et Zabeth un os cassé dans le bas de la jambe, ce qui ne l’a pas empêché d’aller au bal. Elle est maintenant dans le plâtre.
10 Je rentre à Nevers par le car de 1 h ½ à Moulins. Tout en bon état à la maison. Mes filles vont goûter au Colombier en emmenant Anne et Marie Antoinette.
11 Nous déjeunons à la Belouze avec les Guillaume du Verne. Après dîner, Marcelle et Augustin passent la soirée chez les Chalvron. Je touche le prix de mon blé payé 188 le quintal par la coopérative.
12 Nous allons à Tâches. Le garde Duceau qui était depuis 11 ans au service de Crotat a quitté la place pour aller à la Charnaye. A Callot et aux petites Granges tout va, il n’en est pas de même chez Chicon où l’avortement recommence, 2 vaches dont une génisse de 3 ans qui avait été piquée au printemps préventivement.
13 0°. Goûter et 3 tables de bridge chez les du Passage.
14 Foire à Nevers nulle. Nous avons à déjeuner Gazoute et sa fille. Service anniversaire pour Auguste du Verne. Dédette retour de Rennes passe l’après midi à Bourges avec Hervé et nous arrive à 8 h ½ ravie de son séjour chez sa marraine.
15 Marcelle va à Moiry faire tirer son arbre de noël aux enfants de Moiry, elle en a 28. Ils viennent plus nombreux que les jours de catéchisme. J’emmène Edith au cinéma.
16 Pluie. Cheveux. J’envoie à Madame H de Rouville un dessin au crayon de mon grand père fait à Planchevienne. Marcelle va à la Baratte voir Suzanne qui n’est pas brillante.
17 Pluie. Jacqueline a un an aujourd’hui. Goûter à la maison avec les Servois, Pazzis, Mollins Sandol, Villaines, Sansal, Dezautière, Cel d’Assigny, Guillemain, Pinet des Ecots, Chalvron. Ont refusé Mme de Marcy enrhumée, S…., Villenaut, Adenot. 4 tables de bridge.
18 Mes filles goûtent chez Mesdames Martingray et Sanglé Ferrière avec Geneviève et Berthe Tiersonnier , Combe, Meyriém de Martimprey, Marie Antoinette du Verne.
19 Marcelle, Miette et Dédette vont à Stella tirer les rois pour 115 enfants de PSF dont Marie Thérèse Guillemain s’occupe beaucoup.
20 Pluie. Nous allons à Tâches, au domaine où la cocotte a pris les animaux qui avaient été épargnés l’année dernière, deux petits cochons sont morts. Les prés sont à blanc d’eau.
21 Pluie. Concours de Nevers. Dessauny a le prix d’honneur et Dosson de la Grace, le prix d’ensemble. En voilà un qui s’est vite mis à hauteur. Nous avons à déjeuner les Angenieur, Geneviève, Marguerite et Edmond Clayeux. Hervé nous arrive à 11 h du soir de Paris où il a passé la journée pour essayer une grande tenue. Ma nièce Hubert de La Brosse a eu hier une fille Sabine.
22 Pluie. Je vais au cinéma du Clos avec mes petits enfants. Le Colonel vient après dîner faire le bridge d’Hervé qui repart à 11 h. St Vincent, l’hiver revient.
23 Pluie. Je fais des visites à Geneviève Tiersonnier et à Thérèse de Toytot. Panne d’électricité. Nous dînons avec les 3 dernières bougies de la maison. Les dames vont passer la soirée chez nos voisines Delamalle.
24 La Loire déborde 3 m. Pendant que mes filles goûtent au Colombier, je visite la ferme de la Chaume à Dantin, je trouve là 40 superbes vaches Charolaises et 8 laitières. Il y a aussi de bonnes brebis Berrichonnes. Tout cela bien tenu. A côté chez Libault, très bon troupeau de Southdown mais avortement chez les vaches. Somme toute deux beaux domaines. En face, celui de Mussy 90 ha vient d’être vendu 600 000 F.
25 Visite à Madame de Maumigny et à Marguerite Pinet.
26 -2°. Foire de St Pierre où je vends 2 vaches des Petites Granges. Mes fermiers d’Azy ne me payent pas, ils ne peuvent pas se débarrasser de leurs blés.
27 Marcelle part pour Paris où elle doit passer 5 jours. Elle descend à l’hôtel Peffer près de la Madeleine.
28 -4 °. Hervé nous arrive à 8 h ½ pour assister au bal de la croix rouge pour lequel il étrenne sa grande tenue avec les épaulettes d’or.
29 Mes petites filles ne s’amusent pas beaucoup à ce bal parce qu’il n’y a pas assez de danseurs pour le grand nombre de danseuses, aussi elles rentrent à 2 h ½ du matin. A 10 h Hervé part en auto pour Mehun sur Yèvres où les sous officiers de réserve dont il fait l’instruction, lui offrent un banquet. Les Delamalle invitent à goûter dans le salon de Marie Antoinette du Verne. Leurs amis viennent pour le mariage de leur fille. Je retrouve là mes cousins de Champs, de Couëspel de Gemeaux, de Nourry, des Villattes etc, aussi plusieurs membres de la famille Ducray.
30 Mariage en l’église de Varennes de Mimi Delamalle avec le Lnt Ducray. Jolie cérémonie, 8 couples au service d’honneur, dans lequel Hervé donne le bras à Melle de Cézille. A la sortie un aviateur ami du marié, vole au ras du clocher et laisse tomber un cadeau. Lunch debout aux salles Vauban, 200 personnes. Je m’en dispense ayant déjeuné avec joie à 10 h. Ma maison est ensuite le rendez-vous des bridgeurs de 3 h à 7 h ½. Viennent Madame de Nourry, d’Anchald, Mollins, Cel d’Assigny, Cdt Bouchacourt.
2 Lettre de Louis de La Brosse qui me dit qu’Hubert est au tableau et Marielle à l’hôpital avec un ulcère, sa santé est gravement compromise, du reste elle me l’écrit.
3 Mon rosaire. René m’emmène à Moulins où je fais une visite à Madame Philippe Tiersonnier, à Madame d’Orcet et de Champeaux. Je trouve chez elles leur frère Pierre dont la moustache est toujours aussi provocante. Je termine ma tournée chez les André Robert. Marie est en train de recueillir l’héritage de son oncle Charrin.
4 Visite de la Ctesse de Dampierre. Je vais jusqu’aux Josses. Dans ce domaine, il ne reste plus de cochons. Ils ont tous péri par dégénérescence, croit-on !
5 Les Fougis dînent avec nous.
6 -5°. Marcelle qui est ici loin de ses œuvres et qui ne peut dépenser toute son activité part en auto et me laisse pour finir mon mois de vacances. 1er Vendredi, je m’approche de la sainte Table. Visite à Chaudenot, bétail en bon état. On ne s’aperçoit pas de l’année de sécheresse.
7 Les Edmond reviennent de Tours. J’ai une lettre de Dédette qui n’a pas l’air de s’ennuyer à rennes, aussi elle ne parle pas de revenir.
8 -6°. Dimanche. Lettre de Marcelle qui a fait un bon retour, mais qui m’annonce que deux vaches ont avorté à Tâches, l’année commence bien. Visite à la Bergerie, domaine bien tenu.
9 Edmond a un sévère lumbago et Zabeth un os cassé dans le bas de la jambe, ce qui ne l’a pas empêché d’aller au bal. Elle est maintenant dans le plâtre.
10 Je rentre à Nevers par le car de 1 h ½ à Moulins. Tout en bon état à la maison. Mes filles vont goûter au Colombier en emmenant Anne et Marie Antoinette.
11 Nous déjeunons à la Belouze avec les Guillaume du Verne. Après dîner, Marcelle et Augustin passent la soirée chez les Chalvron. Je touche le prix de mon blé payé 188 le quintal par la coopérative.
12 Nous allons à Tâches. Le garde Duceau qui était depuis 11 ans au service de Crotat a quitté la place pour aller à la Charnaye. A Callot et aux petites Granges tout va, il n’en est pas de même chez Chicon où l’avortement recommence, 2 vaches dont une génisse de 3 ans qui avait été piquée au printemps préventivement.
13 0°. Goûter et 3 tables de bridge chez les du Passage.
14 Foire à Nevers nulle. Nous avons à déjeuner Gazoute et sa fille. Service anniversaire pour Auguste du Verne. Dédette retour de Rennes passe l’après midi à Bourges avec Hervé et nous arrive à 8 h ½ ravie de son séjour chez sa marraine.
15 Marcelle va à Moiry faire tirer son arbre de noël aux enfants de Moiry, elle en a 28. Ils viennent plus nombreux que les jours de catéchisme. J’emmène Edith au cinéma.
16 Pluie. Cheveux. J’envoie à Madame H de Rouville un dessin au crayon de mon grand père fait à Planchevienne. Marcelle va à la Baratte voir Suzanne qui n’est pas brillante.
17 Pluie. Jacqueline a un an aujourd’hui. Goûter à la maison avec les Servois, Pazzis, Mollins Sandol, Villaines, Sansal, Dezautière, Cel d’Assigny, Guillemain, Pinet des Ecots, Chalvron. Ont refusé Mme de Marcy enrhumée, S…., Villenaut, Adenot. 4 tables de bridge.
18 Mes filles goûtent chez Mesdames Martingray et Sanglé Ferrière avec Geneviève et Berthe Tiersonnier , Combe, Meyriém de Martimprey, Marie Antoinette du Verne.
19 Marcelle, Miette et Dédette vont à Stella tirer les rois pour 115 enfants de PSF dont Marie Thérèse Guillemain s’occupe beaucoup.
20 Pluie. Nous allons à Tâches, au domaine où la cocotte a pris les animaux qui avaient été épargnés l’année dernière, deux petits cochons sont morts. Les prés sont à blanc d’eau.
21 Pluie. Concours de Nevers. Dessauny a le prix d’honneur et Dosson de la Grace, le prix d’ensemble. En voilà un qui s’est vite mis à hauteur. Nous avons à déjeuner les Angenieur, Geneviève, Marguerite et Edmond Clayeux. Hervé nous arrive à 11 h du soir de Paris où il a passé la journée pour essayer une grande tenue. Ma nièce Hubert de La Brosse a eu hier une fille Sabine.
22 Pluie. Je vais au cinéma du Clos avec mes petits enfants. Le Colonel vient après dîner faire le bridge d’Hervé qui repart à 11 h. St Vincent, l’hiver revient.
23 Pluie. Je fais des visites à Geneviève Tiersonnier et à Thérèse de Toytot. Panne d’électricité. Nous dînons avec les 3 dernières bougies de la maison. Les dames vont passer la soirée chez nos voisines Delamalle.
24 La Loire déborde 3 m. Pendant que mes filles goûtent au Colombier, je visite la ferme de la Chaume à Dantin, je trouve là 40 superbes vaches Charolaises et 8 laitières. Il y a aussi de bonnes brebis Berrichonnes. Tout cela bien tenu. A côté chez Libault, très bon troupeau de Southdown mais avortement chez les vaches. Somme toute deux beaux domaines. En face, celui de Mussy 90 ha vient d’être vendu 600 000 F.
25 Visite à Madame de Maumigny et à Marguerite Pinet.
26 -2°. Foire de St Pierre où je vends 2 vaches des Petites Granges. Mes fermiers d’Azy ne me payent pas, ils ne peuvent pas se débarrasser de leurs blés.
27 Marcelle part pour Paris où elle doit passer 5 jours. Elle descend à l’hôtel Peffer près de la Madeleine.
28 -4 °. Hervé nous arrive à 8 h ½ pour assister au bal de la croix rouge pour lequel il étrenne sa grande tenue avec les épaulettes d’or.
29 Mes petites filles ne s’amusent pas beaucoup à ce bal parce qu’il n’y a pas assez de danseurs pour le grand nombre de danseuses, aussi elles rentrent à 2 h ½ du matin. A 10 h Hervé part en auto pour Mehun sur Yèvres où les sous officiers de réserve dont il fait l’instruction, lui offrent un banquet. Les Delamalle invitent à goûter dans le salon de Marie Antoinette du Verne. Leurs amis viennent pour le mariage de leur fille. Je retrouve là mes cousins de Champs, de Couëspel de Gemeaux, de Nourry, des Villattes etc, aussi plusieurs membres de la famille Ducray.
30 Mariage en l’église de Varennes de Mimi Delamalle avec le Lnt Ducray. Jolie cérémonie, 8 couples au service d’honneur, dans lequel Hervé donne le bras à Melle de Cézille. A la sortie un aviateur ami du marié, vole au ras du clocher et laisse tomber un cadeau. Lunch debout aux salles Vauban, 200 personnes. Je m’en dispense ayant déjeuné avec joie à 10 h. Ma maison est ensuite le rendez-vous des bridgeurs de 3 h à 7 h ½. Viennent Madame de Nourry, d’Anchald, Mollins, Cel d’Assigny, Cdt Bouchacourt.
6.2.11
DECEMBRE 1938
2 Pluie. Premier vendredi, selon mon habitude je m’approche de la Sainte Table. Digitaline pour cinq jours.
3 Grand goûter chez Marguerite Pinet. Nous ramenons Marie Antoinette du Verne pour 48 h pendant que Miette va passer le même temps à la Belouze.
4 Dimanche. L’abbé Prevotat venu pour remplacer notre curé déjeune avec nous. Nous goûtons à Chevenon avec les Mollins.
5 Pluie. Marcelle fait venir Berthe Tiersonnier pour faire une conférence aux ligueuses de Moiry. Il en vient une trentaine à l’hôtel Blasco. Le Cte d’Ombrien achète la Maison St Cyr sur la place Ducale.
6 Nous avons notre curé à déjeuner. Je lui paye les bancs de l’église.Yodalose.
7 La paille de blé se vend actuellement 220 les mille kilos.
8 Pluie. Fête de la Vierge. Je m’approche de la Sainte Table. Marcelle conduit M. le curé porter le Bon Dieu à la femme Couraud.
9 Les fossés coulent, ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Marcelle va avec Madame Le Sueur et Vallois faire une visite à la tante de cette dernière à Pontenut et à Fontallier. La jument Doucette de Tâches avorte d’un beau poulain.
10 Pluie. Foire à Nevers où je vends 9 veaux à un vendéen. Mimi Delamalle est fiancée au Lnt René Ducray, fils d’Edwin tué à la guerre et de Mme née de Grossouvre. Visite des Antoine Robert, Marthe toujours agréable.
11 Dimanche. J’assiste à St Parize à une comédie jouée fort bien du reste par les jeunes gens de la JAC dans la salle des fêtes de l’école libre pleine à craquer. On commence dans la commune la révision du cadastre. Je suis bien content que le travail se fasse sous le règne de Montrichard.
12 Pluie. Michel qui m’avait dit qu’il voulait quitter les Petites Granges se ravise et demande à rester. J’y consens.
13 La camionnette d’Aïn Kala vient chercher nos bagages pour les conduire à Nevers, ce qui est bien commode. Nos domestiques partent pour Arleuf et nous pour les Gouttes. Marcelle verse une larme en quittant Tâches, car il n’y a que là où elle se plaît. A hauteur de Beaumont nous croisons les Riberolles qui vont prendre leurs quartiers d’hiver rue de l’oratoire, afin de se rapprocher de Miette, ils prennent une cuisinière pour un mois.
14 Avec mon vieux beau frère nous revivons le temps passé, en parlant de toutes nos belles chasses et des anciens. Il se plaint de ses jambes, mais il fait tout de même chaque jour le tour de son parc. Il y a + 12° dehors et la grive chante.
15 Antoine pêche l’étang de Buffevent et envoie un brochet de 8 livres ½ à sa grand’mère, cela se trouve bien pour les 4 temps.
16 Edmond va chez Daguin à Crille pour acheter un veau reproducteur. Avec Pierre et ses furets j’assiste à la prise de quelques lapins, il en prend des quantités.
17 Les Maurice Robert déjeunent avec nous. Geneviève revient du Maroc, enchantée de son voyage. Nous dînons avec elle aux Fougis pour manger un brochet de 10 livres frère de celui qu’on nous avait servi le matin. C’est une agréable manière de faire les 4 temps.
18 -6°. Dimanche. Je ne sais pas s’il y avait du monde à la petite messe, mais à la grande, en dehors de nous, seul le vieux Lafeuille représentait l’élément masculin, une dizaine de femmes.
19 – 11°, neige. Edmond me mène à Varennes. Beauchamp me fait visiter ses écuries, où j’admire 35 veaux reproducteurs de première sorte, il y a 100 vaches mères, 35 juments répandues dans 6 domaines, un tracteur qui lui a coûté 110 000 F et qu’il conduit lui-même, à moins que son fils ne soit à la direction. La main d’œuvre est faite en partie par des Polonais. Je fais un bridge agréable avec Madame Palienne, Julien et sa sœur de Ladure. Les Fougis dînent avec nous. Nombreuses sont les voitures arrêtées par leurs radiateurs gelés.
20 – 10°, neige. Il y a une grosse couche de neige et les autos marchent très mal, ce qui n’empêche pas d’aller chercher en voiture, l’unique laveuse de Thionne.
21 -14°, neige. Hervé qui est en congé à Nevers devait venir aujourd’hui, on le décommande parce qu’il y a trop de neige et que l’on ne peut chasser. Marcelle achète à Moulins un coupe papier que j’envoie à Armand de Montrichard. Perrichon achète une paire de bœufs des Baboulote pesant 1350 k pour 7 750 F.
22 Neige. Moi qui pensais bien, ne jamais voir de skieurs, j’ai eu l’agréable surprise d’en voir deux descendre dans les fossés devant la salle à manger, où malheureusement la pente n’est pas assez longue, mais faute de mieux Zabeth et Antoine s’en sont contentés. Les Beauchamp sont venus goûter, d’autres invités ont refusé à cause de la quantité de neige.
23 -9°. Toujours le même temps, les petits oiseaux viennent manger les miettes de pain que nous leur jetons sur les marches.
24 -9°. A 3 h nous nous faisons conduire, mon beau frère et moi à Thionne pour nous confesser. Après dîner les Villeneuve, Geneviève et Antoine passent la veillée avec nous. A la messe de minuit, Marcelle tient l’harmonium, Zabeth et Gaby chantent. Au retour les Edmond nous offrent un excellent foie gras.
25 -7°. Noël aux tisons. A la grand’messe, même orchestre qu’à minuit. Les Antoine vont skier à Valière près de Moulins, Zabeth en revient avec une entorse.
26 -12° Zabeth va à La Palisse trouver une rebouteuse qui réduit son entorse. Geneviève et les Villeneuve déjeunent avec nous. A 5 h Gaby nous mène faire un bridge chez Beauchamp. On trouve des perdrix mortes de faim et de froid.
27 Neige. Il s’est produit hier soir un fait assez curieux. A 7 h, il y avait -20 au jardin et -12 à 9 h. Beauchamp et Turlin viennent faire un Bridge. Edmond perd toutes les parties, mais il est beau joueur.
28 0°. Il dégèle un peu dans la journée, mais il regèle dans la soirée. Les Edmond partent pour Paris et Tours. Je reçois une lettre de La Comble accompagnée de sa photographie.
29 +3° Dégel. Geneviève et Guiguite conduisant les enfants à un goûter chez les Puzenat, ont une panne d’auto à Diou. Elles se réfugient chez Laudois où elles attendent une voiture pendant que la leur va se faire réparer à Dompierre.
30 +7°. J’envoie à Jean de Valence une caisse contenant selle, bride, licol, couverture laine et toile surfaix, éperons et une paire de bottes avec embauchoirs. Toute cette défroque achetée à Edmond qui a renoncé à monter à cheval.
31 Pluie. J’ai ce jour 84 ans et grâce à Dieu pas trop d’infirmités, je lui en exprime toute ma reconnaissance. Je m’approche de la Sainte Table. Les Fougis au complet déjeunent avec nous. (Goûter Damas pour les Riberolles).
3 Grand goûter chez Marguerite Pinet. Nous ramenons Marie Antoinette du Verne pour 48 h pendant que Miette va passer le même temps à la Belouze.
4 Dimanche. L’abbé Prevotat venu pour remplacer notre curé déjeune avec nous. Nous goûtons à Chevenon avec les Mollins.
5 Pluie. Marcelle fait venir Berthe Tiersonnier pour faire une conférence aux ligueuses de Moiry. Il en vient une trentaine à l’hôtel Blasco. Le Cte d’Ombrien achète la Maison St Cyr sur la place Ducale.
6 Nous avons notre curé à déjeuner. Je lui paye les bancs de l’église.Yodalose.
7 La paille de blé se vend actuellement 220 les mille kilos.
8 Pluie. Fête de la Vierge. Je m’approche de la Sainte Table. Marcelle conduit M. le curé porter le Bon Dieu à la femme Couraud.
9 Les fossés coulent, ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Marcelle va avec Madame Le Sueur et Vallois faire une visite à la tante de cette dernière à Pontenut et à Fontallier. La jument Doucette de Tâches avorte d’un beau poulain.
10 Pluie. Foire à Nevers où je vends 9 veaux à un vendéen. Mimi Delamalle est fiancée au Lnt René Ducray, fils d’Edwin tué à la guerre et de Mme née de Grossouvre. Visite des Antoine Robert, Marthe toujours agréable.
11 Dimanche. J’assiste à St Parize à une comédie jouée fort bien du reste par les jeunes gens de la JAC dans la salle des fêtes de l’école libre pleine à craquer. On commence dans la commune la révision du cadastre. Je suis bien content que le travail se fasse sous le règne de Montrichard.
12 Pluie. Michel qui m’avait dit qu’il voulait quitter les Petites Granges se ravise et demande à rester. J’y consens.
13 La camionnette d’Aïn Kala vient chercher nos bagages pour les conduire à Nevers, ce qui est bien commode. Nos domestiques partent pour Arleuf et nous pour les Gouttes. Marcelle verse une larme en quittant Tâches, car il n’y a que là où elle se plaît. A hauteur de Beaumont nous croisons les Riberolles qui vont prendre leurs quartiers d’hiver rue de l’oratoire, afin de se rapprocher de Miette, ils prennent une cuisinière pour un mois.
14 Avec mon vieux beau frère nous revivons le temps passé, en parlant de toutes nos belles chasses et des anciens. Il se plaint de ses jambes, mais il fait tout de même chaque jour le tour de son parc. Il y a + 12° dehors et la grive chante.
15 Antoine pêche l’étang de Buffevent et envoie un brochet de 8 livres ½ à sa grand’mère, cela se trouve bien pour les 4 temps.
16 Edmond va chez Daguin à Crille pour acheter un veau reproducteur. Avec Pierre et ses furets j’assiste à la prise de quelques lapins, il en prend des quantités.
17 Les Maurice Robert déjeunent avec nous. Geneviève revient du Maroc, enchantée de son voyage. Nous dînons avec elle aux Fougis pour manger un brochet de 10 livres frère de celui qu’on nous avait servi le matin. C’est une agréable manière de faire les 4 temps.
18 -6°. Dimanche. Je ne sais pas s’il y avait du monde à la petite messe, mais à la grande, en dehors de nous, seul le vieux Lafeuille représentait l’élément masculin, une dizaine de femmes.
19 – 11°, neige. Edmond me mène à Varennes. Beauchamp me fait visiter ses écuries, où j’admire 35 veaux reproducteurs de première sorte, il y a 100 vaches mères, 35 juments répandues dans 6 domaines, un tracteur qui lui a coûté 110 000 F et qu’il conduit lui-même, à moins que son fils ne soit à la direction. La main d’œuvre est faite en partie par des Polonais. Je fais un bridge agréable avec Madame Palienne, Julien et sa sœur de Ladure. Les Fougis dînent avec nous. Nombreuses sont les voitures arrêtées par leurs radiateurs gelés.
20 – 10°, neige. Il y a une grosse couche de neige et les autos marchent très mal, ce qui n’empêche pas d’aller chercher en voiture, l’unique laveuse de Thionne.
21 -14°, neige. Hervé qui est en congé à Nevers devait venir aujourd’hui, on le décommande parce qu’il y a trop de neige et que l’on ne peut chasser. Marcelle achète à Moulins un coupe papier que j’envoie à Armand de Montrichard. Perrichon achète une paire de bœufs des Baboulote pesant 1350 k pour 7 750 F.
22 Neige. Moi qui pensais bien, ne jamais voir de skieurs, j’ai eu l’agréable surprise d’en voir deux descendre dans les fossés devant la salle à manger, où malheureusement la pente n’est pas assez longue, mais faute de mieux Zabeth et Antoine s’en sont contentés. Les Beauchamp sont venus goûter, d’autres invités ont refusé à cause de la quantité de neige.
23 -9°. Toujours le même temps, les petits oiseaux viennent manger les miettes de pain que nous leur jetons sur les marches.
24 -9°. A 3 h nous nous faisons conduire, mon beau frère et moi à Thionne pour nous confesser. Après dîner les Villeneuve, Geneviève et Antoine passent la veillée avec nous. A la messe de minuit, Marcelle tient l’harmonium, Zabeth et Gaby chantent. Au retour les Edmond nous offrent un excellent foie gras.
25 -7°. Noël aux tisons. A la grand’messe, même orchestre qu’à minuit. Les Antoine vont skier à Valière près de Moulins, Zabeth en revient avec une entorse.
26 -12° Zabeth va à La Palisse trouver une rebouteuse qui réduit son entorse. Geneviève et les Villeneuve déjeunent avec nous. A 5 h Gaby nous mène faire un bridge chez Beauchamp. On trouve des perdrix mortes de faim et de froid.
27 Neige. Il s’est produit hier soir un fait assez curieux. A 7 h, il y avait -20 au jardin et -12 à 9 h. Beauchamp et Turlin viennent faire un Bridge. Edmond perd toutes les parties, mais il est beau joueur.
28 0°. Il dégèle un peu dans la journée, mais il regèle dans la soirée. Les Edmond partent pour Paris et Tours. Je reçois une lettre de La Comble accompagnée de sa photographie.
29 +3° Dégel. Geneviève et Guiguite conduisant les enfants à un goûter chez les Puzenat, ont une panne d’auto à Diou. Elles se réfugient chez Laudois où elles attendent une voiture pendant que la leur va se faire réparer à Dompierre.
30 +7°. J’envoie à Jean de Valence une caisse contenant selle, bride, licol, couverture laine et toile surfaix, éperons et une paire de bottes avec embauchoirs. Toute cette défroque achetée à Edmond qui a renoncé à monter à cheval.
31 Pluie. J’ai ce jour 84 ans et grâce à Dieu pas trop d’infirmités, je lui en exprime toute ma reconnaissance. Je m’approche de la Sainte Table. Les Fougis au complet déjeunent avec nous. (Goûter Damas pour les Riberolles).
5.2.11
NOVEMBRE 1938
1 Pluie. La Toussaint. Beaucoup de monde aux offices. Les Villeneuve nous quittent.
2 Office des morts, l’église est pleine à craquer.
3 Mon rosaire. Gabrielle Adenot est opérée à Paris d’un déboitement de la hanche. Elégant goûter à Aubigny. 6 tables de bridge, maître d’hôtel et valet de pied, rien de la crise.
4 Premier Vendredi, je m’approche de la Ste Table. Lettre de Cécile qui nous parle du congrès sacerdotal qui a eu lieu à Rennes avec 20 dames, grandes dignitaires des œuvres. Elle a déjeuné entre deux généraux en présence du cardinal Verdier.
5 Nous déjeunons à Fontallier et faisons un bridge peu intéressant. Retour par les Lieux. A Normand les maçons ont fini, il n’y a plus qu’à payer la très douloureuse et les fermiers n’ont pas encore fini de payer le terme de mai.
6 Dimanche. Les Chalvron viennent goûter avec 4 enfants. Christian me conduit à la Chasseigne voir mes bêtes qui y sont en pension, elles ont bien profité.
7 Les Pierre de Barrau déjeunent avec nous à 9h ½ et je constate que Christian mange d’aussi bon appétit que s’il était midi. Ils nous amènent à Tronçais, la forêt resplendissante par un beau soleil, la chasse l’est beaucoup moins. Si La Rochefoucauld s’est débarrassé d’Alanier, il l’a remplacé par un certain Robin dont le père a fait fortune dans les produits pharmaceutiques et qui a fort mauvaise réputation, cela ne donne pas beaucoup de reluisant à l’équipage de voir son bouton porté par un moineau de cette espèce. M. et Mme de Létang qui sont les maîtres de la forêt n’en sont pas autrement satisfaits. Madame Sallandrousse, la très charmante écuyère remplie d’allant pique de près. Je vends mon avoine à Fèvre 88 F, elle valait 100 F il y a un mois.
8 Miette nous vient par l’autobus pour dîner et coucher. A Nevers, elle fait bon ménage avec Marie Antoinette qui lui donne l’hospitalité. La frugalité règne à la cuisine.
9 Nous avons la visite des Villaines avec Paule.
10 Isabelle Devenne met au monde un fils. Goûter très élégant et nombreux chez les Ducrot. 7 tables de bridge. Nous y menons Marguerite Pinet et au retour nous ramenons à Chevenon Melle d’Ambly pendant que les du Part vont dîner à Beaumont. En passant visite à Chamon. Jules souffre atrocement et sa femme ne peut plus marcher, deux épaves !
11 Fête de l’armistice, je ne vais pas à l’office qui est toujours long et fatiguant. Montrichard malade ne préside pas le banquet des poilus, mais il offre le champagne.
12 St René, je reçois des vœux de fête de mes filles. Foire à Nevers. Château me paye sans récrimination quoiqu’il ait fait une mauvaise année. Je porte une paire de poulets à M. le curé de la cathédrale. Les Gabriel Mathieu viennent de 4 à 7 faire un bridge dans l’intimité.
13 Les Edmond Clayeux revenant de Paris s’arrêtent pour dîner et coucher. Ils n’ont jamais vu autant d’autos sur la route et à Fontainebleau où ils voulaient déjeuner, ils ont attendu jusqu’à 2h ½ pour trouver une table libre.
14 Mon métayer Chicon me donne une preuve de son honnêteté. Au boucher Saintgoire qui lui offrait 150 F d’épingle pour conclure la vente d’une vache, il a refusé.
15 Geneviève Tiersonnier nous amène pour déjeuner Thérèse de Toytot et Miette.
16 Nous faisons une visite à Fertot où nous ne trouvons personne. Retour par le Colombier d’où je ramène un bélier Southdown pour les Petites Granges.
17 Nous déjeunons à Dornes avec Mesdames Michoux, d’Orcet, de Champeaux et les Fréminville. Viennent goûter Mesdames de Rohan Chabot et de Savigny.
18 Le Colonel du 4ème ayant permis aux femmes d’officier de monter les chevaux du régiment, Yvonne m’envoie sa photo à califourchon. Elle a bon air. Nous avons la visite des petites sœurs des pauvres.
19 Pluie 4 mm. Une fois de plus, je constate que la Varennes Callot est le meilleur champ de légumes de la propriété. Cette année, il a rapporté une quantité de pommes de terre malgré le doryphore. Nous avons à dîner les Antoine Robert, les Le Sueur et les Guillaume du Verne qui nous amènent Miette.
20 Pluie. Dimanche. Monsieur le curé réunit le conseil paroissial et lui offre un excellent déjeuner. En passant devant la Croix Aubert, je vois dans le pré qui le touche, une équipe de jeunes St Parizois luttant dans une partie de football contre une équipe d’Imphy. C’est Philippe Moine qui a organisé ce terrain de jeu. Une bonne note.
21 Pluie. Tempête terrible pendant 24 h. Nous déjeunons chez les Le Sueur avec les Grincour et les Thonier. Je paye à Lavergne un mémoire de 6 770 F, il me compte la journée à 56 F. L’entretien des domaines c’est la ruine !
22 Pluie. Miette retourne à Nevers par l’autobus. Je règle le compte des Petites Granges, les cochons ont plus dépensé que gagné, c’est à renoncer à en avoir.
24 Foire à St Pierre. Les petits cochons se vendent jusqu’à 15 F le kilo, mais on ne veut plus que des Anglais. Nous avons à déjeuner les Soultrait, les Mollins, les Charles Tiersonnier et Miette. Ont refusé les Cote et Joseph Boigues. Vente de 26 veaux reproducteurs chez Goby. L’un d’eux est vendu 13 000 F.
25 Marcelle prend Suzanne Le Sueur en passant et la mène à la Mathurine faire une visite à Madame Gozard qu’elles ne trouvent pas. Je ramasse les feuilles du platane pour la bergerie des Petites Granges.
26 Pluie. Normande. Temps maussade sans histoire.
27 Dimanche. En l’honneur de Ste Cécile, la fanfare se fait entendre à la messe. Je règle avec Chicon. Tout va bien. Il n’en est pas de même avec Michel qui ne veut plus payer les 2/3 des cochons qu’il tue et qui prétend vouloir chasser. Je ne cède pas. Il me dit alors qu’il quittera les Petites Granges dans un an, bien que je lui offre 2 000 F pour l’aider à payer son berger. Cela ne m’étonne pas, car seul avec une femme délicate et 4 petits enfants à élever, la tâche est trop dure. Taillardat m’envoie un camionneur de passage qui m’amènera 7 stères de bois à Nevers.
28 Pluie. Marcelle va à Nevers pour la réunion des églises pauvres dont elle est toujours la présidente. André m’annonce la naissance à Paris d’une petite Roulet pesant 8 livres. Elle est presque aussi lourde que la mère. Madame Parent née Desrousseau de Medrano meurt en même temps dans la capitale. Roger qui disait qu’elle l’enterrerait !
29 Pluie. Petit bridge intime chez nos voisins Mathieu.
30 Montrichard m’écrit pour me faire part des fiançailles d’Armand avec Melle de Noblet. Heureusement qu’avant de régler avec mes métayers, j’ai l’habitude de leur donner leur compte de l’année écrit. Roy me rapporte celui de 1937 et je m’aperçois que j’ai commis une assez grosse erreur à son préjudice. Je la répare, mais s’il n’avait pas eu le compte écrit, j’aurai pu douter de sa bonne foi lorsqu’il m’aurait fait sa réclamation.
2 Office des morts, l’église est pleine à craquer.
3 Mon rosaire. Gabrielle Adenot est opérée à Paris d’un déboitement de la hanche. Elégant goûter à Aubigny. 6 tables de bridge, maître d’hôtel et valet de pied, rien de la crise.
4 Premier Vendredi, je m’approche de la Ste Table. Lettre de Cécile qui nous parle du congrès sacerdotal qui a eu lieu à Rennes avec 20 dames, grandes dignitaires des œuvres. Elle a déjeuné entre deux généraux en présence du cardinal Verdier.
5 Nous déjeunons à Fontallier et faisons un bridge peu intéressant. Retour par les Lieux. A Normand les maçons ont fini, il n’y a plus qu’à payer la très douloureuse et les fermiers n’ont pas encore fini de payer le terme de mai.
6 Dimanche. Les Chalvron viennent goûter avec 4 enfants. Christian me conduit à la Chasseigne voir mes bêtes qui y sont en pension, elles ont bien profité.
7 Les Pierre de Barrau déjeunent avec nous à 9h ½ et je constate que Christian mange d’aussi bon appétit que s’il était midi. Ils nous amènent à Tronçais, la forêt resplendissante par un beau soleil, la chasse l’est beaucoup moins. Si La Rochefoucauld s’est débarrassé d’Alanier, il l’a remplacé par un certain Robin dont le père a fait fortune dans les produits pharmaceutiques et qui a fort mauvaise réputation, cela ne donne pas beaucoup de reluisant à l’équipage de voir son bouton porté par un moineau de cette espèce. M. et Mme de Létang qui sont les maîtres de la forêt n’en sont pas autrement satisfaits. Madame Sallandrousse, la très charmante écuyère remplie d’allant pique de près. Je vends mon avoine à Fèvre 88 F, elle valait 100 F il y a un mois.
8 Miette nous vient par l’autobus pour dîner et coucher. A Nevers, elle fait bon ménage avec Marie Antoinette qui lui donne l’hospitalité. La frugalité règne à la cuisine.
9 Nous avons la visite des Villaines avec Paule.
10 Isabelle Devenne met au monde un fils. Goûter très élégant et nombreux chez les Ducrot. 7 tables de bridge. Nous y menons Marguerite Pinet et au retour nous ramenons à Chevenon Melle d’Ambly pendant que les du Part vont dîner à Beaumont. En passant visite à Chamon. Jules souffre atrocement et sa femme ne peut plus marcher, deux épaves !
11 Fête de l’armistice, je ne vais pas à l’office qui est toujours long et fatiguant. Montrichard malade ne préside pas le banquet des poilus, mais il offre le champagne.
12 St René, je reçois des vœux de fête de mes filles. Foire à Nevers. Château me paye sans récrimination quoiqu’il ait fait une mauvaise année. Je porte une paire de poulets à M. le curé de la cathédrale. Les Gabriel Mathieu viennent de 4 à 7 faire un bridge dans l’intimité.
13 Les Edmond Clayeux revenant de Paris s’arrêtent pour dîner et coucher. Ils n’ont jamais vu autant d’autos sur la route et à Fontainebleau où ils voulaient déjeuner, ils ont attendu jusqu’à 2h ½ pour trouver une table libre.
14 Mon métayer Chicon me donne une preuve de son honnêteté. Au boucher Saintgoire qui lui offrait 150 F d’épingle pour conclure la vente d’une vache, il a refusé.
15 Geneviève Tiersonnier nous amène pour déjeuner Thérèse de Toytot et Miette.
16 Nous faisons une visite à Fertot où nous ne trouvons personne. Retour par le Colombier d’où je ramène un bélier Southdown pour les Petites Granges.
17 Nous déjeunons à Dornes avec Mesdames Michoux, d’Orcet, de Champeaux et les Fréminville. Viennent goûter Mesdames de Rohan Chabot et de Savigny.
18 Le Colonel du 4ème ayant permis aux femmes d’officier de monter les chevaux du régiment, Yvonne m’envoie sa photo à califourchon. Elle a bon air. Nous avons la visite des petites sœurs des pauvres.
19 Pluie 4 mm. Une fois de plus, je constate que la Varennes Callot est le meilleur champ de légumes de la propriété. Cette année, il a rapporté une quantité de pommes de terre malgré le doryphore. Nous avons à dîner les Antoine Robert, les Le Sueur et les Guillaume du Verne qui nous amènent Miette.
20 Pluie. Dimanche. Monsieur le curé réunit le conseil paroissial et lui offre un excellent déjeuner. En passant devant la Croix Aubert, je vois dans le pré qui le touche, une équipe de jeunes St Parizois luttant dans une partie de football contre une équipe d’Imphy. C’est Philippe Moine qui a organisé ce terrain de jeu. Une bonne note.
21 Pluie. Tempête terrible pendant 24 h. Nous déjeunons chez les Le Sueur avec les Grincour et les Thonier. Je paye à Lavergne un mémoire de 6 770 F, il me compte la journée à 56 F. L’entretien des domaines c’est la ruine !
22 Pluie. Miette retourne à Nevers par l’autobus. Je règle le compte des Petites Granges, les cochons ont plus dépensé que gagné, c’est à renoncer à en avoir.
24 Foire à St Pierre. Les petits cochons se vendent jusqu’à 15 F le kilo, mais on ne veut plus que des Anglais. Nous avons à déjeuner les Soultrait, les Mollins, les Charles Tiersonnier et Miette. Ont refusé les Cote et Joseph Boigues. Vente de 26 veaux reproducteurs chez Goby. L’un d’eux est vendu 13 000 F.
25 Marcelle prend Suzanne Le Sueur en passant et la mène à la Mathurine faire une visite à Madame Gozard qu’elles ne trouvent pas. Je ramasse les feuilles du platane pour la bergerie des Petites Granges.
26 Pluie. Normande. Temps maussade sans histoire.
27 Dimanche. En l’honneur de Ste Cécile, la fanfare se fait entendre à la messe. Je règle avec Chicon. Tout va bien. Il n’en est pas de même avec Michel qui ne veut plus payer les 2/3 des cochons qu’il tue et qui prétend vouloir chasser. Je ne cède pas. Il me dit alors qu’il quittera les Petites Granges dans un an, bien que je lui offre 2 000 F pour l’aider à payer son berger. Cela ne m’étonne pas, car seul avec une femme délicate et 4 petits enfants à élever, la tâche est trop dure. Taillardat m’envoie un camionneur de passage qui m’amènera 7 stères de bois à Nevers.
28 Pluie. Marcelle va à Nevers pour la réunion des églises pauvres dont elle est toujours la présidente. André m’annonce la naissance à Paris d’une petite Roulet pesant 8 livres. Elle est presque aussi lourde que la mère. Madame Parent née Desrousseau de Medrano meurt en même temps dans la capitale. Roger qui disait qu’elle l’enterrerait !
29 Pluie. Petit bridge intime chez nos voisins Mathieu.
30 Montrichard m’écrit pour me faire part des fiançailles d’Armand avec Melle de Noblet. Heureusement qu’avant de régler avec mes métayers, j’ai l’habitude de leur donner leur compte de l’année écrit. Roy me rapporte celui de 1937 et je m’aperçois que j’ai commis une assez grosse erreur à son préjudice. Je la répare, mais s’il n’avait pas eu le compte écrit, j’aurai pu douter de sa bonne foi lorsqu’il m’aurait fait sa réclamation.
4.2.11
OCTOBRE 1938
1 On retarde les pendules d’une heure, c’est bien trop tôt. Les journaux exultent, nous aussi. Bob Le Sueur me dit que Georges Robert et ses amis ont acheté l’île verte 850 000 F plus une rente viagère de 40 000 F à une dame âgée de 72 ans. Fernand revient là.
2 Nous allons à des vêpres d’actions de grâces. Visite des Maurice Robert et de leurs enfants.
3 Mon rosaire. Le Sueur me mène à St Pierre au concours de chevaux de trait où les bons poulains se vendent cher. Un 4 000, un autre 3 500, les plus petits entre 2 000 et 2 500. En passant à Chambon, je vends à Bob une pouliche de 30 mois pour 4 200. Mes filles et Yvonne vont faire une visite à Sury. Vannoise s’est engagé pour la durée de la guerre qui heureusement n’a pas lieu, dans les PTT.
4 Pluie 10 mm. Yvonne reçoit une dépêche de Jean disant : Partez pour Rennes, retour à Colmar problématique. On sème dans les Craies.
5 Pluie 5 mm. Cécile, Yvonne, Jacqueline et Jeanne nous quittent pour aller à Rennes. Cécile a le mal du pays et besoin de se rapprocher de ses œuvres.
6 Au Paturail Mâle, les animaux sont presque tous boiteux. Ils voudraient bien manger, mais l’herbe est rare. En revanche, j’ai beaucoup de pommes de terre dans la Varennes Callot.
7 Pluie. 1er Vendredi du mois, je m’approche de la Sainte Table. Je lis avec plaisir Le Centaure de Dieu de Jean de La Varende. Cela me rappelle des scènes vécues dans ma jeunesse. Moi aussi je sautais sur le dos des chevaux dans les prés.
8 Foire de Nevers. Peu de bétail, mais quelques poulains qui se vendent cher. Hier à St Pierre, Marcelle a présidé avec toute l’autorité que nous lui connaissons, sa grande réunion de la Ligue. Banquet en commun à l’hôtel du Bon Laboureur. Melle Madeleine Durye a été parfaite conférencière. Je reçois une lettre des Gouttes, mon beau frère allant faire une visite à Beauchamp s’est empêtré dans le tapis du vestibule, est tombé et s’est cassé un bras, au moins on le croyait. Heureusement, il n’avait que l’épaule déboitée. Le Dr Doin appelé a remis tout en place et la nuit qui a suivi a été parfaite. Il faudra tuer cet homme là si on veut l’envoyer dans l’autre monde.
9 Nous assistons par un temps superbe à la fête de Jeanne d’Arc. Comme d’habitude, l’église de St Pierre est pleine.
10 Je tiens la foire du Veurdre dite foire aux Mesles. J’y vends deux poulains. Visite de Madame de Lépinière et de sa fille Guillemain.
11 Je vais au Lieu Normand où les maçons me réparent une écurie. Lavergne fait remarquer que le pignon de la grange est lézardé et qu’il serait prudent de le consolider. Nous décidons de faire un contrefort extérieur ce qui va être encore une grosse dépense. Au Lieu Maslin, Minoir répare le four. Nous goutons chez les Mathieu avec les Cailles, Thonier et Melle Valois. Nous manquons la visite de Mme de Savigny.
12 Les Guillaume du Verne, Marie Thérèse et Roger de Lépinière nous viennent après déjeuner et pendant que les M. font un tour de chasse, Marie Thérèse fait un tour pour le PSF. Elle recrute des adhérents en la personne de Madame Barrière et Gabriel Mathieu. Les Mollins viennent goûter. Enfin à 5 h1/2, Cécile Yvonne et Jacqueline arrivent de Rennes. J’entreprends à Taillardat le roulage de 10 m3 de pierres au lieu Normand, ce qui va me couter 450 f plus 120 pour le moellon. C’est une ruine.
13 Cécile part à midi de Saincaize pour arriver à 8 h à Rennes. Yvonne va chercher sa belle mère à Nevers. Elle doit l’accompagner demain à Colmar.
14 Le départ a lieu à 9 h. La voiture est bien pleine. Tout a tenu, même celle de Jacqueline attachée par derrière. Visite de Béatrix de la Goutte avec Mignonne et Geneviève de Maumigny.
15 Vé a une permission de 36 h. Nous allons le chercher à la gare de Saincaize. Il est en bonne forme et content de son sort.
16 Hervé m’entraîne à la chasse, au bout d’une ½ heure je rentre éreinté, après avoir tué mon dernier lapin. Le fusil ne remplace pas la canne. Il part de Mars à 18 h après avoir fortement gouté. Marcelle va prendre une tasse de thé à Planchevienne avec les Rouville installés depuis 4 jours.
17 Partons pour Bulhon, nous y trouvons tous en bonne santé. Le pays est plus vert que chez nous, il y a de l’herbe.
18 Gouter à La Terrasse, où nous rencontrons Madame de Tocqueville, Madame de Villeneuve, Rochette de Lempdes. Je fais un bridge avec Larouzière.
19 En notre honneur, Edith invite quelques personnes. Viennent Madame de Chatelperron, de Montaigu, Lestrange, Voillaume, Dubois, 2 ménages La Brosse. Les Chabrol qui s’étaient annoncés ne sont pas venus.
20 Nous partons à la première heure pour revenir, parce que Marcelle a rendez-vous à 9 h ½ avec le Dr Dromouilleu à Vichy qui ne lui donne pas de régime à suivre. Nous ramenons Simone de Sansal qui était en séjour à Bulhon depuis une semaine et aussi Miette qui ira demain à Nevers passer son examen pour suivre le cours de la Croix Rouge.
21 Elle y rencontre une dizaine de concurrentes qui font leur composition écrite sous la présidence du Colonel d’Assigny. Jeanne Léger nous revient après une absence de 35 jours.
22 J’envoie à Bulhon, 15 noix filles d’un noyer de Callot qui fleurit un bon mois après les autres et qui de ce fait ne gèle jamais. C’est donc une espèce à propager en Auvergne. Dans 25 ans mes petits enfants mangeront de ces fruits, c’est au moins ce que je souhaite. Hervé nous arrive à 7 h ¾ du soir à Saincaize. Marcelle et Miette vont en visite à Parizy et à Limoux, affaire de ligue. La cocotte qui est depuis 8 jours au Pied Prot, commence au domaine de Tâches.
23 Je reçois une lettre de mon ami Prieur de La Comble, à qui j’avais écrit que j’étais toujours en vie. Son propre neveu est lieutenant dans la même compagnie qu’Hervé. Il m’apprend qu’il a 86 ans et qu’il se porte comme un pont neuf. Il y a 62 ans que nous étions ensembles au 12ème Dragon. Les paysans de chez lui l’appellent ciment armé et au 12ème on l’appelait Bibi. Simone d’Assigny et Marie Thérèse Guillemain viennent goûter avec 6 enfants. Hervé retourne à Bourges emportant pour le mess, le lièvre qu’il a tué. La cocotte à Tâches.
24 Je livre à La Seigneurie des châtrons vendus à Château et je les remplace à Tuloup par d’autres bêtes. Marcelle et Miette font une visite à Buy et à Fontallier. Mon curé passe pour le denier du culte dans toutes les maisons de la paroisse, à son âge c’est bien méritoire.
25 Miette retourne à Bulhon.
26 Marcelle passe sa journée à Nevers pour la grande réunion de la Ligue avec Béatrix de La Brosse qui est comme elle présidente cantonale à Lormes, elle déjeune chez les Guillemain.
27 Nous dînons à Buy avec les Thonier et les Gabriel Mathieu. Foire à St Pierre, il y a quelques bêtes à cornes et les petits cochons se vendent jusqu’à 14 f le kilo. Château me paye avec un billet de cinq mille francs. C’est le premier que je vois.
28 Pluie. Grand goûter à Chevenon. 6 tables de bridge La seconde des demoiselles d’Ambly entre au Carmel.
29 Pluie. Miette est admise à suivre les cours de la Croix rouge. Nous allons à Nevers et emmenons nos jardiniers pour voir l’exposition horticole qui est peu brillante de même que celle des bovins. Motte triomphe sans gloire avec un beau veau. Les chevaux sont plus nombreux et tous les jours plus gros.
30 Dimanche. Les 3 Villeneuve viennent passer les vacances de la Toussaint. Pour eux nous invitons à goûter nos voisins Rouville avec leurs enfants, les du Part avec Chantal, les Pierre de Barrau et Alain de Villenaut.
31 Pour se distraire, Gaby va faire un bridge au grand Café, où il retrouve Pazzis, les de Champs, le président du tribunal et autres seigneurs de beaucoup moins d’importance.
2 Nous allons à des vêpres d’actions de grâces. Visite des Maurice Robert et de leurs enfants.
3 Mon rosaire. Le Sueur me mène à St Pierre au concours de chevaux de trait où les bons poulains se vendent cher. Un 4 000, un autre 3 500, les plus petits entre 2 000 et 2 500. En passant à Chambon, je vends à Bob une pouliche de 30 mois pour 4 200. Mes filles et Yvonne vont faire une visite à Sury. Vannoise s’est engagé pour la durée de la guerre qui heureusement n’a pas lieu, dans les PTT.
4 Pluie 10 mm. Yvonne reçoit une dépêche de Jean disant : Partez pour Rennes, retour à Colmar problématique. On sème dans les Craies.
5 Pluie 5 mm. Cécile, Yvonne, Jacqueline et Jeanne nous quittent pour aller à Rennes. Cécile a le mal du pays et besoin de se rapprocher de ses œuvres.
6 Au Paturail Mâle, les animaux sont presque tous boiteux. Ils voudraient bien manger, mais l’herbe est rare. En revanche, j’ai beaucoup de pommes de terre dans la Varennes Callot.
7 Pluie. 1er Vendredi du mois, je m’approche de la Sainte Table. Je lis avec plaisir Le Centaure de Dieu de Jean de La Varende. Cela me rappelle des scènes vécues dans ma jeunesse. Moi aussi je sautais sur le dos des chevaux dans les prés.
8 Foire de Nevers. Peu de bétail, mais quelques poulains qui se vendent cher. Hier à St Pierre, Marcelle a présidé avec toute l’autorité que nous lui connaissons, sa grande réunion de la Ligue. Banquet en commun à l’hôtel du Bon Laboureur. Melle Madeleine Durye a été parfaite conférencière. Je reçois une lettre des Gouttes, mon beau frère allant faire une visite à Beauchamp s’est empêtré dans le tapis du vestibule, est tombé et s’est cassé un bras, au moins on le croyait. Heureusement, il n’avait que l’épaule déboitée. Le Dr Doin appelé a remis tout en place et la nuit qui a suivi a été parfaite. Il faudra tuer cet homme là si on veut l’envoyer dans l’autre monde.
9 Nous assistons par un temps superbe à la fête de Jeanne d’Arc. Comme d’habitude, l’église de St Pierre est pleine.
10 Je tiens la foire du Veurdre dite foire aux Mesles. J’y vends deux poulains. Visite de Madame de Lépinière et de sa fille Guillemain.
11 Je vais au Lieu Normand où les maçons me réparent une écurie. Lavergne fait remarquer que le pignon de la grange est lézardé et qu’il serait prudent de le consolider. Nous décidons de faire un contrefort extérieur ce qui va être encore une grosse dépense. Au Lieu Maslin, Minoir répare le four. Nous goutons chez les Mathieu avec les Cailles, Thonier et Melle Valois. Nous manquons la visite de Mme de Savigny.
12 Les Guillaume du Verne, Marie Thérèse et Roger de Lépinière nous viennent après déjeuner et pendant que les M. font un tour de chasse, Marie Thérèse fait un tour pour le PSF. Elle recrute des adhérents en la personne de Madame Barrière et Gabriel Mathieu. Les Mollins viennent goûter. Enfin à 5 h1/2, Cécile Yvonne et Jacqueline arrivent de Rennes. J’entreprends à Taillardat le roulage de 10 m3 de pierres au lieu Normand, ce qui va me couter 450 f plus 120 pour le moellon. C’est une ruine.
13 Cécile part à midi de Saincaize pour arriver à 8 h à Rennes. Yvonne va chercher sa belle mère à Nevers. Elle doit l’accompagner demain à Colmar.
14 Le départ a lieu à 9 h. La voiture est bien pleine. Tout a tenu, même celle de Jacqueline attachée par derrière. Visite de Béatrix de la Goutte avec Mignonne et Geneviève de Maumigny.
15 Vé a une permission de 36 h. Nous allons le chercher à la gare de Saincaize. Il est en bonne forme et content de son sort.
16 Hervé m’entraîne à la chasse, au bout d’une ½ heure je rentre éreinté, après avoir tué mon dernier lapin. Le fusil ne remplace pas la canne. Il part de Mars à 18 h après avoir fortement gouté. Marcelle va prendre une tasse de thé à Planchevienne avec les Rouville installés depuis 4 jours.
17 Partons pour Bulhon, nous y trouvons tous en bonne santé. Le pays est plus vert que chez nous, il y a de l’herbe.
18 Gouter à La Terrasse, où nous rencontrons Madame de Tocqueville, Madame de Villeneuve, Rochette de Lempdes. Je fais un bridge avec Larouzière.
19 En notre honneur, Edith invite quelques personnes. Viennent Madame de Chatelperron, de Montaigu, Lestrange, Voillaume, Dubois, 2 ménages La Brosse. Les Chabrol qui s’étaient annoncés ne sont pas venus.
20 Nous partons à la première heure pour revenir, parce que Marcelle a rendez-vous à 9 h ½ avec le Dr Dromouilleu à Vichy qui ne lui donne pas de régime à suivre. Nous ramenons Simone de Sansal qui était en séjour à Bulhon depuis une semaine et aussi Miette qui ira demain à Nevers passer son examen pour suivre le cours de la Croix Rouge.
21 Elle y rencontre une dizaine de concurrentes qui font leur composition écrite sous la présidence du Colonel d’Assigny. Jeanne Léger nous revient après une absence de 35 jours.
22 J’envoie à Bulhon, 15 noix filles d’un noyer de Callot qui fleurit un bon mois après les autres et qui de ce fait ne gèle jamais. C’est donc une espèce à propager en Auvergne. Dans 25 ans mes petits enfants mangeront de ces fruits, c’est au moins ce que je souhaite. Hervé nous arrive à 7 h ¾ du soir à Saincaize. Marcelle et Miette vont en visite à Parizy et à Limoux, affaire de ligue. La cocotte qui est depuis 8 jours au Pied Prot, commence au domaine de Tâches.
23 Je reçois une lettre de mon ami Prieur de La Comble, à qui j’avais écrit que j’étais toujours en vie. Son propre neveu est lieutenant dans la même compagnie qu’Hervé. Il m’apprend qu’il a 86 ans et qu’il se porte comme un pont neuf. Il y a 62 ans que nous étions ensembles au 12ème Dragon. Les paysans de chez lui l’appellent ciment armé et au 12ème on l’appelait Bibi. Simone d’Assigny et Marie Thérèse Guillemain viennent goûter avec 6 enfants. Hervé retourne à Bourges emportant pour le mess, le lièvre qu’il a tué. La cocotte à Tâches.
24 Je livre à La Seigneurie des châtrons vendus à Château et je les remplace à Tuloup par d’autres bêtes. Marcelle et Miette font une visite à Buy et à Fontallier. Mon curé passe pour le denier du culte dans toutes les maisons de la paroisse, à son âge c’est bien méritoire.
25 Miette retourne à Bulhon.
26 Marcelle passe sa journée à Nevers pour la grande réunion de la Ligue avec Béatrix de La Brosse qui est comme elle présidente cantonale à Lormes, elle déjeune chez les Guillemain.
27 Nous dînons à Buy avec les Thonier et les Gabriel Mathieu. Foire à St Pierre, il y a quelques bêtes à cornes et les petits cochons se vendent jusqu’à 14 f le kilo. Château me paye avec un billet de cinq mille francs. C’est le premier que je vois.
28 Pluie. Grand goûter à Chevenon. 6 tables de bridge La seconde des demoiselles d’Ambly entre au Carmel.
29 Pluie. Miette est admise à suivre les cours de la Croix rouge. Nous allons à Nevers et emmenons nos jardiniers pour voir l’exposition horticole qui est peu brillante de même que celle des bovins. Motte triomphe sans gloire avec un beau veau. Les chevaux sont plus nombreux et tous les jours plus gros.
30 Dimanche. Les 3 Villeneuve viennent passer les vacances de la Toussaint. Pour eux nous invitons à goûter nos voisins Rouville avec leurs enfants, les du Part avec Chantal, les Pierre de Barrau et Alain de Villenaut.
31 Pour se distraire, Gaby va faire un bridge au grand Café, où il retrouve Pazzis, les de Champs, le président du tribunal et autres seigneurs de beaucoup moins d’importance.
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